Un syndic de la cité de Marseille, marchand de la ville basse et membre du conseil de la cité, mêlé aux affaires du port et de l’approvisionnement en blé.
« Nous avons laissé entrer le navire » : un homme du conseil de Marseille devant le mal
Le mal est entré par la mer, et c’est nous qui avons laissé accoster le navire. Un homme du conseil de la cité — de ceux qui délibèrent sur les droits de mer et l’achat du blé — reçoit ici la rédaction. Il dit le port qu’on ne peut fermer sans affamer la ville, l’ordre qui se défait, les morts qu’on ensevelit sans les compter, et ce qu’une cité sans prince présent et sans unité peut, ou ne peut pas, devant un fléau qu’elle ne comprend pas.
Tout aurait commencé par un navire entré dans le port. D’où venait-il, et que portait-il ?Des galères des marchands de Gênes, revenues des échelles d’Orient et de la mer Noire, comme il en vient chaque année à cette saison. Elles portaient ce qu’elles portent toujours : du blé, des cuirs, des épices, des denrées ramassées là-bas et qu’on écoule ici. Rien, à les voir de loin, ne les distinguait des autres. Mais on a su depuis que le mal était à bord bien avant qu’elles n’accostent : des hommes de l’équipage étaient déjà pris, dit-on, dès la traversée, et d’autres sont tombés à peine descendus sur nos quais, si vite qu’on n’a pas eu le loisir de comprendre. Ce sont ces navires-là, revenus de la mer avec leur cargaison ordinaire, qui nous ont apporté ce que nous n’avions pas commandé.
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