Un habitant grec de Constantinople
Un Grec de Constantinople : « Vous avez pillé la ville de Dieu »
Quatre jours après la prise de la ville, nous avons recueilli, au milieu des rues encore pleines de fumée, la parole d’un habitant grec de Constantinople. Elle est celle des vaincus, et elle nous accuse. Il dit le sac, les églises dépouillées, la peur, du seul point de vue qui est le sien. Nous la rapportons telle quelle : c’est la voix de la partie adverse, non celle de notre gazette.
Vous vivez ici, dans cette ville. Qu’avez-vous vu depuis lundi ?J’ai vu la fin d’un monde. Vous appelez cela une victoire ; nous, nous l’appelons la ruine de la Reine des villes. Lundi, vos gens ont forcé les murs du côté du port, et l’empereur qui devait nous défendre s’est enfui dans la nuit. Le matin, il n’y avait plus personne pour commander la ville, et vos soldats étaient dedans. Depuis, trois jours durant, ils ont pris tout ce qui pouvait se prendre, et brisé le reste. Cette ville avait tenu neuf cents ans sans qu’un ennemi y entrât. Ce sont des chrétiens qui l’ont ouverte.
Lire l’entretien