Suivi continu de la crise, de l’explosion à bord dans la nuit du 13 au 14 avril 1970 jusqu’au terme de la rentrée, le 17 avril. Heures données en temps universel (TU).
FaitConfirmé
« Okay, Houston, we’ve had a problem here » : une secousse et des alarmes à bord
Une détonation sourde, puis une secousse, ont été ressenties à bord d’Apollo 13, à plus de cinquante-cinq heures de vol et quelque 320 000 kilomètres de la Terre. Plusieurs alarmes se sont allumées au tableau. C’est le pilote du module de commande, John Swigert, qui a transmis le premier au sol : « Okay, Houston, we’ve had a problem here » — « Bon, Houston, nous avons eu un problème. » Le commandant James Lovell a aussitôt repris le message pour le confirmer, signalant une chute de tension sur le bus principal B.
FaitConfirmé
Le réservoir d’oxygène n°2 chute ; deux piles à combustible lâchent
Les cadrans confirment l’alarme : la pression du réservoir d’oxygène n°2 du module de service s’effondre, indiquant zéro. Deux des trois piles à combustible, qui tirent de l’oxygène et de l’hydrogène le courant et l’eau du bord, ont cessé de débiter. C’est tout le système électrique et vital du vaisseau de commande qui se trouve menacé. Le sol et l’équipage cherchent dans l’urgence à isoler la panne et à préserver ce qui peut l’être.
DépêcheProbable
Lovell aperçoit un gaz qui s’échappe du vaisseau
Du hublot, le commandant Lovell rapporte voir « un gaz de je ne sais quelle nature » s’échapper du vaisseau et se disperser dans l’espace. La fuite, si elle se confirme, expliquerait l’effondrement des pressions relevées au tableau. Nul, à cette heure, ne peut dire ce qui a cédé ni pourquoi : on constate les effets, on en ignore la cause.
Note de la rédactionConfirmé
Plus de Lune : il s’agit désormais de ramener trois hommes
L’ampleur de l’avarie change la nature de la mission. L’alunissage prévu dans la région de Fra Mauro n’est plus à l’ordre du jour : on ne descendra pas sur la Lune. Tout l’effort du sol et de l’équipage se reporte sur une seule question, désormais ouverte — comment rapporter sur Terre Lovell, Swigert et Haise, à bord d’un vaisseau privé d’une part de son énergie et de son oxygène.
Quatre jours plus tôt, Apollo 13 s’arrachait de Floride, cap sur les hauteurs lunaires de Fra Mauro. Rappel de l’équipage — et de l’absent, Mattingly, écarté à la veille du départ — et du plan de vol que l’avarie vient de réduire à néant.
Le plan de vol tel qu’il est annoncé au départ : rejoindre la Lune, poser le module Aquarius dans les hauteurs de Fra Mauro, y séjourner pour récolter des roches anciennes, puis revenir et amerrir dans le Pacifique. Les dates au-delà du décollage sont prévisionnelles.
Confirmé
Décollage & orbite terrestre
Saturn V (SA-508) depuis le pas de tir 39A du Centre spatial Kennedy ; mise sur orbite de parking autour de la Terre.
Confirmé
Injection translunaire
Rallumage du 3e étage : l’ensemble quitte l’orbite terrestre et s’engage vers la Lune ; extraction du module lunaire Aquarius.
Rapporté
Croisière vers la Lune
Traversée de l’espace cislunaire, corrections de trajectoire, transmissions vers la Terre.
Rapporté
Mise en orbite lunaire (prévue)
Freinage derrière la Lune pour se placer en orbite autour de notre satellite.
Rapporté
Descente vers Fra Mauro (prévue)
Lovell et Haise devaient passer dans Aquarius et descendre vers les hauteurs de Fra Mauro, tandis que Swigert restait à bord d’Odyssey.
Rapporté
Séjour & exploration (prévus)
Deux sorties au sol étaient prévues pour récolter des roches plus anciennes que celles rapportées jusqu’ici.
Rapporté
Remontée, retour & amerrissage (prévus)
Remontée d’Aquarius, rendez-vous avec Odyssey, injection vers la Terre et amerrissage dans le Pacifique.
Aquarius, canot de sauvetage
Le module lunaire détourné pour sauver l’équipage
Le module de service est hors d’usage : c’est dans Aquarius, conçu pour se poser sur la Lune, que les trois hommes se réfugient. Comment Houston en a fait un canot, et ce que ses réserves doivent désormais tenir.
Conçu pour déposer deux hommes deux jours sur la Lune, le module lunaire Aquarius doit désormais maintenir trois hommes en vie pendant près de quatre jours, le temps du retour. Voici ce que cela exige de ses réserves.
Conçu pour2 hommes · ~2 jours
Autonomie prévue du module lunaire pour son rôle d’origine, l’alunissage.
Doit assurer3 hommes · ~4 jours
Le temps nécessaire pour ramener l’équipage jusqu’à la Terre.
ÉnergieBatteries rationnées
Tout l’équipement non indispensable est coupé pour préserver les batteries, réservées aux manœuvres et à la rentrée.
Eau≈ 0,2 L / homme / jour
Ration drastique ; l’eau sert aussi à refroidir les équipements.
Gaz carboniqueFiltres inadaptés
Les cartouches du module de commande ne s’ajustent pas aux logements du module lunaire : un filtre de fortune doit être bricolé.
Entretien
Le grand entretien du jour
La parole d’un acteur du moment, pour lire la crise depuis l’intérieur.
Plutôt que de faire demi-tour, la trajectoire de retour libre fait passer Apollo 13 derrière la Lune avant de le renvoyer vers la Terre. Le tracé de cette longue boucle et les manœuvres qu’elle impose.
Privée du moteur du module de service, la mission ne fait pas demi-tour : elle contourne la Lune par la trajectoire de retour libre, puis le moteur du module lunaire accélère la chute vers la Terre. Les dernières étapes — rentrée et amerrissage — restent à accomplir.
Confirmé
Retour sur la trajectoire libre
Allumage du moteur de descente d’Aquarius (~34 s) pour replacer le vaisseau sur une trajectoire qui le ramène vers la Terre après avoir contourné la Lune.
Confirmé
Survol de la face cachée
Apollo 13 passe derrière la Lune, plus loin de la Terre qu’aucun équipage avant lui ; les communications sont coupées le temps du passage.
Confirmé
Allumage « PC+2 »
Deux heures après le survol, nouvel allumage du moteur du module lunaire (~4 min) pour accélérer le retour et viser le Pacifique.
Rapporté
Corrections de cap
Petits ajustements manuels pour viser le couloir de rentrée.
Rapporté
Rentrée & amerrissage (visés)
Largage des modules, rentrée atmosphérique sous bouclier thermique, parachutes et amerrissage dans le Pacifique — étapes encore à accomplir.
Survivre à bord
Le froid, la soif, l’air vicié
Dans l’habitacle glacé d’Aquarius, l’eau est comptée et le gaz carbonique s’accumule. Récit heure par heure de la vie à bord, et entretien avec un ingénieur sur le filtre de fortune dicté depuis le sol.