De l’escarmouche d’avant l’aube à la déroute de la fin d’après-midi : le fil de la rude journée livrée devant Castillon, où les gens du roi de France, retranchés sous le canon de maître Jean Bureau, ont reçu l’assaut de l’armée du sire Talbot venue de Bordeaux.
DépêcheProbable
Coup de main anglais sur le poste avancé du prieuré
Avant le point du jour, l’avant-garde de l’armée venue de Bordeaux est tombée sur le poste de francs-archers que les gens du roi tenaient un peu en avant de leur camp, du côté d’un établissement religieux. On dit le prieuré Saint-Laurent ; d’autres parlent du couvent des Carmes — la place exacte du choc se conte diversement et reste à fixer. Surpris au petit matin, les archers, plusieurs centaines dit-on, ont été rompus et dispersés ; les survivants se sont repliés en hâte sur le camp retranché, en repassant le ruisseau de la Lidoire.
FaitConfirmé
Le sire Talbot accourt en avant de son armée
Messire John Talbot, comte de Shrewsbury, qui mène les gens du roi d’Angleterre, est arrivé en hâte du côté de Libourne, devançant le gros de ses troupes encore en chemin. Il n’a près de lui qu’une partie de son monde, cavaliers et gens de pied ; le reste de l’armée et l’artillerie suivent à distance. On le dit résolu à ne pas laisser refroidir l’avantage du matin.
RumeurIncertain
On lui rapporte que les Français lèveraient le camp
Le bruit court dans les rangs anglais que les gens du roi de France abandonneraient leur camp et battraient en retraite : on aurait vu, dit-on, une grande poussière s’élever derrière les retranchements, signe qu’on plie bagage et qu’on s’éloigne. Faut-il s’y fier ? Rien n’est moins sûr : cette poussière pourrait n’être que celle des valets et des goujats que l’on renvoie à l’arrière avant l’affaire. Le sire Talbot, à ce qu’on rapporte, tient le camp pour à demi vide et veut frapper sans attendre le reste de ses forces.
DépêcheConfirmé
Assaut anglais sur le camp retranché de maître Bureau
Sur la foi de ce rapport, les Anglais ont porté l’assaut contre le parc retranché que maître Jean Bureau, maître de l’artillerie du roi, a fait dresser hors de la portée des canons de la place. Fossé, palissade et le talus du ruisseau en défendent les abords ; on y a réuni, dit-on, un grand nombre de bouches à feu de toutes tailles. Les gens de Talbot, mis pied à terre, sont venus se ruer contre les défenses au cri accoutumé, sans attendre que tout leur monde fût rangé.