Le cardinal de Guise exécuté à son tour
Au lendemain de la mort de son frère le duc, Louis de Lorraine, cardinal de Guise et archevêque de Reims, a été mis à mort ce jour dans sa geôle du château. On a versé le sang d'un prince de l'Église.
23-26 décembre 1588 · Le cardinal de Guise exécuté à son tour · Perspective Vu du château de Blois, 24 décembre 1588
Au lendemain de la mort de son frère le duc, Louis de Lorraine, cardinal de Guise et archevêque de Reims, a été mis à mort ce jour dans sa geôle du château. On a versé le sang d'un prince de l'Église.
Ce matin, au château de Blois, Henri de Lorraine, duc de Guise et lieutenant général du royaume, a été frappé à mort par des gentilshommes de la garde du roi, dans les appartements royaux où il se rendait pour le Conseil. Il est tombé au pied du lit du roi.
Les portraits du duc et du cardinal, et la garde des Quarante-Cinq.
Maître de Paris depuis les barricades de mai, lieutenant général du royaume depuis juillet, le chef de la maison de Lorraine gouvernait la Ligue et, à Blois même, semblait tenir le roi à sa merci. Le voici mort de la main de celui qu'il croyait avoir dompté.
Louis de Lorraine, cardinal-archevêque de Reims, vient de périr à son tour dans sa geôle, un jour après son frère le duc. Portrait de celui qui portait, à trente-trois ans, la tiare spirituelle d'une maison dont le duc portait l'épée.
On les voit depuis trois ans dans l'ombre du roi, l'épée toujours au côté. Mardi matin, au château de Blois, ce sont eux qui ont frappé le duc de Guise. Portrait d'une garde gasconne dont la fidélité, jusqu'ici discrète, vient d'éclater au grand jour.
Au lendemain de la mort du duc de Guise, ce ne sont pas seulement deux têtes qui sont tombées au château : le cardinal de Bourbon, l'archevêque de Lyon et plusieurs seigneurs proches de la Ligue ont été saisis et sont retenus. L'assemblée réunie à Blois depuis le 16 octobre se retrouve d'un coup sans figure pour la conduire.
Un officier fidèle à la couronne défend, à chaud, le coup porté au duc de Guise : non un crime, mais le geste d’un roi qui reprend sa propre maison. Tribune signée d’un homme du roi, que la rédaction publie sans la faire sienne.
La parole d’un acteur du moment, pour lire la crise depuis l’intérieur.
L’enchaînement du Conseil-prétexte à la destruction des corps, tel qu’on peut le reconstituer au soir du 24 décembre — les grands faits sont sûrs, le détail horaire l’est moins.
Une vingtaine de gentilshommes des Quarante-Cinq désignés ; huit, selon les récits, auraient porté les coups. Les chiffres varient.
Somme que les récits disent versée aux soldats soudoyés pour exécuter le cardinal, les Quarante-Cinq ayant récusé le sacrilège. Chiffre transmis, invérifié.
Le duc Henri de Guise le 23, son frère le cardinal le 24 — les deux têtes de la maison de Lorraine.
Des mises en garde circulent ; le duc les écarte. On lui prête le mot « Il n’osera pas » — propos rapporté.
Appelé au cabinet du roi, il est assailli par les Quarante-Cinq en traversant les appartements royaux et meurt au pied du lit royal.
Le cardinal de Guise, le cardinal de Bourbon et des députés ligueurs sont saisis.
Les Quarante-Cinq récusant le meurtre d’un cardinal, des soldats sont soudoyés pour l’exécuter dans sa geôle.
Les corps des deux frères sont brûlés et les cendres jetées à la Loire, pour n’en laisser aucun tombeau.