César frappé en pleine séance à la curie de Pompée
Le dictateur est tombé sous les coups de sénateurs conjurés, ce jour des Ides, au pied de la statue de Pompée. La ville, saisie, s’est refermée sur elle-même.
Mars 44 av. J.-C. · Édition romaine · Perspective Rome, aux Ides de mars
Le dictateur est tombé sous les coups de sénateurs conjurés, ce jour des Ides, au pied de la statue de Pompée. La ville, saisie, s’est refermée sur elle-même.
Les meneurs — Brutus au nom lourd, Cassius qu’on dit l’âme du complot, Decimus l’intime que César aimait —, et le récit d’un témoin des bancs.
Une soixantaine de sénateurs auraient pris part au complot. Voici ceux que les témoignages désignent comme ses meneurs et ses exécutants du premier instant.
Revendique descendre du Brutus qui chassa les rois de Rome. Gracié par César après Pharsale.
Certains le désignent comme l'instigateur du complot, par ressentiment envers César.
L'un de ses proches officiers. Aurait convaincu César de se rendre à la curie malgré de mauvais présages rapportés.
Porte le premier coup, au signal donné par Cimber.
Donne le signal convenu en empoignant la toge de César sous prétexte de plaider une grâce.
Il plaide le rappel de son frère banni, entourant César de sénateurs venus à l'appui de la requête.
En tirant sur la toge de César, il découvre son épaule.
Le coup déclenche aussitôt les autres.
Une vingtaine de sénateurs, dont Brutus et Cassius, frappent à leur tour.
Proche de César, il aurait facilité son entrée dans la curie ce jour-là ; certains récits en font une cheville essentielle du complot.
Préteur urbain, philosophe, gendre de Caton, gracié par César après Pharsale : celui que la rumeur place aujourd’hui au Capitole parmi les meurtriers est un homme que le dictateur avait comblé. Portrait d’une figure que l’on dit tiraillée, sans que nul ne sache démêler ses raisons.
Le marin qui gagna la mer contre les Vénètes et força Massilia, l’officier que César avait comblé de charges : c’est lui, dit-on, qui hier matin a mené le dictateur à la curie, malgré les présages et les frayeurs de Calpurnia. Sur ses raisons, en revanche, nul ne dit rien.
Survivant de Carrhes, vainqueur des Parthes, beau-frère de Brutus : celui que le Forum désigne aujourd’hui comme l’âme de la conjuration est un homme de guerre que César avait gracié sans le combler. Portrait d’un préteur des pérégrins que l’on dit aigri, et que plusieurs disent être allé trouver Brutus le premier.
La parole d’un acteur du moment, pour lire la crise depuis l’intérieur.
Collègue de César au consulat, fidèle des mauvais jours, il a été délibérément épargné dans la curie où les autres frappaient. Depuis, le plus haut magistrat de Rome se tait et se dérobe. Portrait d’un homme dont la Ville guette les intentions, sans que nul — peut-être pas même lui — sache encore ce qu’il fera.
La vie du dictateur, et la question que personne ne tranche : qui gouverne Rome ?
De la Gaule au Rubicon, de Pharsale à la dictature à vie : retour sur le parcours d’un homme qui, en une vingtaine d’années, s’était rendu maître de la République. Il est tombé hier, aux Ides, sous les coups au pied de la statue de Pompée.
César abattu, la Ville se réveille sans savoir de qui elle relève. Les consuls sont en place, les préteurs retranchés au Capitole, le Sénat sans son maître, les armées loin sur la route des Parthes. Rien, dans la loi, ne dit qui commande ce matin. Essai de mise au clair des forces en présence — sans en préjuger l’issue.
Tribune. Un sénateur défend le geste des Ides : le pouvoir sans terme et la dictature à vie étaient une injure à la liberté de Rome. Opinion signée, qui n'engage que son auteur.