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Les Ides de mars : César frappé au Sénat

Mars 44 av. J.-C. · Édition romaine · Perspective Rome, aux Ides de mars

À la une
Cicéron debout, drapé en toge blanche, s’adressant à l’assemblée des sénateurs romains réunis en arc de cercle dans une salle du Sénat

Au temple de Tellus, le Sénat choisit l'oubli : ni procès des meurtriers, ni renversement de l'œuvre de César

Cesare Maccari, « Cicéron dénonce Catilina » (fresque, 1889), Palazzo Madama, Rome — domaine public (Wikimedia Commons).

Convoqué ce matin par le consul Antoine loin du Capitole, le Sénat a voté un compromis : aucune poursuite contre ceux qui ont frappé César, mais tous ses actes demeurent en vigueur. Un apaisement plaidé par Cicéron, que nul dans la Curie ne tient pour acquis.

Correspondance de Rome 17 mars 44 av. J.-C. 4 min
Portrait

Marcus Tullius Cicéron, l’ancien consul qui a plaidé l’oubli

Il n’était pas dans le secret des conjurés et n’a pas frappé César ; c’est pourtant lui qui, au temple de Tellus, a soufflé l’issue. Tenu à l’écart du pouvoir durant la dictature, l’orateur d’environ soixante-deux ans propose une voie qui n’est ni celle des libérateurs du Capitole ni celle des fidèles du dictateur : renoncer à punir sans rien défaire, une amnistie qu’il dit empruntée aux Athéniens.

17 mars 44 av. J.-C. 5 min
Entretien

Le grand entretien du jour

La parole d’un acteur du moment, pour lire la crise depuis l’intérieur.

Quintus Aternius, vétéran des légions de César, colon en attente de la moitié de ses terres

« Il nous a donné des terres, et le voilà mort » : un vétéran de César dans l'attente de son champ

Sous les portiques du Champ de Mars, là où campent les hommes qui devaient partir pour l'Orient, un ancien soldat des légions de César dit sa reconnaissance envers le chef qui l'a récompensé, et sa peur, très concrète, pour les terres et les primes promises maintenant que le dictateur n'est plus. Entretien recueilli au surlendemain des Ides, tandis que le Sénat, réuni au temple de Tellus, décidait de ne rien annuler des actes du mort.

Tu étais venu à Rome pour l'expédition d'Orient. Où étais-tu quand la nouvelle est tombée ?

Au camp, de l'autre côté du fleuve, à graisser mon fourreau comme un jeune recrue. On attendait l'ordre de marche ; on disait le départ pour dans trois jours. Et puis un cavalier est arrivé au galop, blanc comme un linge, en criant que le dictateur était mort, tué en plein Sénat. On a d'abord cru à une de ces fausses alarmes qui courent les camps. Un vieux ne bouge pas pour un cri. Mais les cris se sont multipliés, les boutiques de la Ville se sont fermées d'un coup, on a vu les gens courir se barricader. Alors on a compris que c'était vrai. J'ai posé mon fourreau et je me suis assis, monsieur. Je ne saurais pas te dire ce que j'ai pensé. Rien, peut-être. Le vide qu'on a quand une charge vous passe trop près.

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17 mars 44 av. J.-C.10 min
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