Un chevalier picard de l’ost
Un chevalier picard : « On nous a menés assiéger des chrétiens »
Recueilli sous les murs de Constantinople, au lendemain de la mort d’Alexis, le témoignage d’un chevalier du rang venu de Picardie : la dette qui pèse sur l’ost depuis Venise, la solde qui manque, l’étrangeté d’être là, l’arme au poing, devant une cité chrétienne, et la Terre sainte qui recule encore.
Vous avez pris la croix. Pour aller où, au juste ?Pour la Terre sainte, pour Jérusalem, comme tout le monde. Voilà ce qu’on m’a prêché chez nous, voilà pourquoi j’ai vendu une part de ma terre et engagé le reste pour m’équiper, moi, mon cheval et mon valet. On ne m’a pas parlé de la Grèce. On ne m’a pas parlé de cette ville. Quand j’ai cousu la croix sur mon épaule, je croyais que je marcherais vers le Sépulcre. Et me voilà campé devant des murs de chrétiens, à des semaines de mer de là où je pensais aller. Comment cela s’est fait, je ne saurais vous l’expliquer par le menu : on nous a menés, et nous avons suivi.
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