Un homme de peine d’Auvergne, tenté par l’appel de Clermont
Un homme de peine devant l’appel de Clermont : « On me promet mes péchés lavés — mais qui gardera mon champ ? »
Depuis que la nouvelle de Clermont court les marchés d’Auvergne, l’appel du pape n’agite pas que les seigneurs et les gens d’armes. Il descend jusqu’aux plus pauvres, à qui l’on promet le pardon de leurs fautes. Nous avons recueilli, près de Riom, la parole d’un homme de peine tenté par le départ, et retenu par tout ce qu’il laisserait.
Comment la nouvelle de Clermont vous est-elle parvenue ?Par le marché, d’abord, comme tout ce qu’on apprend. On disait qu’à Clermont le pape en personne avait parlé devant une foule de gens d’Église et de barons, en plein champ hors les murs, tant l’assemblée était grande. Puis le prêtre l’a redit à l’église, à sa façon. Moi, je ne suis pas allé à Clermont ; ce sont des jours de marche et j’avais à faire. Mais il n’est pas un homme de chez nous qui n’en ait entendu parler cette semaine. On dit qu’à la fin de son discours la foule a crié d’une seule voix que Dieu le voulait.
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