Le siège d'Antioche : la place, les forts francs, le camp de Kerbogha
La place telle qu'un homme de l'ost la voit après huit mois de siège : une immense enceinte à tours innombrables épousant les pentes du mont Silpius, la citadelle au sommet, l'Oronte au pied et le port de Saint-Siméon pour seul débouché sur la mer. La ville nous est ouverte depuis la nuit où une tour fut livrée ; mais la citadelle tient encore au-dessus de nos têtes, et l'armée de Mossoul nous a fermés à notre tour dans les murs que nous venons de prendre. Carte schématique, dressée d'après ce que l'on connaît de la place.
L'enceinte et le mont SilpiusUne muraille à tours sans nombre, sur les pentes
La ville tient dans une longue muraille hérissée de plusieurs centaines de tours, qui descend des hauteurs du mont Silpius jusqu'à l'Oronte. Sa seule étendue interdit de la clore tout entière : les portes n'ont jamais pu être toutes bloquées.
La citadelleAu sommet, non prise
Au faîte du mont, la citadelle domine la ville et la plaine. Elle n'est pas tombée avec la cité : le fils du gouverneur, Shams ad-Daula, la tient encore au-dessus de nous. Qui la tient commande la place par le haut.
L'Oronte et le Pont de FerLe fleuve et son pont fortifié, à l'est
L'Oronte coule au pied de la ville. En amont, le Pont de Fer, ouvrage à deux tours servant de péage, fut forcé à notre arrivée (20-21 octobre) : c'est par là que l'ost déboucha dans la plaine d'Antioche.
Le port de Saint-SiméonLa voie de mer, à quelques lieues
À l'embouchure de l'Oronte, le port de Saint-Siméon relie l'ost à la mer. C'est par lui qu'au printemps une flotte apporta bois, fer et cordages pour les machines et les forts ; la route du port au camp, courte mais exposée, a coûté des hommes.
La tour livréeUne tour du rempart sud, ouverte de l'intérieur
La ville ne fut pas emportée de vive force mais par une tour du front sud, que l'on dit des Deux Sœurs, livrée de nuit par un homme de la garnison. Bohémond y monta le premier ; les portes s'ouvrirent ensuite. Pourquoi cet homme a-t-il ouvert, nul au camp ne le sait au juste.
Les forts francsLa Mahomerie et le fort de Tancrède
Pour étrangler les portes, l'ost éleva des ouvrages de blocage : La Mahomerie devant la porte du Pont, tenue par Raymond de Saint-Gilles, et un fort confié à Tancrède devant la porte Saint-Georges, à l'ouest ; au nord, dès l'automne, le Malregard des gens de Bohémond.
Le camp de KerboghaL'armée de Mossoul, devant les murs
Depuis la prise, la grande armée de Kerbogha, atabeg de Mossoul, s'est rangée devant la ville et nous y assiège à notre tour. On la dit très nombreuse ; nul n'en peut donner le compte, et la peur enfle les nombres.
La cathédrale Saint-PierreAu cœur de la ville, siège de l'apôtre
Au centre de la cité, la vieille église de saint Pierre, rendue au culte depuis la prise. C'est sous son sol qu'a été exhumée, ces jours-ci, la pointe de fer que beaucoup tiennent pour la sainte Lance.
Confirmé
L'ost paraît devant Antioche
Après Nicée et Dorylée, l'armée force le Pont de Fer sur l'Oronte et campe devant la place. L'assaut direct est jugé impossible : on met le siège.
Confirmé
Famine, désertions, deux secours repoussés
La faim et le froid déciment le camp. Une sortie du gouverneur (fin décembre) est repoussée ; une première armée de secours venue de Damas est refoulée près de Harenc.
Confirmé
La bataille du lac d'Antioche
Une seconde armée de secours, celle de Ridwan d'Alep, est disloquée entre le fleuve et le lac par la cavalerie de l'ost.
Rapporté
Une flotte à Saint-Siméon, les forts s'élèvent
Du bois et du fer arrivent par mer ; l'ost dresse La Mahomerie et le fort de Tancrède pour verrouiller les portes.
Confirmé
Antioche prise par une tour livrée
Un homme de la garnison ouvre une tour du front sud ; Bohémond entre, la ville tombe dans un sac sans distinction. La citadelle, au sommet, résiste.
Confirmé
Kerbogha ferme la ville à son tour
À peine maîtres de la place, les croisés y sont assiégés par l'armée de Mossoul. La famine recommence dans les murs.
Incertain
La pointe de fer exhumée sous Saint-Pierre
Un pèlerin provençal, guidé par ses visions, fait creuser dans la cathédrale et en tire une lance, remise à Raymond de Saint-Gilles. L'ost en est relevé ; d'autres en doutent.
Croire ou douter
La Lance du Christ nous a-t-elle sauvés ?
Deux voix aux mêmes heures : un clerc provençal qui porte la ferveur de la relique, une tribune sceptique qui rappelle le doute du légat Adhémar.