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1939-1940 : la drôle de guerre

3 septembre 1939 – 9 mai 1940 · La France en guerre · Perspective Vu de France, au présent des dates, du 3 septembre 1939 au 9 mai 1940

À la une
Un soldat français du 151e régiment d’infanterie examine une affiche dans un bâtiment du village allemand de Lauterbach, occupé pendant l’offensive de la Sarre, le 9 septembre 1939.

Nos soldats ont passé la frontière : l’armée française avance en territoire allemand

Service Cinématographique des Armées, soldat français à Lauterbach (Sarre), 9 septembre 1939. Domaine public (PD-anon-70-EU), Wikimedia Commons.

Depuis quelques jours, des unités du 2e groupe d’armées ont franchi la frontière et progressent en territoire allemand, dans la région de la Sarre. C’est la première action offensive de notre armée à l’ouest depuis la déclaration de guerre. Mesure limitée ou début d’une grande poussée ? À cette heure, rien ne permet de trancher.

La rédaction 9 septembre 1939, 07h00 6 min
Guerre

La Pologne sous le choc de l’offensive allemande

Depuis le matin du 1er septembre, les armées du Reich ont franchi la frontière polonaise sur toute son étendue. Les dépêches qui nous parviennent, partielles et en retard, dessinent une attaque d’une rapidité et d’une violence inhabituelles, où l’aviation et les chars tiennent le premier rôle. La France et la Grande-Bretagne ont, depuis, déclaré la guerre à l’Allemagne. De la résistance que la Pologne pourra opposer, il est trop tôt pour rien dire.

5 septembre 1939, 08h00 6 min
Entretien

Le grand entretien du jour

La parole d’un acteur du moment, pour lire la crise depuis l’intérieur.

Le capitaine Henri Vasseur, commandant une compagnie d’infanterie, 2ᵉ groupe d’armées (personnage composite)

« On avance dans des villages où il ne reste personne » — entretien avec un capitaine du front de Sarre

Depuis le 7 septembre, des troupes françaises ont franchi la frontière et progressent en territoire allemand, dans le secteur de la Sarre. Un capitaine d’infanterie du 2ᵉ groupe d’armées, officier de carrière revenu pour quelques heures à l’arrière, a accepté de nous décrire cette première avance : les bourgs désertés qu’on occupe, les routes minées qu’il faut sonder, et l’étrange sentiment d’aller de l’avant sans savoir jusqu’où.

Capitaine, depuis quand vos hommes sont-ils passés de l’autre côté de la frontière ?

Nous avons franchi la limite le 7 au matin, voici deux jours. Quelques éléments de reconnaissance étaient allés tâter le terrain dès les premiers jours, après la déclaration de guerre ; mais le mouvement d’ensemble, l’avance proprement dite, c’est le 7 qu’il a commencé. On nous avait préparés, prévenus, regroupés ; et puis l’ordre est venu, et nous avons quitté nos positions pour aller de l’avant. Je vous dirai franchement : on attendait ce moment depuis le 3 septembre avec une sorte d’impatience nerveuse. Quand il est arrivé, ce ne fut pas l’élan qu’on imagine. Ce fut lent, prudent, méthodique. On ne se rue pas en territoire ennemi comme à la parade.

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9 septembre 193913 min
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