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Août 1589 : l’assassinat d’Henri III

1er - 4 août 1589 · Le roi est mort · Perspective Vu du camp royal de Saint-Cloud, 2 août 1589

À la une
Portrait d’Henri III, roi de France, en costume de cour, vers 1580

Le roi est mort cette nuit à Saint-Cloud

François Quesnel, « Portrait d’Henri III (1551-1589), roi de France » (vers 1580), musée Carnavalet, Paris — domaine public (Wikimedia Commons).

Contre l'espoir d'hier, la blessure du roi s'est envenimée dans la journée et la nuit. Henri III s'est éteint vers deux ou trois heures du matin, sans enfant de son sang. Se sachant perdu, il a fait venir le roi de Navarre et enjoint aux seigneurs présents de le tenir pour son successeur. Le camp est frappé de stupeur ; l'assaut prévu ce matin sur Paris est suspendu.

Guillaume Danès 2 août 1589 6 min

Saint-Cloud : le coup de couteau, puis la mort

L'attentat du 1er août au camp de Saint-Cloud, l'agonie du roi et son déroulé heure par heure : le direct du camp et la chronologie des trente-six heures qui vont de l'audience accordée au moine à la mort du souverain.

En direct Le roi est mort

Direct — Saint-Cloud, 1er-2 août 1589 : le roi frappé, puis emporté

Le camp royal devant Paris, à la veille de l'assaut, suit heure par heure le sort du roi depuis qu'un religieux venu de la ville l'a frappé au matin du 1er août.

Un religieux venu de Paris se présente au camp

Un moine jacobin arrivé de Paris se présente aux avant-postes du camp royal, disant porter des messages secrets destinés au roi. Il est arrêté par les gens de garde et conduit devant le procureur général Jacques de La Guesle, qui l'interroge. Rien dans sa mise ni ses propos ne le désigne pour suspect aux yeux de ceux qui le questionnent.

Le moine obtient audience privée du roi

Muni d'une lettre présentée comme émanant d'Achille de Harlay, premier président du Parlement retenu prisonnier à Paris, le religieux est admis ce matin auprès du roi. Le roi, qui se lève à peine, le reçoit seul dans sa chambre, disposé à recueillir des nouvelles de ses partisans demeurés dans la ville assiégée.

Le roi est frappé d'un coup de couteau

Sous prétexte de remettre au roi le message qu'il disait porter, le moine tire un couteau caché sur lui et le frappe au bas-ventre. Le roi crie et, dans le mouvement, arrache lui-même la lame de la plaie pour en frapper le visage de son agresseur. Les gens accourus à ses cris trouvent le roi blessé et le moine encore devant lui.

L'assaillant tué sur place

Les gardes et gentilshommes présents transpercent le moine de leurs épées et jettent son corps par la fenêtre de la chambre. Mort sur l'heure, il ne pourra être interrogé sur les motifs de son geste ni sur ceux qui, le cas échéant, l'auraient poussé à l'accomplir.

Ouvrir le direct complet
Saint-Cloud, 31 juillet - 2 août 1589

De l’audience à la mort : trente-six heures à Saint-Cloud

Chronologie de la crise, du moine introduit au camp jusqu’à la mort du roi, avec les repères dynastiques connaissables à cette date. Les niveaux d’incertitude sont indiqués : ce qui est tenu pour sûr, ce qui n’est que rapporté.

Règne d’Henri III ≈ 15 ans

Roi de France depuis 1574.

La maison de Valois sur le trône depuis 1328

Avènement de Philippe VI, premier roi Valois.

Héritier direct du roi aucun

Le roi meurt sans fils ; la succession est ouverte et disputée.

Confirmé

Un moine se présente au camp

Un religieux jacobin venu de Paris, disant porter des secrets pour le roi, est conduit au procureur La Guesle.

Confirmé

Audience privée

Muni d’une lettre présentée comme du président de Harlay, le moine est reçu seul par le roi.

Confirmé

Le roi frappé

Le moine tire un couteau et frappe le roi au bas-ventre ; il est aussitôt tué par les gardes.

Rapporté

Blessure jugée bénigne, puis aggravation

Les chirurgiens espèrent d’abord la guérison ; dans la journée, les douleurs et la fièvre gagnent.

Rapporté

Navarre appelé et désigné

Se sachant perdu, le roi fait reconnaître Henri de Navarre pour successeur et demande le serment des seigneurs.

Confirmé

Mort du roi

Henri III meurt de sa blessure, le jour même où devait être donné l’assaut sur Paris.

Confirmé

L’armée se défait

Des gentilshommes catholiques quittent le camp ; l’assaut sur Paris est ajourné.

Les derniers mots du roi divergent selon les mémorialistes : aucun verbatim n’est arrêté ici.

L’assassin ayant été tué sur place, aucun commanditaire n’est établi : les soupçons qui circulent ne sont que rumeurs.

La médecine du temps ne « diagnostique » pas la cause de la mort ; on parle de corruption des entrailles et de gangrène.

Ceux qui ont veillé le roi

Deux voix du camp : un garde des Quarante-Cinq, qui raconte comment l'assassin fut reçu puis abattu, et le chirurgien qui a pansé la plaie et veillé le souverain jusqu'au bout.

Entretien

Le grand entretien du jour

La parole d’un acteur du moment, pour lire la crise depuis l’intérieur.

Entretien

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Une couronne sans titulaire assuré

Le roi mort devant Paris, l'armée royale reste face à la ville ligueuse. État du siège, ouverture de la succession au profit du roi de Navarre, et la question brûlante que soulève sa foi : un prince réformé peut-il ceindre la couronne très chrétienne ?

Ce que Paris fête, ce que les provinces ignorent encore

Le 4 août, la mort du roi parvient dans Paris assiégée, qui l'accueille en liesse. La joie d'un bourgeois ligueur, et l'incertitude sur l'accueil que réserveront les provinces et les cours étrangères, où la nouvelle n'est pas encore arrivée.

Entretien

Le grand entretien du jour

La parole d’un acteur du moment, pour lire la crise depuis l’intérieur.

Analyse

Provinces, cours étrangères : ce que l’on ignore encore de l’accueil fait à la nouvelle

Trois jours après la mort du roi, la nouvelle n'a pas fini de se répandre dans le royaume, et n'a pas même commencé, pour la plupart, à franchir les frontières. Un pays coupé par la guerre, des courriers qui doivent contourner les villes tenues par la Ligue, des cours étrangères qui n'ont peut-être pas encore appris la chose : ce que Rome, Madrid, Londres ou les princes d'Allemagne en penseront demeure, à cette heure, une question sans réponse.

4 août 1589 5 min

Régicide sacrilège ou délivrance ?

Deux tribunes opposées sur le sens du coup de Saint-Cloud : tuer un roi, délivrance envoyée du Ciel pour les uns, crime que nul grief ne saurait laver pour les autres.

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