Quintus Aternius, vétéran des légions de César, colon en attente de la moitié de ses terres
« Il nous a donné des terres, et le voilà mort » : un vétéran de César dans l'attente de son champ
Sous les portiques du Champ de Mars, là où campent les hommes qui devaient partir pour l'Orient, un ancien soldat des légions de César dit sa reconnaissance envers le chef qui l'a récompensé, et sa peur, très concrète, pour les terres et les primes promises maintenant que le dictateur n'est plus. Entretien recueilli au surlendemain des Ides, tandis que le Sénat, réuni au temple de Tellus, décidait de ne rien annuler des actes du mort.
Tu étais venu à Rome pour l'expédition d'Orient. Où étais-tu quand la nouvelle est tombée ?Au camp, de l'autre côté du fleuve, à graisser mon fourreau comme un jeune recrue. On attendait l'ordre de marche ; on disait le départ pour dans trois jours. Et puis un cavalier est arrivé au galop, blanc comme un linge, en criant que le dictateur était mort, tué en plein Sénat. On a d'abord cru à une de ces fausses alarmes qui courent les camps. Un vieux ne bouge pas pour un cri. Mais les cris se sont multipliés, les boutiques de la Ville se sont fermées d'un coup, on a vu les gens courir se barricader. Alors on a compris que c'était vrai. J'ai posé mon fourreau et je me suis assis, monsieur. Je ne saurais pas te dire ce que j'ai pensé. Rien, peut-être. Le vide qu'on a quand une charge vous passe trop près.
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