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1250 : Louis IX en Égypte, le roi captif

Juin 1249 – mai 1250 · L'ost dans le delta · Perspective Vu de l'ost du roi, dans le delta, 24 novembre 1249

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Enluminure médiévale : des chevaliers en armure debout dans deux nefs de croisade, bannières déployées, épées levées en un salut d'embarquement

Six mois sur le Nil : l’ost enfin en marche vers Le Caire

Maître du Roman de Fauvel, « Départ pour la septième croisade » (Louis IX), 1337 (BnF, Français 22495, f. 287) — domaine public (Wikimedia Commons). Cette enluminure ne montre pas littéralement le Nil ; elle évoque, par ses nefs chargées de chevaliers et bannières, la flotte et l'ost du roi engagés dans la septième croisade.

Depuis la prise de Damiette, au début de l’été, l’armée du roi n’a pas bougé de ses murs. Le grand fleuve, en montant, l’a clouée sur place ; il a fallu attendre qu’il redescende, et attendre les renforts du comte de Poitiers. Les eaux se sont enfin retirées, le comte est arrivé ; le roi a levé le camp. Voici quelques jours que l’ost s’est ébranlé, remontant la rive vers Le Caire et vers le canal qui, dit-on, garde La Mansourah.

Guillaume de Saint-Jean, clerc 24 novembre 1249 7 min
Entretien

Le grand entretien du jour

La parole d’un acteur du moment, pour lire la crise depuis l’intérieur.

Un marchand établi à Damiette, place occupée par l’ost

Un marchand de Damiette : « Ici, c’est le fleuve qui décide, pas le roi »

Recueilli dans une échoppe de la ville prise, le témoignage d’un homme de négoce qui a suivi la flotte jusqu’à Damiette et y trafique depuis l’été : la crue du Nil qui a cloué l’ost cinq mois durant, les greniers pleins trouvés à l’entrée, la cherté de tout le reste, la ville à demi vide où l’on prie désormais dans la mosquée changée en église, la méfiance entre les nations de marchands, et cette peur sourde, maintenant que l’ost s’est ébranlée vers l’amont, de rester derrière ses murs à guetter le fleuve.

Comment un marchand comme vous se trouve-t-il installé dans Damiette occupée ?

Par le métier, tout simplement. Un marchand va où va l’argent, et l’argent, cet été, est venu ici avec la flotte. J’ai trafiqué des années durant entre les ports d’Acre, de Limassol et les échelles d’Égypte ; on achète et on vend avec les gens du soudan comme on respire, la guerre ou la paix n’y changent pas grand-chose sur la longue durée, seulement le prix du passage. Quand on a su à Chypre que le roi de France mettait le cap sur l’Égypte, beaucoup d’entre nous ont chargé ce qu’ils pouvaient et ont suivi. Là où campe une armée de cette taille, il faut du drap, du vin, du cuir, du fer, des chandelles, du sel — tout ce que le soldat ne porte pas sur lui. Nous sommes venus pour cela. Je ne me suis pas battu et je ne me battrai pas : je vends.

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24 novembre 124912 min
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