De la pointe du jour au déclin de la lumière, le récit, encore confus, d’une journée de sang dans la boue d’Artois
FaitConfirmé
Les deux ost rangés entre les bois, sur une terre noyée de pluie
Au lever du jour, les deux armées se font face dans un champ étroit resserré entre les bois d’Azincourt et de Tramecourt. La pluie tombée toute la nuit a détrempé les labours : le sol est un bourbier où le pied enfonce. L’ost du roi de France, le plus nombreux de loin, est rangé en plusieurs lignes profondes ; en face, les gens du roi d’Angleterre, en bien moindre nombre, tiennent le rétrécissement. On parle de plusieurs heures passées ainsi, les bannières déployées, sans qu’un coup soit porté.
DépêcheProbable
Les archers anglais plantent leurs pieux devant leur front
Devant leurs rangs, les archers du roi d’Angleterre ont fiché en terre des pieux taillés en pointe, inclinés vers l’ennemi, comme une haie hérissée. La manœuvre se voit de loin. Ces gens de trait, dit-on les plus nombreux de leur ost, se tiennent aux ailes et dans les taillis, prêts à décocher de biais sur quiconque s’avancera dans le couloir boueux.
FaitProbable
Ultimes pourparlers : ils n’aboutissent à rien
Des hérauts vont et viennent entre les deux camps. On rapporte que les Français réclament que le roi d’Angleterre renonce à la couronne de France, et que celui-ci, de son côté, demande le libre passage vers Calais. Aucune des parties ne cède. Les parlements se rompent ; chacun retourne à sa bannière. Le combat paraît désormais inévitable.
DépêcheProbable
L’Anglais avance le premier pour provoquer le tir
Voyant que les Français ne bougent pas, le roi d’Angleterre fait avancer tout son ost de quelque distance, jusqu’à mettre l’ennemi à portée d’arc, puis fait replanter les pieux. Aussitôt en place, ses archers ouvrent le tir. Une grêle de traits s’abat sur la première ligne française. La provocation porte : les Français s’ébranlent.
Le dispositif des deux armées au matin du 25 octobre, dans une plaine resserrée entre deux bois. Les nombres avancés varient fortement d'un témoin à l'autre : nous les donnons en fourchettes, sans rien trancher.
Armée de Francede 12 000 à plus de 30 000 hommes
Les estimations s'écartent grandement, certains avançant des chiffres bien plus hauts encore. Aucun décompte sûr ne nous est parvenu.
Armée anglaisede 6 000 à 9 000 hommes
Une troupe sensiblement moins nombreuse, où dominent les gens de trait. Le détail varie selon les sources.
Part des archers anglaisenviron les deux tiers
Les archers à l'arc long formeraient la majeure partie de l'armée du roi d'Angleterre — proportion rapportée, non vérifiée.
Largeur du champenv. 700 à 1 000 m
La clairière entre le bois d'Azincourt et celui de Tramecourt resserre le front et entrave le déploiement de la grande armée de France. Mesure approximative.
Rapporté
Déploiement
Les deux armées se rangent en bataille de part et d'autre de la clairière détrempée par les pluies.
Rapporté
Les pieux plantés
Les archers anglais fichent en terre des pieux aiguisés pour se garder d'une charge montée.
Rapporté
La charge brisée
La cavalerie française qui s'élance se heurte aux traits et aux pieux ; on la dit rejetée dans le désordre.
Rapporté
Assaut dans la boue
Les gens d'armes à pied avancent dans un sol lourd et gluant, gênés dans leurs mouvements ; l'avant-garde aurait été taillée en pièces.
Incertain
Prisonniers exécutés
On rapporte que le roi d'Angleterre, craignant un retour offensif, aurait fait mettre à mort une partie des captifs. L'ampleur en demeure inconnue.
Rapporté
Fin du combat
Le champ resté aux Anglais, les armes se taisent à la tombée de la nuit.