L'attentat du 1er août au camp de Saint-Cloud, l'agonie du roi et son déroulé heure par heure : le direct du camp et la chronologie des trente-six heures qui vont de l'audience accordée au moine à la mort du souverain.
Le camp royal devant Paris, à la veille de l'assaut, suit heure par heure le sort du roi depuis qu'un religieux venu de la ville l'a frappé au matin du 1er août.
DépêcheConfirmé
Un religieux venu de Paris se présente au camp
Un moine jacobin arrivé de Paris se présente aux avant-postes du camp royal, disant porter des messages secrets destinés au roi. Il est arrêté par les gens de garde et conduit devant le procureur général Jacques de La Guesle, qui l'interroge. Rien dans sa mise ni ses propos ne le désigne pour suspect aux yeux de ceux qui le questionnent.
FaitConfirmé
Le moine obtient audience privée du roi
Muni d'une lettre présentée comme émanant d'Achille de Harlay, premier président du Parlement retenu prisonnier à Paris, le religieux est admis ce matin auprès du roi. Le roi, qui se lève à peine, le reçoit seul dans sa chambre, disposé à recueillir des nouvelles de ses partisans demeurés dans la ville assiégée.
FaitConfirmé
Le roi est frappé d'un coup de couteau
Sous prétexte de remettre au roi le message qu'il disait porter, le moine tire un couteau caché sur lui et le frappe au bas-ventre. Le roi crie et, dans le mouvement, arrache lui-même la lame de la plaie pour en frapper le visage de son agresseur. Les gens accourus à ses cris trouvent le roi blessé et le moine encore devant lui.
FaitConfirmé
L'assaillant tué sur place
Les gardes et gentilshommes présents transpercent le moine de leurs épées et jettent son corps par la fenêtre de la chambre. Mort sur l'heure, il ne pourra être interrogé sur les motifs de son geste ni sur ceux qui, le cas échéant, l'auraient poussé à l'accomplir.
De l’audience à la mort : trente-six heures à Saint-Cloud
Chronologie de la crise, du moine introduit au camp jusqu’à la mort du roi, avec les repères dynastiques connaissables à cette date. Les niveaux d’incertitude sont indiqués : ce qui est tenu pour sûr, ce qui n’est que rapporté.
Règne d’Henri III≈ 15 ans
Roi de France depuis 1574.
La maison de Valois sur le trônedepuis 1328
Avènement de Philippe VI, premier roi Valois.
Héritier direct du roiaucun
Le roi meurt sans fils ; la succession est ouverte et disputée.
Confirmé
Un moine se présente au camp
Un religieux jacobin venu de Paris, disant porter des secrets pour le roi, est conduit au procureur La Guesle.
Confirmé
Audience privée
Muni d’une lettre présentée comme du président de Harlay, le moine est reçu seul par le roi.
Confirmé
Le roi frappé
Le moine tire un couteau et frappe le roi au bas-ventre ; il est aussitôt tué par les gardes.
Rapporté
Blessure jugée bénigne, puis aggravation
Les chirurgiens espèrent d’abord la guérison ; dans la journée, les douleurs et la fièvre gagnent.
Rapporté
Navarre appelé et désigné
Se sachant perdu, le roi fait reconnaître Henri de Navarre pour successeur et demande le serment des seigneurs.
Confirmé
Mort du roi
Henri III meurt de sa blessure, le jour même où devait être donné l’assaut sur Paris.
Confirmé
L’armée se défait
Des gentilshommes catholiques quittent le camp ; l’assaut sur Paris est ajourné.
Deux voix du camp : un garde des Quarante-Cinq, qui raconte comment l'assassin fut reçu puis abattu, et le chirurgien qui a pansé la plaie et veillé le souverain jusqu'au bout.
Entretien
Le grand entretien du jour
La parole d’un acteur du moment, pour lire la crise depuis l’intérieur.
Le roi mort devant Paris, l'armée royale reste face à la ville ligueuse. État du siège, ouverture de la succession au profit du roi de Navarre, et la question brûlante que soulève sa foi : un prince réformé peut-il ceindre la couronne très chrétienne ?
Ce que Paris fête, ce que les provinces ignorent encore
Le 4 août, la mort du roi parvient dans Paris assiégée, qui l'accueille en liesse. La joie d'un bourgeois ligueur, et l'incertitude sur l'accueil que réserveront les provinces et les cours étrangères, où la nouvelle n'est pas encore arrivée.
Deux tribunes opposées sur le sens du coup de Saint-Cloud : tuer un roi, délivrance envoyée du Ciel pour les uns, crime que nul grief ne saurait laver pour les autres.