12 juin – 17 juillet 1429 · Édition de la chevauchée de la Loire et du sacre de Reims · Perspective Vu de la Loire, de la Champagne et de Reims, juin–juillet 1429
De l’entrée du roi dans Reims au soir du 16 juillet à la liesse qui suit le couronnement : le fil de la cérémonie en la cathédrale Notre-Dame, selon ce qui s’en sait et s’en rapporte.
FaitConfirmé
Le roi entre dans Reims
Charles de Valois est entré ce soir dans Reims, la ville où, de tout temps, on sacre les rois de France. Il avait logé la veille au château de l’archevêque, à Sept-Saulx, à quelques lieues d’ici, tandis qu’on négociait l’ouverture des portes. La ville, qui se disait prête à tenir contre lui, a finalement reçu le roi et son armée. La Pucelle et les capitaines sont entrés avec lui.
AnalyseIncertain
Comment les portes se sont ouvertes
On dit diversement les raisons de cette reddition. Les uns y voient la crainte de l’assaut, l’armée du roi campée aux abords ; d’autres, les démarches de l’archevêque, messire Regnault de Chartres, qui a sa ville à recouvrer ; d’autres encore le renom de la Pucelle, dont la venue ébranle les places. La part de chacun de ces ressorts, nul ne saurait la trancher au juste.
DépêcheConfirmé
Toute la nuit, on apprête la cathédrale
On a veillé pour tout disposer en hâte : tendre l’église Notre-Dame, dresser l’estrade et le siège royal, régler l’ordre du cortège. Le sacre se fera dès le lendemain, au plus tôt qu’il se pourra, car l’armée n’est pas en pays sûr et l’on ne veut pas s’attarder. On apprête aussi, à l’abbaye Saint-Remi, ce qu’il faut pour porter la Sainte Ampoule jusqu’à la cathédrale.
DépêcheProbable
On va quérir la Sainte Ampoule à Saint-Remi
Selon l’usage immémorial, c’est de l’abbaye Saint-Remi que vient le saint chrême, en la Sainte Ampoule que l’on tient pour apportée du Ciel au baptême de Clovis. Des chevaliers, dit-on, se sont portés garants de la relique et l’ont escortée à cheval jusqu’à Notre-Dame, où l’abbé l’a remise entre les mains de l’archevêque. Le détail de ce cortège, nous le rapportons selon la coutume des sacres ; nous n’y étions pas pour en compter les pas.
Depuis Gien, où l’armée s’est rassemblée, le roi pousse vers la Champagne par un long chemin à travers un pays d’obédience bourguignonne. Les bonnes villes de la route composent, se soumettent ou ferment leurs portes : étape par étape, l’état des passages tel qu’on le rapporte, sans rien préjuger de Reims.
GienDépart, 29 juin
Point de rassemblement sur la Loire ; l’armée du roi s’y ébranle pour gagner la Champagne.
AuxerreRavitaille, n’ouvre pas (1-3 juil.)
La cité bourguignonne compose : elle fournit des vivres et promet de suivre les autres villes, mais n’ouvre pas ses portes au roi.
Saint-Florentin, Saint-Fargeau, BrienonSoumises
Les petites places du chemin se soumettent ou composent l’une après l’autre, ouvrant la route vers Troyes.
TroyesRendue, 9 juillet
Grande cité de Champagne : après quelques jours devant ses murs, elle compose et ouvre ses portes au roi.
ChâlonsSe soumet, vers le 14 juil.
La cité épiscopale sur la Marne reçoit le roi sans combat, dernier grand jalon avant Reims.
ReimsOuvre ses portes, 16 juillet
La ville du sacre, d’obédience bourguignonne, ouvre ses portes au roi à son approche, à la veille du sacre.
Confirmé
Départ de Gien
L’armée du roi s’ébranle vers la Champagne.
Rapporté
Auxerre compose
La ville ravitaille l’armée mais n’ouvre pas ses portes.
Rapporté
Troyes rend ses portes
La première grande place de Champagne ouvre au roi.
Rapporté
Châlons se soumet
La cité de la Marne reçoit le roi sans combat.
Rapporté
Reims ouvre ses portes
La ville du sacre ouvre au roi, à la veille du sacre.