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Octobre 1940 : Montoire, la collaboration scellée

24-30 octobre 1940 · Édition de Montoire · Perspective Vu de la zone libre et de la presse contrôlée, fin octobre 1940

À la une
Le maréchal Pétain et Adolf Hitler se serrent la main à Montoire-sur-le-Loir, le 24 octobre 1940, entourés d’officiers allemands.

La poignée de main de Montoire : Pétain a rencontré Hitler

Heinrich Hoffmann, photographie de l’entrevue de Montoire, 24 octobre 1940. Bundesarchiv, Bild 183-H25217 — CC BY-SA 3.0 DE (Wikimedia Commons).

Le pays l’apprend ces jours-ci, plusieurs jours après les faits : le maréchal Pétain, chef de l’État, a rencontré le chancelier Hitler. La scène se serait déroulée le 24 octobre dans une gare de province ; des photographies venues d’Allemagne montrent les deux hommes se serrant la main. De la teneur de l’entretien, on ne sait rien. Aucun accord n’a été annoncé.

La rédaction 26 octobre 1940, 07h00 6 min

Ceux du wagon-salon

Le vainqueur de Verdun et l’homme qui a ménagé la rencontre.

Entretien

Le grand entretien du jour

La parole d’un acteur du moment, pour lire la crise depuis l’intérieur.

Un chroniqueur du paysage informationnel (profil composite, recoupant presse contrôlée, rumeur publique et radios étrangères)

« Ce que l’on peut — et ne peut pas — savoir »

Trois jours après la poignée de main de Montoire, tout n’est pas dit, et beaucoup ne sera peut-être jamais dit. Pour démêler le sûr du supposé, nous avons réuni les notes d’un confrère qui passe ses journées à recouper la presse autorisée des deux zones, la rumeur des files d’attente et ce qui filtre des radios étrangères. Un long entretien sur le peu que l’on sait, le beaucoup que l’on ignore, et la manière dont l’information circule — ou ne circule pas — dans la France d’octobre 1940.

Commençons par le solide. Que sait-on, vraiment, de source sûre ?

Très peu, mais ce peu est ferme. On sait qu’une rencontre a eu lieu le 24 octobre, dans une gare, entre le maréchal Pétain et le chancelier Hitler. On sait qu’ils se sont serré la main. On sait que le chef du gouvernement, M. Laval, était présent, et qu’il y avait des Allemands de premier rang, dont le ministre von Ribbentrop. Voilà à peu près l’os de l’affaire : un lieu, une date, des présents, un geste. Tout le reste — la teneur des propos, l’existence d’un texte signé, les engagements pris de part et d’autre — appartient pour l’instant au domaine de ce qu’on suppose, pas de ce qu’on établit. Et je pèse mes mots : entre « on a parlé » et « on a conclu », il y a un gouffre que rien, à ce jour, ne permet de combler.

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27 octobre 1940, 10h0016 min
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