Regnault de Chartres, archevêque-duc de Reims, pair et chancelier de France (propos reconstitués)
Le chancelier de France : « Un roi proclamé n’est pas encore un roi oint »
À la veille de quitter Gien avec l’armée qui s’ébranle vers la Champagne, monseigneur Regnault de Chartres, archevêque-duc de Reims et chancelier de France, expose le pari du voyage : porter le dauphin jusqu’à l’autel où l’on sacre les rois. Il en dit l’enjeu — l’onction, la sainte ampoule, le traité de Troyes à effacer — et n’en cache pas le péril, la route traversant des terres tenues par le parti adverse. Lui-même, archevêque de Reims, ne peut entrer dans sa propre cité.
Monseigneur, l’armée s’ébranle vers la Champagne. Quel est, en un mot, le but de ce voyage ?Le sacre. Tout est là, et il faut le dire simplement. Depuis le secours d’Orléans et les rencontres heureuses de ce mois de juin, on a pressé le roi de marcher droit sur Reims, plutôt que de réduire d’abord les places voisines, et c’est ce parti qui l’a emporté au conseil. Le roi est proclamé depuis la mort de son père ; il n’est pas encore sacré. Et tant qu’il ne l’est point, il manque à son titre quelque chose que ni la naissance ni les armes ne lui donnent. Nous allons le chercher où il se trouve : à l’autel où l’on oint les rois de France.
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