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Août 1944 : la libération de Paris

La France sous l’Occupation · Édition de Paris · Perspective Paris

À la une
Foule immense massée sur les Champs-Élysées lors du défilé de la Libération, véhicules blindés de la 2e DB de Leclerc passant devant l'Arc de Triomphe, banderole « Vive de Gaulle », 26 août 1944.

Des Champs-Élysées à Notre-Dame : la liesse, puis les balles

Jack Downey, U.S. Office of War Information, « Crowds of French patriots line the Champs Elysees » (26 août 1944), Library of Congress — domaine public (Wikimedia Commons).

Le général de Gaulle a ranimé la flamme sous l’Arc de triomphe, puis descendu à pied l’avenue devant une foule immense. Mais des coups de feu ont éclaté place de la Concorde, et de nouveau sur le parvis et jusque dans Notre-Dame. D’où venaient-ils ? Au soir, nul ne le sait.

Étienne Vauclair 26 août 1944 8 min
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Direct — 24-26 août 1944 : la libération de Paris, heure par heure

Nous actualisons au rythme des nouvelles venues des barricades, du Meurice, de Montparnasse et de l’Hôtel de Ville.

Des chars français franchissent les portes du sud

Un détachement de la 2e division blindée, commandé dit-on par le capitaine Raymond Dronne, vient de pénétrer dans Paris par le sud — l’entrée dans la ville étant signalée autour de 20h41, avant que l’avant-garde ne pousse vers l’Hôtel de Ville. Les premiers récits hésitent sur le point d’entrée : on parle de la Porte d’Italie pour les uns, de la porte de Gentilly pour les autres. Le gros de la division ne suit pas encore : ce ne sont, pour l’heure, qu’une poignée de blindés lancés à travers la ville insurgée.

L’avant-garde atteint l’Hôtel de Ville

L’avant-garde — la 9e compagnie, dite « La Nueve », où l’on compte une forte majorité de républicains espagnols (quelque 146 hommes sur 160, selon les chiffres qui circulent) — aurait atteint le parvis de l’Hôtel de Ville aux alentours de 21h22 — d’autres récits avançant plutôt 22h20. L’heure exacte nous est rapportée diversement et reste à confirmer. Les half-tracks portent des noms de batailles d’Espagne. Les premiers résistants les entourent.

Les cloches de Paris se mettent à sonner

À l’annonce de l’arrivée des chars, les cloches de la capitale sonnent à la volée. Le bourdon de Notre-Dame donne le signal, repris d’église en église. Dans les rues, aux fenêtres, on s’appelle, on pleure, on chante. Radio-Paris s’est tue ; c’est la radio de Londres et la rumeur des barricades qui portent la nouvelle.

La nuit reste dangereuse

Que l’on ne s’y trompe pas : le gros de la division Leclerc n’est pas encore entré, les points d’appui allemands tiennent toujours dans la ville, et nul ne sait ce que fera la garnison du Gross-Paris. Les barricades demeurent en armes. Nous écrivons d’une cité encore disputée, où une avant-garde n’est pas une délivrance.

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La ville dans la rue

Cortège triomphal de l’Étoile à Notre-Dame, fusillade inexpliquée, et le regard en arrière sur quatre années d’Occupation.

Entretien

Le grand entretien du jour

La parole d’un acteur du moment, pour lire la crise depuis l’intérieur.

Infographie

La 2e DB dans Paris : la progression, du 24 au 26 août

Reconstitution provisoire de l’entrée de la division Leclerc dans la capitale, établie d’après les premiers récits. Heures et toponymes divergent d’une source à l’autre et sont donnés sous toute réserve.

Avant-garde, 24 août au soir Hôtel de Ville

Le détachement du capitaine Dronne, dont la 9e compagnie dite « La Nueve », gagne le cœur de Paris. Le point d’entrée par le sud varie selon les récits — Porte d’Italie ou porte de Gentilly. Les cloches, dont Notre-Dame, se mettent à sonner.

Points d’appui réduits, 25 août Meurice · Sénat · École militaire · Concorde

Le gros de la division et la 4e division d’infanterie américaine donnent l’assaut aux principaux points d’appui allemands de la rive droite comme de la rive gauche.

Capitulation 25 août

Le général von Choltitz est capturé à l’hôtel Meurice ; la capitulation est signée dans la journée, puis contresignée par le colonel Rol-Tanguy à la gare Montparnasse.

Défilé 26 août

Descente des Champs-Élysées, de l’Étoile vers la Concorde, devant une foule immense.

Rapporté

Avant-garde Dronne

Le détachement du capitaine Dronne atteint l’Hôtel de Ville. L’heure couramment avancée, ~21h22, est rapportée sous réserve ; le gros de la division n’est pas encore là.

Confirmé

Entrée massive

La 2e DB et la 4e division d’infanterie américaine entrent en force et réduisent les points d’appui allemands.

Rapporté

Capitulation signée

Capture de von Choltitz au Meurice ; signature de la capitulation, dont l’heure (~14h45) diverge selon les récits ; double cérémonie, Rol-Tanguy contresignant à Montparnasse.

Confirmé

Défilé

Descente des Champs-Élysées et hommages dans la ville.

Heures et toponymes sont attribués, non établis : ~21h22 (avant-garde à l’Hôtel de Ville) et ~14h45 (signature) varient d’un récit à l’autre.

Le point d’entrée du détachement Dronne par le sud est diversement rapporté : Porte d’Italie ou porte de Gentilly.

Cette progression est reconstituée à chaud, d’après les premières dépêches et témoignages.

Infographie

Du 10 au 26 août : chronologie de la libération de Paris

Chronologie complète des journées d’août, des premières grèves au défilé. Les bilans chiffrés ne sont que des estimations provisoires, divergentes selon les sources, et seront révisés.

FFI et résistants ~800 à 1 600 morts (estimations)

Les premiers bilans des pertes parmi les FFI et les résistants varient fortement d’une source à l’autre. Fourchette donnée sous toute réserve.

2e division blindée ~71 à 130 tués / ~225 à 319 blessés (selon le périmètre retenu)

Pertes avancées pour la division Leclerc lors des combats de la capitale. Chiffres provisoires, à recouper.

Forces allemandes ~3 200 morts / ~12 800 prisonniers (estimations)

Pertes et reddition évaluées pour la garnison allemande. Comptage encore incertain au lendemain des combats.

Population civile ~582 morts / ~2 000 blessés (estimations)

Premier bilan rapporté pour les civils. Chiffres provisoires, susceptibles d’être revus à la hausse.

Confirmé

Grèves

Cheminots du métro, police le 15, PTT, gendarmes : les débrayages enflent jusqu’à la grève générale du 18 août. Tracts FFI signés « Rol ».

Confirmé

Insurrection

Occupation de la Préfecture de police par des policiers résistants, drapeau tricolore hissé. Rol-Tanguy commande les FFI d’Île-de-France.

Rapporté

Trêve Nordling

Trêve négociée par le consul de Suède pour évacuer les blessés. Approuvée par une tendance de la Résistance, dénoncée par une autre.

Confirmé

Barricades

La trêve est rompue ; environ six cents barricades se dressent dans la capitale.

Incertain

Ordre allié à Leclerc

On rapporte que le commandement allié aurait autorisé la marche de la 2e DB sur Paris. La nouvelle reste, dans la capitale, à l’état de rumeur non confirmée.

Rapporté

Avant-garde Dronne

Le détachement du capitaine Dronne atteint l’Hôtel de Ville (~21h22, rapporté). Les cloches sonnent.

Rapporté

Capitulation

Entrée massive de la 2e DB ; capture de von Choltitz au Meurice ; signature de la capitulation (~14h45, rapporté), contresignée par Rol-Tanguy à Montparnasse.

Confirmé

Discours à l’Hôtel de Ville

Allocution du général de Gaulle devant le CNR, le CPL et la foule (« Paris outragé ! Paris brisé ! Paris martyrisé ! Mais Paris libéré ! »).

Incertain

Défilé et tirs

Descente des Champs-Élysées devant une foule immense ; Te Deum écourté à Notre-Dame ; des tirs éclatent sur la foule (Concorde, Notre-Dame), d’origine inconnue.

Tous les bilans chiffrés sont provisoires, divergents selon les sources et attribués comme tels : ils ne valent que comme estimations à chaud.

L’ordre allié à Leclerc (22-23 août) ne circule dans Paris que comme rumeur non confirmée.

L’origine des tirs du 26 août (Concorde, parvis et intérieur de Notre-Dame) demeure inconnue à ce jour ; aucune attribution n’est possible.

Heures (~21h22, ~14h45) et toponymes sont rapportés sous réserve.

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