Un légionnaire captif de l’armée pompéienne
« On ne pardonne pas deux fois, et je le savais en reprenant les armes »
À Corduba prise, parmi les milliers de captifs entassés après la chute de la ville, un légionnaire de Bétique qui avait jadis servi sous les aigles de César, puis était repassé au parti de Pompée, revient sur la bataille perdue, sur le nom qu’il a choisi de suivre, et sur ce qu’il attend d’un vainqueur dont il sait ne plus rien pouvoir espérer.
Qui es-tu, et comment en es-tu venu à te battre ici ?Je suis d’ici, de la province, né entre le Baetis et la mer. J’ai porté les armes plus longtemps que je n’ai labouré. J’ai d’abord servi César, il y a des années : je me suis rendu à lui dans une campagne où mon camp avait cédé, et il m’a pris à sa solde, comme il l’a fait de beaucoup d’entre nous. J’ai marché sous ses aigles, j’ai touché sa paie. Puis les choses ont tourné, les légions d’Hispanie se sont retournées, et j’ai repassé de l’autre côté, du côté des fils de Pompée. On me dira que j’ai changé deux fois. C’est vrai. Je ne cherche pas à le farder. Un homme de la province suit la guerre là où elle est, et la guerre, chez nous, portait le nom de Pompée.
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