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1347-1348 : la grande mortalité remonte le royaume

novembre 1347 - octobre 1348 · La grande mortalité · Perspective Vu du royaume de France, du port de Marseille à Paris, automne 1347 - automne 1348

À la une
Enluminure médiévale montrant l’enterrement des victimes de la grande mortalité à Tournai : des habitants portent et descendent en terre des cercueils tandis qu’un fossoyeur place un corps en bière.

La cité du pape ravagée : Avignon dans la grande mortalité

Atelier de Pierart dou Tielt, « Enterrement des victimes de la peste à Tournai », détail des Chroniques de Gilles li Muisit, v. 1349-1352, Bibliothèque royale de Belgique (MS 13076-77, f. 24v) — domaine public (Wikimedia Commons).

De Provence, les nouvelles montent, et toutes disent la même chose : Avignon, la cité où réside le souverain pontife, est entrée dans le deuil. Le mal venu de la mer y est apparu en ce mois de janvier, et l’on dit qu’il n’épargne ni le pauvre ni le riche, ni le clerc ni le laïque. Nous rapportons ici ce qui nous parvient de cette ville où réside le souverain pontife — hors du royaume, sur terre d’Empire —, sans en pouvoir mesurer toute l’étendue.

Le chroniqueur 25 janvier 1348, 08h00 9 min
Analyse

Le Languedoc embrasé, et la calomnie qui tue

Depuis le début de l’an, le mal est monté de Provence dans les terres de Languedoc : Montpellier, Béziers, puis Narbonne, Carcassonne, et déjà l’on parle de Perpignan. Mais à la mortalité s’ajoute une autre plaie, plus honteuse encore : une calomnie monstrueuse court les chemins, qui impute le fléau à un empoisonnement des puits par les juifs, et l’on a mené des innocents au bûcher sur cette fable. Nous rapportons l’une et l’autre — la marche du mal, et le crime des hommes qui en accusent les juifs.

5 mars 1348, 08h00 9 min
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