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Octobre 1940 : Montoire, la collaboration scellée

24-30 octobre 1940 · Édition de Montoire · Perspective Vu de la zone libre et de la presse contrôlée, fin octobre 1940

À la une
Le maréchal Philippe Pétain assis à un pupitre, tenant ses feuillets devant un microphone de radiodiffusion, lors d’une allocution radiodiffusée.

Pétain à la radio : « j’entre dans la voie de la collaboration »

Agence Keystone-France, « Le maréchal Pétain lisant un discours radiodiffusé » (1940-1944) — auteur anonyme, domaine public (Wikimedia Commons).

Dans une allocution radiodiffusée ce soir, le maréchal Pétain a assumé devant les Français son entrevue avec le chancelier Hitler et annoncé qu’il engageait le pays « dans la voie de la collaboration ». Il dit s’y être rendu « librement », sans avoir subi « aucun diktat, aucune pression ».

Henri Delmas 30 octobre 1940, 20h30 7 min

La portée du mot

Un seuil symbolique franchi, mais aucun accord signé ; et la mise au point sur ce que l’on sait.

Entretien

Le grand entretien du jour

La parole d’un acteur du moment, pour lire la crise depuis l’intérieur.

Un chroniqueur du paysage informationnel (profil composite, recoupant presse contrôlée, rumeur publique et radios étrangères)

« Ce que l’on peut — et ne peut pas — savoir »

Trois jours après la poignée de main de Montoire, tout n’est pas dit, et beaucoup ne sera peut-être jamais dit. Pour démêler le sûr du supposé, nous avons réuni les notes d’un confrère qui passe ses journées à recouper la presse autorisée des deux zones, la rumeur des files d’attente et ce qui filtre des radios étrangères. Un long entretien sur le peu que l’on sait, le beaucoup que l’on ignore, et la manière dont l’information circule — ou ne circule pas — dans la France d’octobre 1940.

Commençons par le solide. Que sait-on, vraiment, de source sûre ?

Très peu, mais ce peu est ferme. On sait qu’une rencontre a eu lieu le 24 octobre, dans une gare, entre le maréchal Pétain et le chancelier Hitler. On sait qu’ils se sont serré la main. On sait que le chef du gouvernement, M. Laval, était présent, et qu’il y avait des Allemands de premier rang, dont le ministre von Ribbentrop. Voilà à peu près l’os de l’affaire : un lieu, une date, des présents, un geste. Tout le reste — la teneur des propos, l’existence d’un texte signé, les engagements pris de part et d’autre — appartient pour l’instant au domaine de ce qu’on suppose, pas de ce qu’on établit. Et je pèse mes mots : entre « on a parlé » et « on a conclu », il y a un gouffre que rien, à ce jour, ne permet de combler.

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27 octobre 1940, 10h0016 min
Entretien

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Réactions

Vu de Londres : la France libre récuse la main tendue de Montoire

De la poignée de main de Montoire, les ondes étrangères rapportent depuis quelques jours une riposte : un manifeste que le général de Gaulle aurait lancé depuis l’Afrique, déclarant le gouvernement de Vichy « inconstitutionnel » et instituant un Conseil de défense de l’Empire. Le texte ne nous parvient que par bribes, capté avec peine sur des postes que l’on écoute à voix basse.

29 octobre 1940, 18h00 4 min
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