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La chevauchée de la Loire et le sacre de Reims

12 juin – 17 juillet 1429 · Édition de la chevauchée de la Loire et du sacre de Reims · Perspective Vu de la Loire, de la Champagne et de Reims, juin–juillet 1429

À la une
Enluminure du sacre de Charles VII à Reims : l'onction par l'archevêque et la cour des dignitaires.

Charles VII oint et couronné roi de France à Reims

Martial d'Auvergne (attrib.), « Sacre de Charles VII à Reims », in Les Vigiles de Charles VII, folio 63v, vers 1484, BnF, Ms. Français 5054 — Domaine public (Wikimedia Commons).

Ce dimanche, en la cathédrale Notre-Dame de Reims, le dauphin Charles a reçu l'onction de la sainte huile des mains de l'archevêque Regnault de Chartres, puis la couronne, selon le rite des rois de France. La Pucelle se tenait dans le chœur, son étendard près de l'autel. Sept ans après la mort de son père, celui que l'on nommait « le roi de Bourges » est sacré au cœur d'un pays naguère tenu par le parti adverse.

Notre envoyé à Reims 17 juillet 1429, 08h00 6 min

Châlons, puis Reims, cèdent

Les ultimes verrous tombent sans bataille : Châlons d’abord, puis Reims elle-même ouvre ses portes au roi à la veille du sacre.

En direct Clôturé

La journée du sacre, heure par heure

De l’entrée du roi dans Reims au soir du 16 juillet à la liesse qui suit le couronnement : le fil de la cérémonie en la cathédrale Notre-Dame, selon ce qui s’en sait et s’en rapporte.

Le roi entre dans Reims

Charles de Valois est entré ce soir dans Reims, la ville où, de tout temps, on sacre les rois de France. Il avait logé la veille au château de l’archevêque, à Sept-Saulx, à quelques lieues d’ici, tandis qu’on négociait l’ouverture des portes. La ville, qui se disait prête à tenir contre lui, a finalement reçu le roi et son armée. La Pucelle et les capitaines sont entrés avec lui.

Comment les portes se sont ouvertes

On dit diversement les raisons de cette reddition. Les uns y voient la crainte de l’assaut, l’armée du roi campée aux abords ; d’autres, les démarches de l’archevêque, messire Regnault de Chartres, qui a sa ville à recouvrer ; d’autres encore le renom de la Pucelle, dont la venue ébranle les places. La part de chacun de ces ressorts, nul ne saurait la trancher au juste.

Toute la nuit, on apprête la cathédrale

On a veillé pour tout disposer en hâte : tendre l’église Notre-Dame, dresser l’estrade et le siège royal, régler l’ordre du cortège. Le sacre se fera dès le lendemain, au plus tôt qu’il se pourra, car l’armée n’est pas en pays sûr et l’on ne veut pas s’attarder. On apprête aussi, à l’abbaye Saint-Remi, ce qu’il faut pour porter la Sainte Ampoule jusqu’à la cathédrale.

On va quérir la Sainte Ampoule à Saint-Remi

Selon l’usage immémorial, c’est de l’abbaye Saint-Remi que vient le saint chrême, en la Sainte Ampoule que l’on tient pour apportée du Ciel au baptême de Clovis. Des chevaliers, dit-on, se sont portés garants de la relique et l’ont escortée à cheval jusqu’à Notre-Dame, où l’abbé l’a remise entre les mains de l’archevêque. Le détail de ce cortège, nous le rapportons selon la coutume des sacres ; nous n’y étions pas pour en compter les pas.

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Un roi oint

Ce que devient le « roi de Bourges » une fois oint et couronné, et comment la cité bourguignonne a vécu le passage du roi.

Entretien

Le grand entretien du jour

La parole d’un acteur du moment, pour lire la crise depuis l’intérieur.

La marche du sacre

La route de Gien à Reims

Depuis Gien, où l’armée s’est rassemblée, le roi pousse vers la Champagne par un long chemin à travers un pays d’obédience bourguignonne. Les bonnes villes de la route composent, se soumettent ou ferment leurs portes : étape par étape, l’état des passages tel qu’on le rapporte, sans rien préjuger de Reims.

Gien Départ, 29 juin

Point de rassemblement sur la Loire ; l’armée du roi s’y ébranle pour gagner la Champagne.

Auxerre Ravitaille, n’ouvre pas (1-3 juil.)

La cité bourguignonne compose : elle fournit des vivres et promet de suivre les autres villes, mais n’ouvre pas ses portes au roi.

Saint-Florentin, Saint-Fargeau, Brienon Soumises

Les petites places du chemin se soumettent ou composent l’une après l’autre, ouvrant la route vers Troyes.

Troyes Rendue, 9 juillet

Grande cité de Champagne : après quelques jours devant ses murs, elle compose et ouvre ses portes au roi.

Châlons Se soumet, vers le 14 juil.

La cité épiscopale sur la Marne reçoit le roi sans combat, dernier grand jalon avant Reims.

Reims Ouvre ses portes, 16 juillet

La ville du sacre, d’obédience bourguignonne, ouvre ses portes au roi à son approche, à la veille du sacre.

Confirmé

Départ de Gien

L’armée du roi s’ébranle vers la Champagne.

Rapporté

Auxerre compose

La ville ravitaille l’armée mais n’ouvre pas ses portes.

Rapporté

Troyes rend ses portes

La première grande place de Champagne ouvre au roi.

Rapporté

Châlons se soumet

La cité de la Marne reçoit le roi sans combat.

Rapporté

Reims ouvre ses portes

La ville du sacre ouvre au roi, à la veille du sacre.

L’itinéraire et les dates sont donnés d’après les rapports : ils peuvent varier d’un jour selon les sources.

Une ville « qui compose » ou « se soumet » ne s’ouvre pas toujours de la même manière : nous distinguons ravitaillement, accord et entrée du roi.

Reims demeure devant nous : nous notons l’approche, sans rien préjuger de ce qui s’y fera.

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