César frappé en pleine séance à la curie de Pompée
Le dictateur est tombé sous les coups de sénateurs conjurés, ce jour des Ides, au pied de la statue de Pompée. La ville, saisie, s’est refermée sur elle-même.
Mars 44 av. J.-C. · Édition romaine · Perspective Rome, aux Ides de mars
Le dictateur est tombé sous les coups de sénateurs conjurés, ce jour des Ides, au pied de la statue de Pompée. La ville, saisie, s’est refermée sur elle-même.
Du lever du jour à la fuite des sénateurs vers le Capitole, ce que l’on rapporte, heure par heure, de la séance tenue à la curie du théâtre de Pompée.
Nous rapportons ici, dans l’ordre où elles nous parviennent, les nouvelles de la matinée. Certaines sont établies, d’autres ne sont que ce qui se dit de bouche à oreille au Champ de Mars et au Forum. Nous distinguons les deux et nommons, autant que possible, qui affirme quoi. Les présages et les songes sont donnés comme des propos qui courent, non comme des faits.
Le Sénat doit siéger ce matin dans la curie attenante au théâtre de Pompée, sur le Champ de Mars, la Curie du Forum étant en travaux. On attend César, dictateur, qui doit y présider. Les sénateurs commencent à s’y rassembler ; des gens sont venus l’attendre.
Le bruit court dans la maison de César et jusqu’au Forum que son épouse, Calpurnia, aurait passé une mauvaise nuit et l’aurait pressé de ne pas sortir. Sur la teneur de ce songe, les récits divergent déjà. On ajoute que des sacrifices offerts ce matin auraient été jugés défavorables. Nous donnons ces propos pour ce qu’ils sont : des rumeurs, invérifiables à cette heure.
On rapporte que Decimus Junius Brutus Albinus, proche de César, s’est rendu chez lui et l’a décidé à paraître au Sénat, jugeant qu’un homme de son rang ne pouvait faire attendre les sénateurs pour des songes de femme et des présages. César se met en route vers le Champ de Mars.
Ce 15 mars, le Sénat ne siège pas au Forum mais dans la curie attenante au théâtre de Pompée, sur le Champ de Mars. Repères sur ce lieu et minute par minute de la séance.
Salle annexée au grand portique du théâtre de Pompée, sur le Champ de Mars. Le Sénat s'y réunit à titre provisoire.
La Curia Hostilia a brûlé en 52 av. J.-C., lors des funérailles de Clodius. La nouvelle Curie Julienne, engagée par César, n'est pas achevée.
Premier théâtre construit en pierre à Rome, environ 20 000 places, doublé d'un vaste portique à jardins et fontaines.
César s'effondre au pied d'une statue de Pompée dressée dans la curie même.
Les sénateurs se réunissent dans la curie de Pompée ; César, retardé, arrive peu après.
Selon les versions, c'est Trebonius (Plutarque) ou Decimus Brutus (Nicolas de Damas) qui retient Marc Antoine à l'entrée, l'écartant de la salle.
Sous prétexte de plaider le rappel de son frère, il découvre l'épaule de César — signal convenu entre les conjurés.
Le coup, porté au cou ou à l'épaule, déclenche aussitôt les autres coups.
Selon le médecin Antistius, rapporté par Suétone, un seul coup — le deuxième, au flanc — aurait été mortel. Une source unique, à traiter comme telle.
Il se voile la tête selon Plutarque. Les versions sur ses dernières paroles divergent fortement et ne s'accordent pas.
Ils s'y retranchent aussitôt après le meurtre, laissant le corps sur place.
Leurs poignards encore levés, les hommes qui ont frappé César ont traversé le Forum jusqu’au Capitole. De là-haut, ils se disent « libératores » et proclament la liberté rendue à Rome. La ville, elle, a fermé ses portes et retient son souffle.