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La reconquête de la Guyenne

juin 1451 – octobre 1453 · La reconquête de la Guyenne · Perspective Vu de la Dordogne, de Castillon et de Bordeaux, juillet–octobre 1453

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Enluminure de la bataille de Castillon (1453) — camp retranché français, canons et mêlée de cavalerie

Talbot est tombé devant Castillon

Anonyme, « Bataille de Castillon » (fol. 229v), in Martial d'Auvergne, Les Vigiles du roi Charles VII (vers 1484), BnF, Ms. Français 5054 — domaine public (Wikimedia Commons).

La nouvelle a mis huit jours à remonter de Guyenne, et l'on peine encore à la tenir pour vraie : devant Castillon, sur la Dordogne, le vieux Talbot a donné l'assaut au camp retranché du maître de l'artillerie Jean Bureau, et il y a péri avec son fils, le vicomte Lisle. Les bombardes ont fauché les assauts l'un après l'autre ; une charge de cavaliers bretons a achevé la déroute. Deux jours après, le château s'est rendu.

Notre correspondant aux nouvelles de Guyenne 26 juillet 1453, 08h00 6 min
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La journée de Castillon, heure par heure

De l’escarmouche d’avant l’aube à la déroute de la fin d’après-midi : le fil de la rude journée livrée devant Castillon, où les gens du roi de France, retranchés sous le canon de maître Jean Bureau, ont reçu l’assaut de l’armée du sire Talbot venue de Bordeaux.

Coup de main anglais sur le poste avancé du prieuré

Avant le point du jour, l’avant-garde de l’armée venue de Bordeaux est tombée sur le poste de francs-archers que les gens du roi tenaient un peu en avant de leur camp, du côté d’un établissement religieux. On dit le prieuré Saint-Laurent ; d’autres parlent du couvent des Carmes — la place exacte du choc se conte diversement et reste à fixer. Surpris au petit matin, les archers, plusieurs centaines dit-on, ont été rompus et dispersés ; les survivants se sont repliés en hâte sur le camp retranché, en repassant le ruisseau de la Lidoire.

Le sire Talbot accourt en avant de son armée

Messire John Talbot, comte de Shrewsbury, qui mène les gens du roi d’Angleterre, est arrivé en hâte du côté de Libourne, devançant le gros de ses troupes encore en chemin. Il n’a près de lui qu’une partie de son monde, cavaliers et gens de pied ; le reste de l’armée et l’artillerie suivent à distance. On le dit résolu à ne pas laisser refroidir l’avantage du matin.

On lui rapporte que les Français lèveraient le camp

Le bruit court dans les rangs anglais que les gens du roi de France abandonneraient leur camp et battraient en retraite : on aurait vu, dit-on, une grande poussière s’élever derrière les retranchements, signe qu’on plie bagage et qu’on s’éloigne. Faut-il s’y fier ? Rien n’est moins sûr : cette poussière pourrait n’être que celle des valets et des goujats que l’on renvoie à l’arrière avant l’affaire. Le sire Talbot, à ce qu’on rapporte, tient le camp pour à demi vide et veut frapper sans attendre le reste de ses forces.

Assaut anglais sur le camp retranché de maître Bureau

Sur la foi de ce rapport, les Anglais ont porté l’assaut contre le parc retranché que maître Jean Bureau, maître de l’artillerie du roi, a fait dresser hors de la portée des canons de la place. Fossé, palissade et le talus du ruisseau en défendent les abords ; on y a réuni, dit-on, un grand nombre de bouches à feu de toutes tailles. Les gens de Talbot, mis pied à terre, sont venus se ruer contre les défenses au cri accoutumé, sans attendre que tout leur monde fût rangé.

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