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1939-1940 : la drôle de guerre

3 septembre 1939 – 9 mai 1940 · La France en guerre · Perspective Vu de France, au présent des dates, du 3 septembre 1939 au 9 mai 1940

À la une
Portrait photographique de Paul Reynaud, président du Conseil, en 1940.

M. Paul Reynaud forme un gouvernement à courte majorité

Paul Reynaud en 1940. Auteur anonyme, photographie d’époque — domaine public (Wikimedia Commons).

Au lendemain de la démission de M. Daladier, c’est à M. Paul Reynaud que le président de la République a confié la présidence du Conseil. Investi cet après-midi par la Chambre, le nouveau cabinet ne tient, dit-on, qu’à une voix de majorité. M. Daladier conserve la Défense nationale. Le pays, en guerre depuis l’automne, se cherche un gouvernement de combat.

Notre rédaction 22 mars 1940, 20h00 5 min

De Daladier à Reynaud

La non-intervention en Finlande emporte le cabinet ; la Chambre cherche un gouvernement de combat.

Entretien

Le grand entretien du jour

La parole d’un acteur du moment, pour lire la crise depuis l’intérieur.

M. Paul Lalande, député radical-socialiste d’une circonscription de province

« La Chambre cherche un gouvernement de combat » : un député raconte les couloirs

Témoin des tractations qui ont suivi la chute de M. Daladier, M. Paul Lalande, député radical de province, a vécu de l’intérieur la journée du 22 mars et l’investiture arrachée de justesse par M. Reynaud. Il dit l’humeur de l’hémicycle, le poids de l’affaire de Finlande et l’attente, sur tous les bancs, d’une conduite plus vigoureuse de la guerre. Propos recueillis dans les couloirs du Palais-Bourbon.

On a dit la crise brutale. Comment a-t-on senti, dans la maison, que le gouvernement de M. Daladier était à bout de course ?

Cela ne s’est pas fait en un jour, croyez-moi. Depuis la fin de l’hiver, une gêne s’était installée. On la sentait dans les couloirs avant de l’entendre à la tribune : ce flottement qui prend une assemblée quand elle n’est plus sûre de suivre ceux qu’elle a portés. Le mercredi, lors du débat, beaucoup de mes collègues avaient le visage fermé. Ce n’était pas une bataille rangée, une de ces séances où l’on s’invective et où les choses sont claires ; c’était plus sourd, plus diffus. La confiance ne s’est pas retirée d’un coup, elle a fondu. Et quand un président du Conseil voit fondre sa majorité sans qu’on la lui arrache franchement, il sait que sa partie est jouée. M. Daladier l’a compris, je crois, et il a tiré les conséquences en remettant ses pouvoirs.

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22 mars 1940, 22h0011 min
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