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La chevauchée de la Loire et le sacre de Reims

12 juin – 17 juillet 1429 · Édition de la chevauchée de la Loire et du sacre de Reims · Perspective Vu de la Loire, de la Champagne et de Reims, juin–juillet 1429

À la une
Enluminure médiévale représentant la bataille de Patay (1429) : mêlée de cavaliers en armure, lances croisées, bannières aux lys de France et aux armes anglaises.

Patay : l’armée anglaise rompue, Talbot prisonnier

Philippe de Mazerolles (attr.), « La Bataille de Patay (18 juin 1429) », enluminure (vers 1470-1479), tirée de la Cronicque de Charles VII de Jean Chartier, BnF, Ms. Français 2691, f. 28 r. — Domaine public (Wikimedia Commons).

Les nouvelles qui montent de la Beauce sont d’une rare ampleur. Le samedi 18 de ce mois, en rase campagne du côté de Patay, l’armée anglaise venue secourir les places de la Loire a été surprise, enfoncée et mise en déroute. L’avant-garde montée du roi de Bourges a chargé les archers avant qu’ils n’aient eu le loisir de se retrancher. Le sire Talbot est aux mains des nôtres ; le chevalier Fastolf, dit-on, s’est sauvé.

Notre bureau de la cour 22 juin 1429, 08h00 6 min

De Meung à Patay

Les derniers verrous du fleuve tombent — le pont de Meung enlevé, Beaugency rendue — et la rencontre se noue en rase plaine de Beauce.

En direct Clôturé

La Loire dégagée, jour par jour

De l’assaut de Jargeau à la rencontre de Patay : le fil des journées où les gens du roi enlèvent, l’une après l’autre, les places anglaises du fleuve.

Jargeau emportée d’assaut ; le comte de Suffolk pris

Après avoir investi la place la veille et battu les murailles, les gens du roi ont donné l’assaut général à Jargeau. La ville a été emportée et la garnison anglaise rompue dans le désordre. On tient pour sûr que le comte de Suffolk, qui commandait, est demeuré prisonnier ; les fuyards se seraient repliés en aval, vers Meung et Beaugency. La Pucelle était devant la place, l’étendard en main, avec le duc d’Alençon et les capitaines.

La Pucelle aurait été atteinte au pied du rempart

On rapporte que la Pucelle, montant à l’échelle contre la muraille, aurait été frappée à la tête — au heaume, dit-on — par une pierre lancée du haut du rempart et serait tombée un instant à terre. Elle se serait aussitôt relevée et aurait repris l’étendard pour ranimer l’assaut. Le trait court de bouche en bouche dans le camp ; le détail et le moment exact varient selon ceux qui le content, et restent à confirmer.

Le pont de Meung enlevé sur la Loire

Trois jours après Jargeau, les capitaines ont porté le fer contre Meung-sur-Loire. On rapporte que le pont qui commande le passage du fleuve a été enlevé, tandis que les Anglais se maintiennent encore dans le château et la ville. La maîtrise du gué et du pont ouvre la route vers Beaugency, où l’ennemi paraît vouloir se rassembler.

Devant Beaugency : la garnison se replie au donjon

Sous la pression des gens du roi et le feu de l’artillerie, la garnison anglaise de Beaugency a abandonné la ville et le pont pour se renfermer dans le donjon. On l’y tient serrée. Les capitaines pressent le siège du fort, dans l’attente d’une reddition qu’on dit prochaine.

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Comprendre la victoire

Pourquoi l’arc anglais, qui faisait trembler depuis Crécy, a cette fois cédé — et ce que la rue veut y voir.

Analyse

L'arme qui faisait trembler : les archers anglais ébranlés ?

Depuis trois quarts de siècle, l'archerie anglaise dicte la bataille rangée, et nos gens d'armes ont appris, à leurs dépens, à la fuir plutôt qu'à l'affronter de front. Or, à Patay, pour une fois, les archers ont été chargés et enfoncés avant d'avoir fiché leurs pieux et choisi leur terrain. Coup de fortune, ou nos capitaines ont-ils trouvé la parade ? Nous pesons la chose, sans rien trancher.

24 juin 1429, 08h00 6 min
La rivière rouverte

La chaîne des places de la Loire

En une semaine de juin 1429, les places que les Anglais tiennent sur la Loire tombent les unes après les autres, d’amont en aval, jusqu’à la rencontre de Patay. Qui tient quoi, dans quel ordre les verrous cèdent, et par où l’on repasse le fleuve : un état des passages tel qu’on le rapporte, sans rien préjuger de la suite.

Jargeau Emportée, vers le 12 juin

Place de la Loire en amont d’Orléans : prise d’assaut après bombardement ; on dit le comte de Suffolk pris dans l’affaire.

Meung-sur-Loire Pont enlevé, 15 juin

Le pont et son ouvrage sont enlevés, coupant le passage à l’ennemi ; la ville et son château restent un temps disputés.

Beaugency Rendue, 16-17 juin

La place compose et se rend par accord ; sa garnison anglaise obtient de se retirer, dit-on, avec ses bagages.

Patay Bataille, 18 juin

En rase plaine de Beauce, l’armée anglaise de campagne est rencontrée et rompue avant d’avoir pu se retrancher ; on dit Talbot pris.

Les passages du fleuve Rouverts d’amont en aval

Jargeau commande l’amont, Meung et Beaugency l’aval : leur chute rend à l’armée du roi la libre disposition des ponts de la Loire.

Effectifs et pertes Connus par fourchettes

Les chiffres des chroniques sont incertains et sans doute grossis ; nous les donnons en fourchettes prudentes, sans total assené.

Rapporté

Jargeau emportée

La place est prise d’assaut ; on rapporte la capture du comte de Suffolk.

Rapporté

Le pont de Meung enlevé

L’ouvrage du pont est forcé, coupant à l’ennemi un passage du fleuve.

Rapporté

Beaugency rendue

La place compose et se rend par accord.

Rapporté

Bataille de Patay

L’armée anglaise de campagne est rompue en Beauce ; on dit Talbot prisonnier.

Dates et ordre des chutes sont donnés d’après les rapports : ils peuvent varier d’un jour selon les sources.

Les effectifs anciens sont notoirement gonflés ; nous les donnons en fourchettes, sans chiffre rond.

La capture de Suffolk à Jargeau et de Talbot à Patay est rapportée comme telle, sans préjuger du reste.

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