12 juin – 17 juillet 1429 · Édition de la chevauchée de la Loire et du sacre de Reims · Perspective Vu de la Loire, de la Champagne et de Reims, juin–juillet 1429
De l’assaut de Jargeau à la rencontre de Patay : le fil des journées où les gens du roi enlèvent, l’une après l’autre, les places anglaises du fleuve.
FaitConfirmé
Jargeau emportée d’assaut ; le comte de Suffolk pris
Après avoir investi la place la veille et battu les murailles, les gens du roi ont donné l’assaut général à Jargeau. La ville a été emportée et la garnison anglaise rompue dans le désordre. On tient pour sûr que le comte de Suffolk, qui commandait, est demeuré prisonnier ; les fuyards se seraient repliés en aval, vers Meung et Beaugency. La Pucelle était devant la place, l’étendard en main, avec le duc d’Alençon et les capitaines.
RumeurProbable
La Pucelle aurait été atteinte au pied du rempart
On rapporte que la Pucelle, montant à l’échelle contre la muraille, aurait été frappée à la tête — au heaume, dit-on — par une pierre lancée du haut du rempart et serait tombée un instant à terre. Elle se serait aussitôt relevée et aurait repris l’étendard pour ranimer l’assaut. Le trait court de bouche en bouche dans le camp ; le détail et le moment exact varient selon ceux qui le content, et restent à confirmer.
DépêcheConfirmé
Le pont de Meung enlevé sur la Loire
Trois jours après Jargeau, les capitaines ont porté le fer contre Meung-sur-Loire. On rapporte que le pont qui commande le passage du fleuve a été enlevé, tandis que les Anglais se maintiennent encore dans le château et la ville. La maîtrise du gué et du pont ouvre la route vers Beaugency, où l’ennemi paraît vouloir se rassembler.
DépêcheConfirmé
Devant Beaugency : la garnison se replie au donjon
Sous la pression des gens du roi et le feu de l’artillerie, la garnison anglaise de Beaugency a abandonné la ville et le pont pour se renfermer dans le donjon. On l’y tient serrée. Les capitaines pressent le siège du fort, dans l’attente d’une reddition qu’on dit prochaine.
En une semaine de juin 1429, les places que les Anglais tiennent sur la Loire tombent les unes après les autres, d’amont en aval, jusqu’à la rencontre de Patay. Qui tient quoi, dans quel ordre les verrous cèdent, et par où l’on repasse le fleuve : un état des passages tel qu’on le rapporte, sans rien préjuger de la suite.
JargeauEmportée, vers le 12 juin
Place de la Loire en amont d’Orléans : prise d’assaut après bombardement ; on dit le comte de Suffolk pris dans l’affaire.
Meung-sur-LoirePont enlevé, 15 juin
Le pont et son ouvrage sont enlevés, coupant le passage à l’ennemi ; la ville et son château restent un temps disputés.
BeaugencyRendue, 16-17 juin
La place compose et se rend par accord ; sa garnison anglaise obtient de se retirer, dit-on, avec ses bagages.
PatayBataille, 18 juin
En rase plaine de Beauce, l’armée anglaise de campagne est rencontrée et rompue avant d’avoir pu se retrancher ; on dit Talbot pris.
Les passages du fleuveRouverts d’amont en aval
Jargeau commande l’amont, Meung et Beaugency l’aval : leur chute rend à l’armée du roi la libre disposition des ponts de la Loire.
Effectifs et pertesConnus par fourchettes
Les chiffres des chroniques sont incertains et sans doute grossis ; nous les donnons en fourchettes prudentes, sans total assené.
Rapporté
Jargeau emportée
La place est prise d’assaut ; on rapporte la capture du comte de Suffolk.
Rapporté
Le pont de Meung enlevé
L’ouvrage du pont est forcé, coupant à l’ennemi un passage du fleuve.
Rapporté
Beaugency rendue
La place compose et se rend par accord.
Rapporté
Bataille de Patay
L’armée anglaise de campagne est rompue en Beauce ; on dit Talbot prisonnier.