Notre dossier du moment

Munda : le dernier combat de César

Mars 45 av. J.-C. · Édition de campagne · Perspective Sur le théâtre des opérations, en Hispanie, 45 av. J.-C.

À la une
Gravure ancienne montrant deux porte-enseignes romains en armes, l’un vêtu d’une cuirasse d’écailles et portant un bouclier rond orné d’aigles, tenant chacun une haute hampe surmontée d’insignes militaires (aigle, figures animales, étendards), dans un paysage parsemé de ruines antiques.

Soricaria : César reprend l’ascendant, les armées convergent

Wenceslaus Hollar, « Seven Roman Standards » (XVIIe siècle), Thomas Fisher Rare Book Library, université de Toronto — domaine public (Wikimedia Commons). Gravure ancienne représentant des porte-enseignes romains, utilisée ici pour évoquer l’armée en marche à la veille du choc de Munda.

Au combat livré près de Soricaria, l’avantage a tourné du côté de César. Les deux armées se rapprochent et campent désormais à portée l’une de l’autre. La tension monte, un choc rangé paraît possible — mais rien n’est décidé : nul ne sait si Cnaeus acceptera la bataille, ni quand, ni où.

La rédaction 14 Martius 45 av. J.-C. 5 min
Portrait

Attius Varus, le gouverneur d’Afrique que la guerre a jeté en Hispanie

Il gouverna l’Afrique au nom du Sénat, la tint contre César, commanda une flotte, réchappa du désastre de Thapsus. Le voici en Bétique, parmi les officiers venus chercher ici un dernier théâtre, aux côtés des fils de Pompée et de Labienus. Non un transfuge comme ce dernier, mais un optimate resté fidèle jusqu’au bout — dont nul, au camp, ne sait au juste quel commandement on lui a confié.

14 Martius 45 av. J.-C. 6 min
La carte

De Rome à la Bétique : la campagne d’hiver de César

Parti de Rome à la fin de l’automne, César a gagné l’Hispanie ultérieure d’une marche que la tradition dit d’une rapidité extrême — une vingtaine de jours, à prendre comme un trait d’étonnement plus que comme un compte exact. Une fois en Bétique, la guerre s’est faite de sièges et de blocus, l’hiver durant : secours d’Ulia restée fidèle, blocus de Corduba, prise d’Ategua, escarmouche de Soricaria. Voici, d’est en ouest, le chemin déjà parcouru et les places déjà tombées, tels qu’on peut les situer — non ce qui pourrait encore s’y jouer.

La marche depuis Rome Rome → Hispanie

César a quitté la Ville à la fin de l’automne et poussé jusqu’à l’Hispanie ultérieure. La tradition prête à cette marche une rapidité peu commune — on parle d’une vingtaine à une trentaine de jours pour rejoindre son armée. Le chiffre tient de l’ordre de grandeur et du trait d’admiration, non d’un relevé.

Ulia secourue Cité fidèle dégagée

Ulia, restée du parti de César, était serrée par Cnaeus Pompée. L’arrivée de César, ou d’un détachement dépêché en avant, a desserré l’étreinte. C’est le premier point d’appui césarien en Bétique.

Corduba bloquée Blocus, succès limité

Devant Corduba, tenue notamment par le jeune Sextus Pompée, César a porté la menace sans emporter la place. La ville tient ; l’affaire est restée une pression plus qu’une prise. On y revient toujours comme au verrou de la province.

Ategua rendue 19 Februarius

La place forte d’Ategua, proche de Corduba, s’est rendue au terme d’un siège dur, après des désertions dans le camp pompéien. C’est un coup sensible pour Cnaeus, qui perd là un point d’appui et du crédit auprès des cités.

Soricaria Début Martius

Aux abords de Soricaria, un engagement a tourné à l’avantage de César dans les premiers jours de Martius. Rien de décisif : une escarmouche de plus dans une guerre de positions, mais qui pousse les deux armées à se chercher.

Distances et latence Ordres de grandeur

D’une place à l’autre en Bétique, quelques journées de marche à travers un pays de collines et de rivières ; de là à Rome, plusieurs semaines pour une dépêche. Ce que nous rapportons du théâtre parvient à la Ville avec ce retard-là.

Cette carte ne figure que le chemin déjà parcouru et les places déjà tombées — marche depuis Rome, Ulia, Corduba, Ategua, Soricaria. Elle ne porte aucun repère de rencontre à venir : à la date de cette page, rien de tel n’est arrivé ni annoncé.

L’emplacement exact de la plaine de Munda n’est pas tranché : plusieurs sites sont proposés en Bétique (du côté de La Lantejuela près d’Osuna, de Montilla, de Monda, ou de la région de Ronda). On ne plante donc ici aucun décor topographique précis comme un fait : il s’agit d’une plaine de Bétique dont l’emplacement se discute.

Les distances sont données en ordres de grandeur — journées de marche, non mesure au mille près —, d’après les étapes connues entre les places assiégées.

La chronologie relève du calendrier julien, dont 45 est la première année ; les dates sont transmises telles quelles (19 Februarius pour Ategua), leur correspondance avec le comput actuel restant débattue, sans que cela modifie le tracé de l’itinéraire.

Consulter toutes les archives disponibles