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Avril 1970 : le sauvetage d’Apollo 13

11-17 avril 1970 · Le sauvetage d’Apollo 13 · Perspective Vu de la Terre, de Houston au cap Kennedy, avril 1970

À la une
Le module de service d’Apollo 13, un panneau entier arraché, photographié après son largage, dérivant dans le vide spatial, 17 avril 1970.

L’heure de vérité : Apollo 13 vers la rentrée, le sort des trois hommes en jeu

NASA / Johnson Space Center, « View of the damaged Apollo 13 Service Module » (17 avril 1970) — domaine public (Wikimedia Commons).

C’est aujourd’hui, dans les heures qui viennent, que se joue le retour de Lovell, Swigert et Haise. Réveil du module Odyssey laissé pour mort, largage du module de service, abandon du canot Aquarius, puis la plongée dans l’atmosphère et son redoutable silence radio : chaque manœuvre est une première, tentée sans filet. Nul, ce matin, ne peut dire comment elle finira.

La rédaction 17 avril 1970, 11h00 8 min
En direct Direct ouvert — nuit du 13 au 14 avril 1970 (heures en TU)

En direct — Apollo 13, l’avarie et la longue route du retour

Suivi continu de la crise, de l’explosion à bord dans la nuit du 13 au 14 avril 1970 jusqu’au terme de la rentrée, le 17 avril. Heures données en temps universel (TU).

« Okay, Houston, we’ve had a problem here » : une secousse et des alarmes à bord

Une détonation sourde, puis une secousse, ont été ressenties à bord d’Apollo 13, à plus de cinquante-cinq heures de vol et quelque 320 000 kilomètres de la Terre. Plusieurs alarmes se sont allumées au tableau. C’est le pilote du module de commande, John Swigert, qui a transmis le premier au sol : « Okay, Houston, we’ve had a problem here » — « Bon, Houston, nous avons eu un problème. » Le commandant James Lovell a aussitôt repris le message pour le confirmer, signalant une chute de tension sur le bus principal B.

Le réservoir d’oxygène n°2 chute ; deux piles à combustible lâchent

Les cadrans confirment l’alarme : la pression du réservoir d’oxygène n°2 du module de service s’effondre, indiquant zéro. Deux des trois piles à combustible, qui tirent de l’oxygène et de l’hydrogène le courant et l’eau du bord, ont cessé de débiter. C’est tout le système électrique et vital du vaisseau de commande qui se trouve menacé. Le sol et l’équipage cherchent dans l’urgence à isoler la panne et à préserver ce qui peut l’être.

Lovell aperçoit un gaz qui s’échappe du vaisseau

Du hublot, le commandant Lovell rapporte voir « un gaz de je ne sais quelle nature » s’échapper du vaisseau et se disperser dans l’espace. La fuite, si elle se confirme, expliquerait l’effondrement des pressions relevées au tableau. Nul, à cette heure, ne peut dire ce qui a cédé ni pourquoi : on constate les effets, on en ignore la cause.

Plus de Lune : il s’agit désormais de ramener trois hommes

L’ampleur de l’avarie change la nature de la mission. L’alunissage prévu dans la région de Fra Mauro n’est plus à l’ordre du jour : on ne descendra pas sur la Lune. Tout l’effort du sol et de l’équipage se reporte sur une seule question, désormais ouverte — comment rapporter sur Terre Lovell, Swigert et Haise, à bord d’un vaisseau privé d’une part de son énergie et de son oxygène.

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Entretien

Le grand entretien du jour

La parole d’un acteur du moment, pour lire la crise depuis l’intérieur.

Un ingénieur des systèmes environnementaux et de survie de la NASA (voix de fonction, non nominative)

« Maintenir trois hommes en vie là-haut, c’est compter chaque goutte et chaque souffle »

À l’heure où Lovell, Swigert et Haise approchent de la Terre dans leur module lunaire transformé en canot de sauvetage, qui dira ce que c’est que de tenir trois vies sur des réserves prévues pour deux ? Pour le comprendre, faute de pouvoir interroger les responsables accaparés par la manœuvre, nous avons reconstruit cet entretien avec une voix de fonction : un ingénieur des systèmes de survie de la NASA. Les propos qui suivent sont une mise en situation éditoriale, fidèle aux contraintes techniques connues ce matin.

Au plus simple : qu’est-ce qui maintient en vie un homme dans une cabine fermée, et qu’est-ce qui menace de manquer à bord d’Aquarius ?

Trois choses, et toujours les mêmes. Il faut de l’oxygène à respirer ; il faut retirer le gaz carbonique que les poumons rejettent, sans quoi l’air devient un poison ; et il faut de l’eau, pour les hommes et, plus encore qu’on ne l’imagine, pour refroidir les appareils. Ajoutez l’électricité, qui commande tout le reste, et la chaleur, sans laquelle un corps s’épuise. Or le module lunaire a été dessiné pour deux hommes et pour deux jours posés sur la Lune. On lui demande aujourd’hui d’en porter trois pendant près de quatre jours. Chaque réserve a donc été calculée trop courte, et il faut, depuis le sol, gagner de la marge sur chacune.

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17 avril 1970, 09h0012 min
La route du retour

Contourner la Lune pour rentrer

Privée du moteur du module de service, la mission ne fait pas demi-tour : elle contourne la Lune par la trajectoire de retour libre, puis le moteur du module lunaire accélère la chute vers la Terre. Les dernières étapes — rentrée et amerrissage — restent à accomplir.

Confirmé

Retour sur la trajectoire libre

Allumage du moteur de descente d’Aquarius (~34 s) pour replacer le vaisseau sur une trajectoire qui le ramène vers la Terre après avoir contourné la Lune.

Confirmé

Survol de la face cachée

Apollo 13 passe derrière la Lune, plus loin de la Terre qu’aucun équipage avant lui ; les communications sont coupées le temps du passage.

Confirmé

Allumage « PC+2 »

Deux heures après le survol, nouvel allumage du moteur du module lunaire (~4 min) pour accélérer le retour et viser le Pacifique.

Rapporté

Corrections de cap

Petits ajustements manuels pour viser le couloir de rentrée.

Rapporté

Rentrée & amerrissage (visés)

Largage des modules, rentrée atmosphérique sous bouclier thermique, parachutes et amerrissage dans le Pacifique — étapes encore à accomplir.

Trajectoire reconstituée d’après les communiqués de la NASA, avril 1970.

Les étapes du 17 avril sont prévisionnelles ; leur issue reste à confirmer.

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