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Pharsale : César brise Pompée

Été 48 av. J.-C. · Édition de campagne · Perspective Sur le théâtre des opérations, en 48 av. J.-C.

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Fresque représentant la bataille de Pharsale : un général romain à cheval, sabre à la main, chargeant au milieu de soldats en armes, lances dressées à l’arrière-plan.

Dans la plaine de Pharsale, César brise l’armée de Pompée

Fresque de la Sala di Cesare, Palazzo della Corgna, Castiglione del Lago (1575), d’après Suétone — œuvre du domaine public. Photographie Wolfgang Sauber, CC BY-SA 4.0 (Wikimedia Commons).

Rangées face à face dès l’aube en Thessalie, les deux armées romaines se sont heurtées aujourd’hui. Malgré une infanterie moitié moins nombreuse et une cavalerie très inférieure, César a rompu l’aile de Pompée et emporté le champ. Pompée a quitté le terrain ; on ignore où il se dirige.

La rédaction 9 Sextilis 48 av. J.-C. 6 min
En direct Fil en cours — dépêches recueillies à chaud sur le champ, la plupart à confirmer

La journée du 9 Sextilis, heure par heure : les deux armées se rangent, le choc, le camp emporté

Depuis le camp de César et le bord du champ, ce que nous voyons et ce qui se dit à mesure que la journée avance — en séparant, autant qu’on le peut, ce qui est établi de ce qui n’est encore que rapporté.

Comment nous tenons ce fil

Nous suivons cette journée depuis le camp de César et le rebord de la plaine, dans l’ordre où les choses se donnent à voir et à entendre. Ce que nous rapportons ici vient de ce que nos yeux saisissent de loin et de ce que disent les hommes qui vont et viennent — officiers, courriers, blessés. La poussière, le bruit et l’étendue du front rendent tout regard partiel : nul, d’un seul point, ne voit toute une bataille. Nous distinguons donc ce qui est établi de ce qui n’est que colporté, et nous nous gardons de deviner ce que nous ne voyons pas. Les chiffres que nous donnons ne sont que des ordres de grandeur.

Le camp de César remue dans la nuit

Le camp s’est éveillé avant le jour. On avait cru, ces derniers matins, que César lèverait le camp pour reprendre la marche ; les bagages étaient prêts, les ordres donnés. Puis la nouvelle a couru de rang en rang : l’armée de Pompée descend de ses hauteurs et se déploie en plaine, ce qu’elle refusait jusqu’ici. Les enseignes qu’on allait remballer sont ressorties. On dit dans le camp que la bataille rangée qu’on attendait depuis des semaines aura lieu aujourd’hui. Rien encore ne l’a engagée, mais chacun ici en est persuadé.

Les deux armées se rangent face à face

Au lever du jour, les deux armées se forment en travers de la plaine, à quelque distance l’une de l’autre. On les voit se ranger chacune sur trois lignes de fantassins, selon l’usage, les enseignes déployées, la cavalerie portée aux ailes. Le front s’étire sur une grande largeur. Un petit cours d’eau et des terrains difficiles bornent le champ d’un côté et appuient une aile de chaque armée. Entre les deux masses, l’espace découvert où se fera la rencontre paraît étroit au regard de tout ce qui l’encadre.

La disproportion saute aux yeux, surtout la cavalerie

Vue d’ici, l’armée de Pompée paraît nettement la plus nombreuse — beaucoup diront environ deux fois plus de fantassins. Mais c’est sa cavalerie qui frappe le regard : une masse compacte de cavaliers, ramassée presque toute sur une même aile, celle qui fait face à l’aile droite de César. On y mêle, dit-on, la fleur de la jeunesse romaine et des contingents venus des rois d’Orient. En face, les cavaliers de César semblent une poignée. Nul, ici, ne cache que sur ce point le désavantage est lourd, et chacun regarde cette aile avec inquiétude.

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Le dispositif

Le jour du choc : lignes, cavalerie et la réserve cachée

Les deux armées se sont rangées dans la plaine, l’aile appuyée sur l’Énipeus. On donne ici, tel qu’on a pu le voir et le reconstituer depuis le camp, l’ordre de bataille des deux camps : les trois lignes d’infanterie de part et d’autre, la masse de cavalerie que Labienus a portée face à l’aile droite de César, et la manœuvre qui a décidé de la journée — une ligne de cohortes prélevée sur la réserve et tenue cachée, en oblique, derrière la cavalerie. Les effectifs ne sont donnés qu’en ordres de grandeur (voir notes).

Les trois lignes de César ≈ 22 000 fantassins

L’infanterie de César rangée sur trois lignes de cohortes, aile gauche à Marc Antoine (appuyée sur l’Énipeus), centre à Domitius Calvinus, aile droite à Publius Sylla, où César se tient près de la Xᵉ légion. Chiffre donné par César lui-même : à prendre comme ordre de grandeur.

Les trois lignes de Pompée ≈ deux fois plus

Une armée bien plus nombreuse, rangée elle aussi sur trois lignes : Afranius à l’aile droite (côté fleuve), Metellus Scipion au centre, Pompée à l’aile gauche, d’où doit partir l’effort de cavalerie. La disproportion est visible à l’œil depuis le camp.

La cavalerie de Labienus jusqu’à ≈ 7 000 cavaliers

Toute la cavalerie pompéienne, commandée par Titus Labienus, massée à l’aile gauche de Pompée, face à l’aile droite de César, avec frondeurs et archers. Elle doit déborder ce flanc, tourner l’infanterie césarienne et la prendre à revers. La supériorité de cavalerie est nette.

La 4ᵉ ligne cachée quelques cohortes

César a prélevé une poignée de cohortes sur sa troisième ligne et les a rangées en oblique, dissimulées derrière sa cavalerie, à l’aile droite. Réserve invisible avant le choc : c’est elle qui, la cavalerie de Labienus une fois lancée, jaillit et la reçoit de pied ferme.

Le flanc couvert par l’Énipeus aile gauche de César

Le cours de l’Énipeus borde la plaine et couvre l’aile gauche de César (l’aile droite de Pompée). Un seul côté est ainsi à l’abri d’un débordement : toute la décision se joue sur l’autre aile, à découvert, où s’est portée la cavalerie.

Confirmé

Les armées se rangent

Les deux corps de bataille sortent des camps et se déploient dans la plaine, l’aile appuyée sur le fleuve. La masse de cavalerie pompéienne se porte à l’aile gauche de Pompée.

Confirmé

La charge de cavalerie

La cavalerie de Labienus s’élance contre l’aile droite de César et bouscule d’abord ses mille cavaliers, cherchant à tourner le flanc.

Confirmé

La réserve cachée surgit

La quatrième ligne, tenue en réserve derrière la cavalerie, se dresse et reçoit la charge. La cavalerie pompéienne, arrêtée puis refoulée, se rompt et s’enfuit.

Rapporté

L’aile puis le centre cèdent

Le flanc gauche de Pompée découvert, l’infanterie césarienne le tourne à son tour ; l’aile puis le centre pompéiens fléchissent, la ligne se disloque.

Effectifs en ordres de grandeur seulement. On tient l’armée de Pompée pour environ deux fois plus nombreuse et très supérieure en cavalerie, sans pouvoir en fixer le compte. Les chiffres les plus élevés — de l’ordre de 45 000 fantassins contre 22 000, et jusqu’à 7 000 cavaliers — viennent de César lui-même, partie prenante ; d’autres, au camp, avancent des nombres plus modérés. (Les évaluations les plus basses situent l’armée de Pompée autour de 36 000 à 38 000 hommes.)

Le nombre de cohortes de la quatrième ligne varie selon ce qu’on en rapporte, de six à une douzaine : on retient qu’il s’agit d’une réserve légère, prélevée sur la troisième ligne et non d’un corps massif.

Date : « 9 Sextilis 48 » suit le calendrier romain d’avant la réforme ; sa correspondance dans le compte du soleil est débattue et tomberait plutôt au cœur de l’été (vers la fin juin du calendrier julien).

L’emplacement précis du champ reste discuté (rive nord ou sud de l’Énipeus, Palaepharsalus n’étant pas la Pharsale « moderne ») : le schéma vaut pour l’agencement des lignes, non comme relevé du terrain.

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