Un ecclésiastique attaché au service de la cour de France, présent à Blois (chanoine ou aumônier ; nom et charge tus à sa demande)
« On a versé le sang d’un prince de l’Église » — un homme d’Église devant le corps du cardinal
La mort du cardinal de Guise, mis à mort en sa geôle le lendemain de son frère, trouble les consciences ecclésiastiques de Blois. Un clerc de la cour, partagé entre sa fidélité au roi et l’effroi devant le sang d’un cardinal, a accepté de nous parler — de ce que l’Église tient pour un sacrilège, de la question du for qui se pose, et de ce qu’il n’ose encore imaginer des suites avec Rome.
Vous êtes prêtre, et vous servez le roi. Comment recevez-vous la nouvelle de la mort du cardinal de Guise ?Avec un trouble que je ne veux pas déguiser. J’ai prié cette nuit sans trouver le repos. Qu’un sujet trop puissant tombe sous la justice de son prince, cela s’est vu, et l’on peut en débattre. Mais le cardinal Louis de Lorraine n’était pas seulement un frère de la maison de Guise : il était archevêque de Reims, cardinal de la sainte Église romaine, revêtu de la pourpre par le souverain pontife. En sa personne, ce n’est pas un homme du roi que l’on a frappé, c’est un membre du Sacré Collège. Et cela, mon âme ne sait pas encore comment le porter.
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