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Le désastre d'Azincourt

La guerre de Cent Ans · Édition d’Artois · Perspective La cour de France

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Enluminure médiévale de la bataille d'Azincourt : chevaliers en armure, archers et combattants à terre se mêlent dans une plaine, sous une bannière royale, devant un château.

La chevalerie de France anéantie près d’Azincourt

Anonyme, école anglaise, « Bataille d'Azincourt », St. Alban's Chronicle de Thomas Walsingham (vers 1422), Lambeth Palace Library, Londres — domaine public (Wikimedia Commons).

La nouvelle est parvenue à la cour ces derniers jours et elle accable : le jour de la Saint-Crépin, près du village d’Azincourt en Artois, l’ost du royaume a été écrasé par les gens du roi d’Angleterre, pourtant en moindre nombre. Le connétable est tombé, des princes du sang avec lui, d’autres sont emmenés captifs outre-Manche. Le bilan reste à dénombrer.

La rédaction des Échos du Passé 28 octobre 1415, 06h00 7 min
En direct Combats achevés — décompte des pertes encore incertain

Le choc des armées près d’Azincourt, heure par heure

De la pointe du jour au déclin de la lumière, le récit, encore confus, d’une journée de sang dans la boue d’Artois

Les deux ost rangés entre les bois, sur une terre noyée de pluie

Au lever du jour, les deux armées se font face dans un champ étroit resserré entre les bois d’Azincourt et de Tramecourt. La pluie tombée toute la nuit a détrempé les labours : le sol est un bourbier où le pied enfonce. L’ost du roi de France, le plus nombreux de loin, est rangé en plusieurs lignes profondes ; en face, les gens du roi d’Angleterre, en bien moindre nombre, tiennent le rétrécissement. On parle de plusieurs heures passées ainsi, les bannières déployées, sans qu’un coup soit porté.

Les archers anglais plantent leurs pieux devant leur front

Devant leurs rangs, les archers du roi d’Angleterre ont fiché en terre des pieux taillés en pointe, inclinés vers l’ennemi, comme une haie hérissée. La manœuvre se voit de loin. Ces gens de trait, dit-on les plus nombreux de leur ost, se tiennent aux ailes et dans les taillis, prêts à décocher de biais sur quiconque s’avancera dans le couloir boueux.

Ultimes pourparlers : ils n’aboutissent à rien

Des hérauts vont et viennent entre les deux camps. On rapporte que les Français réclament que le roi d’Angleterre renonce à la couronne de France, et que celui-ci, de son côté, demande le libre passage vers Calais. Aucune des parties ne cède. Les parlements se rompent ; chacun retourne à sa bannière. Le combat paraît désormais inévitable.

L’Anglais avance le premier pour provoquer le tir

Voyant que les Français ne bougent pas, le roi d’Angleterre fait avancer tout son ost de quelque distance, jusqu’à mettre l’ennemi à portée d’arc, puis fait replanter les pieux. Aussitôt en place, ses archers ouvrent le tir. Une grêle de traits s’abat sur la première ligne française. La provocation porte : les Français s’ébranlent.

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Infographie

Le champ d'Azincourt

Le dispositif des deux armées au matin du 25 octobre, dans une plaine resserrée entre deux bois. Les nombres avancés varient fortement d'un témoin à l'autre : nous les donnons en fourchettes, sans rien trancher.

Armée de France de 12 000 à plus de 30 000 hommes

Les estimations s'écartent grandement, certains avançant des chiffres bien plus hauts encore. Aucun décompte sûr ne nous est parvenu.

Armée anglaise de 6 000 à 9 000 hommes

Une troupe sensiblement moins nombreuse, où dominent les gens de trait. Le détail varie selon les sources.

Part des archers anglais environ les deux tiers

Les archers à l'arc long formeraient la majeure partie de l'armée du roi d'Angleterre — proportion rapportée, non vérifiée.

Largeur du champ env. 700 à 1 000 m

La clairière entre le bois d'Azincourt et celui de Tramecourt resserre le front et entrave le déploiement de la grande armée de France. Mesure approximative.

Rapporté

Déploiement

Les deux armées se rangent en bataille de part et d'autre de la clairière détrempée par les pluies.

Rapporté

Les pieux plantés

Les archers anglais fichent en terre des pieux aiguisés pour se garder d'une charge montée.

Rapporté

La charge brisée

La cavalerie française qui s'élance se heurte aux traits et aux pieux ; on la dit rejetée dans le désordre.

Rapporté

Assaut dans la boue

Les gens d'armes à pied avancent dans un sol lourd et gluant, gênés dans leurs mouvements ; l'avant-garde aurait été taillée en pièces.

Incertain

Prisonniers exécutés

On rapporte que le roi d'Angleterre, craignant un retour offensif, aurait fait mettre à mort une partie des captifs. L'ampleur en demeure inconnue.

Rapporté

Fin du combat

Le champ resté aux Anglais, les armes se taisent à la tombée de la nuit.

Les effectifs comme les pertes sont très débattus : nous les livrons en fourchettes et ne tenons aucun nombre pour assuré.

Les comptes des morts se contredisent : on annonce des pertes anglaises fort légères et des pertes françaises très lourdes, mais ces bilans, encore à chaud, sont à prendre avec la plus grande prudence.

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