Frère Richard, prédicateur cordelier rallié à la cause du roi et de la Pucelle (entretien reconstitué)
Frère Richard, le prédicateur rallié : « Le peuple marche devant nous »
Le cordelier dont la parole a remué les foules de Paris à la Champagne s’est joint à l’armée du roi et chemine avec elle. Au camp dressé devant Troyes, dont les bourgeois viennent à peine de traiter, il dit la ferveur des petites gens, l’accueil partagé des villes, et la lettre qu’il a portée aux Troyens — celle-là même qu’on jeta d’abord au feu.
Mon frère, vous prêchiez naguère à Paris, ville du parti adverse. Comment vous trouve-t-on aujourd’hui dans l’armée du roi de Bourges ?Parce que j’ai suivi ce que ma conscience me commandait, et rien d’autre. J’ai prêché où l’on m’a laissé prêcher, et j’ai parlé de pénitence, de la fin des temps, du retour à Dieu, sans regarder de quel parti étaient ceux qui m’écoutaient. Mais quand j’ai vu ce qui se faisait du côté du gentil roi de France, et cette fille qu’on dit envoyée du Ciel, je n’ai plus pu demeurer où j’étais. On me l’a d’ailleurs fait sentir : ma parole gênait. Je suis donc venu là où je crois que Dieu travaille, et c’est ici, avec cette armée. Je ne renie rien de ce que j’ai prêché ; je le porte seulement où il sera mieux entendu.
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