Notre dossier du moment

La levée du siège d’Orléans

12 octobre 1428 – 8 mai 1429 · Édition du siège d’Orléans · Perspective Vu d’Orléans et de la cour de Bourges, octobre 1428 – mai 1429

À la une
Enluminure médiévale du siège d'Orléans : une bombarde tire sur les remparts de la ville fortifiée, dominée par une grande tour, tandis que des soldats casqués garnissent les murailles.

Les Anglais devant Orléans : le verrou de la Loire menacé

Martial d'Auvergne, « Les Vigiles de Charles VII » (vers 1484), enluminure sur parchemin, Bibliothèque nationale de France (Français 5054, fol. 54 v°) — Domaine public (Wikimedia Commons).

Maître depuis l'été des places qui jalonnent la rivière, le comte de Salisbury a paru voici quatre jours sous nos murs et plante son siège au midi, par-delà le pont. Pour lui barrer le passage, les bourgeois ont déjà abattu une arche et livré les faubourgs aux flammes.

Notre envoyé à Orléans 16 octobre 1428 5 min
La situation de la place

Orléans assiégée : la ville, le pont, les bastilles

Carte schématique de la place d'Orléans à l'automne 1428. Au sud, la Loire et le grand pont, dont les assiégés ont abattu une arche ; à son extrémité méridionale, le fort des Tourelles, désormais aux mains anglaises, commande la tête de pont. Les faubourgs ont été rasés pour dégager les abords. À l'est s'ouvre la porte de Bourgogne, par où passent encore gens et vivres ; tout autour, l'ennemi resserre un anneau de bastilles, plus dense au nord-ouest, vers la route de Paris, que du côté du levant. En amont et en aval du fleuve, plusieurs places sont déjà tombées.

La Loire et le pont Une arche abattue

Le fleuve barre l'accès au sud. Les Orléanais ont rompu une arche de leur grand pont pour couper la liaison avec la rive gauche tenue par l'ennemi.

Les Tourelles Tête de pont sud anglaise

Le fort qui ferme l'extrémité méridionale du pont est tombé aux mains anglaises les 23-24 octobre ; on dit Glasdale à sa tête, avec une garnison qu'on évalue à sept ou huit cents hommes.

Les faubourgs Rasés

Pour dégager les abords et ne rien laisser à l'assiégeant, les habitants ont abattu les faubourgs et les édifices hors les murs — couvents, collégiales et maisons comprises.

Porte de Bourgogne Issue de l'est

À l'orient de la ville, la porte de Bourgogne reste l'ouverture par laquelle on espère encore faire entrer renforts et ravitaillement ; de ce côté l'ennemi est moins établi.

L'anneau de bastilles Une douzaine, dit-on

On compte autour de la place une série de bastilles et boulevards anglais — quelque dizaine selon les rapports —, serrés au nord-ouest entre la Loire et la route de Paris, plus clairsemés et éloignés du côté du levant (Saint-Loup, Saint-Jean-le-Blanc).

Places de la Loire Prises en amont et en aval

Avant d'aborder Orléans, l'ennemi s'est rendu maître des passages du fleuve : Meung et Beaugency en aval, Jargeau en amont, et il tient le pays jusqu'à Janville vers le nord.

Garnison et bourgeois en armes Plusieurs milliers

On dit la ville défendue par plusieurs milliers d'hommes d'armes, renforcés des bourgeois en armes ; les chiffres courent de quelques milliers à davantage et restent incertains.

L'ost anglais Quelques milliers

L'armée qui investit la place compterait quelques milliers de combattants — assez pour cerner Orléans au nord-ouest, trop peu pour fermer partout le cercle, surtout au levant.

Confirmé

Les Anglais devant Orléans

L'ost de Salisbury paraît devant la ville et met le siège après avoir enlevé les places voisines de la Loire.

Rapporté

Chute des Tourelles

Le fort de la tête de pont sud tombe ; c'est à l'une de ses fenêtres que Salisbury est frappé par un trait d'artillerie — on le dit depuis mort de sa blessure, à Meung, sans qu'on s'accorde sur le jour.

Incertain

L'anneau se resserre

Faubourgs abattus, l'ennemi élève peu à peu sa ceinture de bastilles autour de la place, sans parvenir à la clore tout entière.

Carte schématique reconstituée d'après les sources : positions et tracés sont donnés à titre indicatif, non à l'échelle.

Les effectifs anciens sont notoirement gonflés ; nous les donnons en fourchettes prudentes, sans chiffre rond asséné.

La date de la mort de Salisbury demeure incertaine, comme le compte exact des bastilles, sur lesquels les rapports divergent.

Consulter toutes les archives disponibles