Un chevalier de la petite noblesse d’Auvergne, présent au champ le 27 novembre
Un chevalier d’Auvergne, au sortir du champ : « J’ai plus senti la foule que compris les mots »
Hier, hors les murs de Clermont, une foule immense s’est pressée pour entendre le pape Urbain. Un homme d’armes du plat pays d’Auvergne, qui se tenait loin de l’estrade, a accepté de nous dire ce qu’il a saisi — la ferveur, le brouhaha, et ces paroles qui couraient de bouche en bouche sans que nul les arrête.
Où vous teniez-vous, hier, et qu’avez-vous vu ?Loin devant, il y avait l’estrade et les évêques, avec leurs chapes et leurs croix ; je n’en distinguais que les couleurs. Autour de moi, rien que des têtes, à perte de vue — des clercs, des chevaliers, des gens du menu peuple venus des bourgs voisins. On m’avait dit qu’il en était arrivé de toutes les terres de France pour ce concile, et je le crois volontiers : je n’ai jamais vu pareille foule, pas même aux grandes foires. On avait dressé le siège du pape en plein champ parce que nulle maison n’aurait tenu tant de monde. Je ne saurais vous dire combien nous étions : plusieurs milliers, à coup sûr, mais compter une telle presse, nul ne le peut.
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