Le module lunaire Eagle se sépare de Columbia et entame sa descente vers la Mer de la Tranquillité. Nous suivons minute par minute, heures en Temps universel, ce que les liaisons radio et le commentaire de Houston nous laissent saisir d’une manœuvre encore jamais tentée.
FaitConfirmé
Eagle se sépare de Columbia
Les deux astronautes du module lunaire, Armstrong et Aldrin, viennent de larguer leur vaisseau d’atterrissage Eagle du module de commande Columbia, où demeure seul Michael Collins. Les deux engins poursuivent pour l’instant la même orbite autour de la Lune ; Collins inspecte Eagle au passage et n’y signale rien d’anormal. La grande manœuvre — la descente vers le sol lunaire — n’a pas encore commencé.
FaitConfirmé
Début de la descente motorisée
Le moteur de descente d’Eagle vient de s’allumer pour freiner le module et l’arracher à son orbite : c’est le début de la descente motorisée, l’irréversible. À partir de cet instant, le moteur doit fonctionner sans faiblir jusqu’au sol. Houston confirme l’allumage et annonce une trajectoire conforme. Nul, ici, ne respire tout à fait : aucun homme n’a jamais conduit pareille descente.
DépêcheIncertain
Alarme « 1202 » : l’ordinateur déborde
Une alarme retentit à bord : le code « 1202 ». À ce que l’on comprend des échanges, le calculateur d’Eagle est saturé, surchargé de tâches au plus mauvais moment. Armstrong demande aussitôt à Houston ce qu’il en est. Après quelques secondes — qui paraissent longues — le sol tranche : on poursuit, l’alarme n’empêche pas la descente. Nous rapportons la chose telle qu’elle nous parvient, sans pouvoir en mesurer encore la gravité.
DépêcheIncertain
Nouvelle alarme « 1201 » — on continue
Le calculateur déborde de nouveau : cette fois le code « 1201 ». Même surcharge, même décision au sol : Houston répète que l’on peut poursuivre, que ces alarmes ne commandent pas d’interrompre la descente. Eagle continue de tomber vers la Lune, l’équipage gardant son sang-froid au milieu de ces sonneries répétées. On ignore encore ce qui surcharge ainsi la machine.
Où Eagle doit se poser : la Mer de la Tranquillité
Le site visé sur la face visible de la Lune — une plaine basaltique du sud-ouest de la Mer de la Tranquillité, baptisée « Base de la Tranquillité » par l’équipage.
Corps célesteLune (face visible)
Le site est sur la face de la Lune tournée vers la Terre, ce qui permet les liaisons en direct.
RégionMer de la Tranquillité
Mare Tranquillitatis, bordure sud-ouest : vaste plaine sombre choisie pour sa relative platitude.
Coordonnées lunaires≈ 0°40′ N — 23°28′ E
Latitude et longitude rendues publiques par la NASA ; le pilotage final ajuste le point de pose selon le terrain.
Nom donné par l’équipageBase de la Tranquillité
« Tranquility Base » — l’appellation employée par les astronautes une fois Eagle posé.