Un clerc lettré, informé des débats du concile de Plaisance
Un familier du concile de Plaisance : « L’empereur des Grecs demandait des soldats, non un peuple en marche »
Au printemps dernier, à Plaisance, les envoyés de l’empereur Alexis Comnène ont réclamé devant le pape des renforts d’Occident contre les Turcs. Trois jours après l’appel lancé à Clermont, un clerc qui suivit ces débats accepte de rappeler ce qui y fut, mot pour mot, demandé — et de mesurer la distance avec ce que l’on vient de proclamer en Auvergne.
Vous étiez à Plaisance ce printemps. Qu’y a-t-on entendu, au juste ?J’y étais dans la suite d’un prélat, comme tant de clercs. La foule était telle qu’on siégea hors les murs, en plein champ, faute d’une église assez vaste : on parlait de deux cents évêques, et de milliers de prêtres et de laïcs autour. Au milieu de tant d’affaires d’Église, on vit paraître des envoyés de l’empereur des Grecs, Alexis Comnène. Ils vinrent devant le pape exposer la détresse des chrétiens d’Orient et demander secours. C’est de leur bouche que la chose fut portée à l’assemblée, et non d’un rêve ou d’une rumeur : des ambassadeurs en règle, parlant au nom de leur maître.
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