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Novembre 1095 : l'appel de Clermont

18 – 28 novembre 1095 · L'appel de Clermont · Perspective Vu de Clermont, en Auvergne, fin novembre 1095

À la une
Le pape Urbain II prêchant devant une assemblée de clercs et de chevaliers, enluminure médiévale du concile de Clermont

Urbain II appelle les chevaliers à secourir les chrétiens d’Orient

Jean Colombe, « Urbain II prêchant au concile de Clermont », enluminure des Passages d'outremer de Sébastien Mamerot (v. 1474), BnF, ms. Français 5594, fol. 19r — domaine public (via Wikimedia Commons).

Hier, au terme du concile, le pape a parlé en plein champ à une foule que nulle église n’aurait contenue. Il a pressé la chevalerie de cesser ses querelles et de prendre la route de l’Orient, au secours des frères chrétiens pressés par les Turcs. À qui partira, il promet la rémission de ses péchés.

Gautier de Nevers, clerc, à Clermont 28 novembre 1095 6 min

De Manzikert à Plaisance : ce que l'Orient réclamait

Pourquoi ce sermon, et pour répondre à quoi ? Rétrospective du recul chrétien depuis Manzikert (1071) jusqu'à l'ambassade de Plaisance (mars 1095), carte à l'appui — et l'écart, laissé ouvert, entre ce que Byzance demandait (des renforts) et ce que le pape proclame (un pèlerinage armé), rapporté par un clerc informé venu de Plaisance.

Contexte — 1071-1095

Le recul chrétien en Orient, de Manzikert à Clermont

Vingt-quatre années de revers pour les chrétiens d'Orient, telles qu'on peut les reconstituer en Auvergne à la fin de novembre 1095 : la déroute des Grecs à Manzikert, la perte de l'Asie et de Jérusalem, puis l'appel de secours porté à Plaisance, huit mois avant le sermon de Clermont. Les dates et les frontières venues d'Orient nous parviennent lentes et brouillées ; elles valent en ordre de grandeur.

Défaite de Manzikert 1071

L'empereur des Grecs Romain IV Diogène est vaincu et capturé par le sultan seldjoukide Alp Arslan.

Ambassade de Plaisance mars 1095

Les envoyés de l'empereur Alexis Comnène réclament devant le pape des renforts militaires occidentaux contre les Turcs.

Départ fixé 15 août 1096

L'expédition annoncée à Clermont doit se mettre en route à la fête de l'Assomption de l'année prochaine.

Confirmé

Manzikert

L'armée byzantine écrasée aux confins d'Arménie ; l'empereur Romain IV Diogène fait prisonnier, puis écarté du trône à son retour.

Incertain

Jérusalem aux Turcs

Au fil des années 1070, les Seldjoukides prennent la Syrie-Palestine, dont Jérusalem ; la date exacte du changement de maître se rapporte diversement.

Confirmé

Alexis Comnène empereur

Monté sur le trône de Constantinople, il défend un empire amputé de la plus grande part de l'Asie et recourt de longue date à des combattants d'Occident.

Confirmé

Concile de Plaisance

Les ambassadeurs d'Alexis exposent le péril turc et demandent des renforts ; le pape exhorte les fidèles à secourir l'Orient chrétien.

Confirmé

Sermon de Clermont

Urbain II appelle la chevalerie d'Occident à marcher au secours de l'Orient et vers Jérusalem, avec remise de pénitence pour qui part par dévotion.

La date d'ouverture du concile de Clermont est incertaine (le 17 ou le 18 novembre selon les sources) ; seul le 27 novembre, jour du sermon, fait consensus.

Les dates des conquêtes turques en Orient ne nous parviennent qu'approximatives, par les pèlerins et les marchands de retour ; elles sont données en ordre de grandeur.

En novembre 1095, Jérusalem est tenue, du point de vue latin, pour être aux mains des Turcs — c'est ce qu'un contemporain d'Occident comprend de l'état de l'Orient.

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Le pape de Cluny et son légat

Deux portraits : Urbain II, moine de Cluny et pape de la réforme grégorienne, en lutte contre l'empereur Henri IV et l'antipape Clément III ; et Adhémar du Puy, l'évêque désigné légat, que la tradition dit premier à prendre la croix au pied de la tribune.

Raymond de Saint-Gilles adhère par ses envoyés

Dès le lendemain du sermon, le riche et vieux baron du Midi fait porter son adhésion. Le fait, et le portrait de Raymond de Saint-Gilles, premier grand seigneur à répondre.

La milice du siècle devient-elle celle du Christ ?

L'appel partage les esprits. Un clerc favorable y voit la milice du siècle devenue milice du Christ ; un chevalier d'Auvergne rapporte ses impressions encore flottantes au sortir du sermon ; un homme de peine avoue la tentation de la remise des péchés ; un moine sceptique rappelle que le vrai pèlerin porte un bourdon, non une épée.

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