Un sénateur du parti de Pompée, rescapé de la déroute (anonyme, sur la route de Larissa)
« Nous avions déjà fêté la victoire » : un sénateur du camp de Pompée dans la déroute
Deux jours après le désastre de la plaine, un des sénateurs qui suivaient Pompée le Grand nous a parlé, hébété, sur la route de Larissa. Il raconte l’assurance de la veille, l’effondrement d’un après-midi, et l’ignorance où tous se trouvent désormais du sort de leur chef.
Vous venez de la plaine. Depuis combien de temps n’avez-vous ni dormi ni mangé ?Je ne sais plus. Deux jours, je crois. On ne compte plus les heures quand on marche pour ne pas être pris. J’ai jeté ma toge dans un fossé parce qu’elle me désignait de loin. J’ai marché de nuit, je me suis caché le jour dans un pli de terrain, avec deux esclaves qui ne m’ont pas quitté et un chevalier de Picénum que je connais depuis vingt ans. Nous buvons l’eau des ruisseaux. Voilà ce qu’est devenu, en un après-midi, un homme qui siégeait au conseil de Cnaeus Pompeius Magnus.
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