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1202-1204 : la croisade détournée et le sac de Constantinople

Novembre 1202 – mai 1204 · Le sac de Constantinople · Perspective Vu du camp de la croisade, 13 avril 1204

À la une
Enluminure médiévale montrant un navire chargé de soldats casqués abordant les tours crénelées de Constantinople, avec des chevaliers armés à cheval à proximité des murailles.

L’assaut décisif depuis la Corne d’Or

Miniature de Geoffroi de Villehardouin, « La Conquête de Constantinople » (Bodleian Library, MS. Laud Misc. 587, fol. 1r, v. 1330) — domaine public (Wikimedia Commons).

Ce vendredi, un vent du nord s’est levé et a jeté nos nefs contre les murailles de la mer. Des ponts volants lancés du haut des mâts, une poignée des nôtres a pris pied sur deux tours, puis une brèche ouverte au bas du rempart a livré passage à nos gens ; le quartier des Blachernes est entre nos mains et un grand feu court dans la ville. À l’heure où nous écrivons, le soir tombe et nul, dans un camp comme dans l’autre, ne sait encore ce qu’il adviendra.

Geoffroi le clerc, avec l’ost 12 avril 1204 6 min
En direct Reconstitution

L'assaut de Constantinople depuis la Corne d'Or

Reconstitution des 12 et 13 avril 1204 d'après les récits de l'ost

Le vent tourne au nord et pousse nos nefs aux murs

Après le revers du 9, où le calme avait laissé les nefs loin du rivage, Dieu nous envoie ce matin un fort vent du nord. Il pousse la flotte des Vénitiens droit contre les remparts qui bordent la Corne d'Or, si près que les échelles peuvent désormais mordre sur les tours. Chacun y voit un signe.

Les nefs vénitiennes accostent les remparts maritimes

Les grandes nefs, liées deux à deux pour porter plus d'hommes, viennent border la muraille du côté du port. Sur les murs et les tours, les Grecs et leurs haches — la garde varègue, mercenaires du Nord au service de l'usurpateur — attendent de pied ferme. Les traits et les pierres pleuvent des deux bords.

Les ponts volants jetés des mâts sur les tours

Du haut des mâts des plus grandes nefs, les Vénitiens ont dressé des passerelles — nos gens les nomment ponts volants — qu'ils lancent d'un coup sur le sommet des tours. On dit que deux nefs liées ensemble, que l'on nomme le Paradis et la Pèlerine, sont les premières à s'accrocher ainsi à une tour du rempart.

Une poignée d'hommes force la première tour

On rapporte qu'une tour est enfin emportée : par le pont volant d'abord, puis par une poterne qu'une poignée de nos gens élargit à coups de pic pour s'y couler un à un. Ils ne seraient guère plus de soixante-dix à tenir ce premier point, cernés, avant que d'autres n'accourent les soutenir. Les noms de ces hardis courent déjà dans l'ost.

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De l’échec du 9 avril à la percée du 12

Le premier assaut repoussé, puis la manœuvre navale qui emporte les remparts de la Corne d'Or.

Corne d'Or, 12 avril 1204

Comment on prend une ville par la mer

Le dispositif de l'assaut lancé depuis la Corne d'Or : les nefs et huissiers vénitiens accostés flanc contre les remparts maritimes, des ponts volants jetés des mâts vers les tours pour y déverser les premiers hommes, droit sur le quartier des Blachernes.

Vent Vent du nord favorable

Le 12 avril, le vent pousse les nefs vénitiennes contre les remparts et fait la différence après l'échec du 9.

Flotte Nefs et huissiers vénitiens accostés aux tours

Les navires sont amarrés deux par deux pour porter plus haut les échelles et les ponts volants contre le chemin de ronde.

Ponts volants Passerelles jetées des mâts vers les tours

Suspendues au gréement, elles permettent de déverser des hommes directement sur le sommet des tours sans les escalader.

Premiers entrés ~70 hommes

Estimation composite tirée des récits ; aucun décompte fiable des tout premiers à prendre pied sur les tours.

Cible Quartier des Blachernes

Le secteur nord-ouest de l'enceinte maritime, le long de la Corne d'Or, concentre l'effort de l'assaut.

Confirmé

Premier assaut repoussé

Une première tentative contre les remparts de la Corne d'Or échoue ; les nefs ne parviennent pas à s'arrimer assez près des tours.

Confirmé

Vent favorable, second assaut

Le vent du nord se lève et pousse la flotte contre l'enceinte ; l'assaut est relancé sur le même secteur.

Confirmé

Ponts volants, tours prises

Les passerelles jetées depuis les mâts atteignent le sommet de plusieurs tours, où les premiers assaillants prennent pied.

Confirmé

Le feu est mis

Un incendie est allumé par les assaillants pour dégager leur progression et couvrir leur avance vers l'intérieur.

Rapporté

Issue encore incertaine

Les tours et un pan de rempart sont aux mains des croisés à la nuit tombée, mais le sort de la ville reste indécis à l'heure où ces lignes sont écrites.

Le dispositif (ponts volants, nefs accouplées) est reconstitué d'après les récits de participants, Villehardouin et Robert de Clari, partisans de l'entreprise franque.

Les chiffres (hommes, navires) sont des ordres de grandeur composites, jamais un décompte d'époque vérifiable.

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