Maître Nicolas Lhuillier, docteur en théologie de la Faculté de Paris et chanoine de Paris (voix composite)
« On a béni sous le porche ce qu’on n’a pas voulu mener à l’autel » — un docteur de Sorbonne devant le mariage mêlé
Un docteur en théologie de la Faculté de Paris, chanoine de la cathédrale, n’a pas caché son trouble au sortir des noces du roi de Navarre. Il tient la cérémonie du portail pour une chose sans exemple, et s’alarme qu’on ait uni une fille de France à un prince de la nouvelle opinion. Sa parole est celle d’un clerc fidèle à la vieille foi, non celle d’un homme du conseil.
Maître Lhuillier, à quel titre parlez-vous de ce mariage ? Vous n’êtes ni de la cour, ni du conseil du roi.À aucun de ces titres, en effet, et j’en rends grâce. Je suis docteur de la Faculté de théologie de cette ville, et chanoine de cette église où l’on a marié hier. La Faculté de Paris n’est pas une compagnie comme une autre : depuis des siècles, la chrétienté la tient pour un juge de la doctrine, un gardien de la vraie foi, à qui l’on soumet les livres et les propos douteux. Quand une question touche à la foi, il est de mon état d’en parler, et même de mon devoir. Et ce qui s’est fait au portail de Notre-Dame, croyez-le, touche à la foi de très près.
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