Le prince Nikolaï Volkonsky
« Le français est la langue dans laquelle je souffre » — entretien avec le prince Volkonsky
Russe de naissance, Parisien de cœur depuis vingt ans, le prince Nikolaï Volkonsky vit la campagne de Russie comme une blessure intime. Rencontré dans son hôtel particulier du faubourg Saint-Germain, il nous a reçus avec cette courtoisie distante qui est la marque des grandes maisons — et qui ne dit pas tout.
Monsieur le prince, vous m'avez accordé cet entretien sans hésiter. En des temps pareils, certains auraient craint de s'exprimer.J'ai passé l'âge de me taire par prudence, et trop jeune encore pour me taire par sagesse. Entre les deux, il reste quelques heures de conversation possible. Je vous reçois parce que le silence, lui aussi, dit des choses — et pas toujours celles qu'on voudrait. Un homme de ma condition qui refuse de s'expliquer laisse entendre qu'il a des raisons de le faire. J'aime mieux parler. Les malentendus se dissipent plus aisément dans les mots que dans leur absence.
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