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Janvier-mai 1431 : le procès et le bûcher de Rouen

9 janvier - 30 mai 1431 · Le procès de Rouen · Perspective Vu de Rouen, ville sous administration anglaise, janvier-mai 1431

À la une
Jeanne d’Arc enchaînée, agenouillée devant ses juges ecclésiastiques dans la salle du tribunal

Au cimetière de Saint-Ouen, la Pucelle abjure devant le bûcher dressé

Luc-Olivier Merson, « Jeanne devant le tribunal » (vers 1904), plume, lavis et gouache — domaine public (Wikimedia Commons).

Ce jeudi 24 mai, sur une estrade élevée dans le cimetière de l’abbaye de Saint-Ouen, face au bûcher déjà dressé, celle que l’on nomme la Pucelle a, au terme d’un sermon public et après avoir vu lire sa sentence, apposé une marque au bas d’une formule d’abjuration. Elle renonce à l’habit d’homme et se soumet à l’Église. Le tribunal la condamne à la prison perpétuelle. Dès le soir, la ville s’interroge sur ce qu’elle a au juste signé, et sur ce qu’elle a compris.

La rédaction de Rouen 24 mai 1431, 16h00 5 min

L’habit d’homme, nœud du procès

Ce que renoncer à l’habit d’homme veut dire.

À la une

La Pucelle paraît enfin devant ses juges et refuse de jurer sans réserve

Tirée de sa prison du château, la jeune femme que l’on dit venue de Domrémy a comparu pour la première fois en séance publique, ce mercredi 21 février, dans la chapelle du château de Rouen. Devant l’évêque de Beauvais qui préside et maître Jean Beaupère qui mène l’interrogatoire, elle a refusé de prêter serment sans condition et n’a rien voulu dire de ses « voix ».

23 février 1431, 08h00 4 min
Entretien

Le grand entretien du jour

La parole d’un acteur du moment, pour lire la crise depuis l’intérieur.

Un clerc et docteur en théologie de l’Université de Paris, partisan de l’accusation

Un docteur de l’Université de Paris : « Ces voix, je le crois, sont fictions d’invention humaine, procédant du malin esprit »

À la veille de l’admonestation publique, un clerc gradué de l’Université de Paris, qui soutient les chefs portés contre la Pucelle, a accepté de répondre à nos questions. Il défend le travail des juges et anticipe le sentiment que sa Faculté, réunie, doit faire connaître. Nous l’avons contredit pied à pied : ses affirmations sont les siennes, non celles de ce journal.

Vous parlez au nom de l’Université de Paris. Pourquoi votre Faculté s’est-elle mêlée d’un procès qui se tient à Rouen, et non à Paris ?

L’Université de Paris n’est pas une assemblée comme une autre. Elle est, dans le royaume, le premier corps savant en matière de foi ; on la consulte de longue date sur les questions de doctrine, comme on consulterait le plus docte des conseils. Quand monseigneur de Beauvais et les juges de Rouen ont voulu éclairer leur conscience sur ce que valent les dires de cette fille, il était naturel qu’ils s’adressassent à nous. Les douze articles tirés de la cause nous ont été transmis à Paris voici quelque temps ; nos Facultés se sont assemblées pour les examiner, et nous y travaillons. Notre office n’est pas de condamner : il est de dire, en théologiens, ce que la doctrine enseigne touchant de telles prétentions. Notre sentiment, une fois arrêté, sera porté à Rouen ; je ne vous le donne ici que pour ma part, telle que je la pèse.

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2 mai 1431, 08h0011 min
Entretien

Le grand entretien du jour

La parole d’un acteur du moment, pour lire la crise depuis l’intérieur.

D’Église ou d’État

L’enjeu de fond, et ceux qui le portent.

Analyse

Le roi de Reims se tait : depuis bientôt un an, nul secours n’est venu pour la Pucelle

Elle l’a mené au sacre de Reims ; lui n’a rien fait paraître pour elle. Voilà bientôt un an que la Pucelle a été prise à Compiègne, vendue aux Anglais pour dix mille livres — une rançon de prince — et amenée à Rouen. De la cour de Charles de Valois, on n’a vu venir ni offre de rachat, ni démarche, ni parole publique. Ce silence, tandis que le procès presse l’accusée de se soumettre, interroge : embarras, impuissance, calcul, ou captive que l’Église réclame et que nul prince ne peut plus racheter ?

12 mai 1431, 08h00 6 min
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