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1291 : la chute d'Acre et la fin d'Outremer

Avril – août 1291 · La chute d'Acre · Perspective Vu de la ville assiégée, 18 mai 1291

À la une
Carte gravée de la Terre sainte et de sa côte, quadrillée et couverte de toponymes latins, avec la mer figurée en bas par des hachures.

La côte se vide

Pietro Vesconte, carte de la Terre sainte dressée pour Marino Sanudo, Liber secretorum fidelium crucis (v. 1320) — reproduction gravée parue dans Jacques Bongars, Gesta Dei per Francos (1611) — domaine public (Wikimedia Commons).

De semaine en semaine, les places du rivage se dégarnissent. Tyr avait été laissée sans un coup ; puis sont venues les nouvelles de Sidon, de Beyrouth, de Haïfa, et l’on apprend maintenant que Tortose a été évacuée. Nous recensons ces départs à mesure que les barques les portent jusqu’à nous, à Chypre, sans savoir ce que la mer nous dira demain.

Frère Aycard d’Acre, replié à Chypre 10 août 1291 5 min
Regard en arrière

Deux siècles sur cette côte

D'année en année, la mémoire des nôtres tient le compte de cette bande de rivage disputée aux Infidèles. De la prise de Jérusalem à ce printemps devant Acre, voici, sans rien préjuger, les grandes dates que chacun ici a apprises de ses pères — une chronique du chemin parcouru, telle qu'on la garde à ce jour.

Depuis la prise de Jérusalem 1099 — près de deux cents ans

La Cité sainte fut emportée par les premiers croisés, et de cette conquête naquirent les royaumes et principautés que les Latins tiennent en Orient.

Acre, deux fois gagnée aux Francs 1104, puis reprise en 1191

Le roi Baudouin Iᵉʳ s'en empara d'abord avec l'aide des galères de Gênes ; perdue après Hattin, elle fut reconquise par les croisés du roi Richard.

Capitale du royaume depuis Jérusalem perdue Un siècle, ou peu s'en faut

Depuis que Jérusalem échappe aux nôtres, Acre est le siège du roi et le grand port par où arrivent hommes, blé et secours d'outre-mer.

Deux places tombées coup sur coup Antioche 1268, Tripoli 1289

De mémoire récente, la grande Antioche fut prise par le sultan Baybars, puis Tripoli emportée par Qalâwûn ; le rivage latin s'en trouve resserré.

Confirmé

Prise de Jérusalem

Les croisés de la première expédition emportent la Cité sainte ; de là sont nés les États latins d'Orient.

Confirmé

Acre prise par les Francs

Le roi Baudouin Iᵉʳ enlève la ville avec le concours de la flotte génoise ; elle devient l'un des grands ports du royaume.

Confirmé

Hattin : Jérusalem et Acre perdues

Après le désastre des armes chrétiennes à Hattin, Saladin reprend Jérusalem et se rend maître d'Acre.

Confirmé

Acre reprise par la croisade

Au terme d'un long siège, les croisés du roi Richard Cœur de Lion et du roi Philippe reprennent Acre, qui devient la capitale du royaume.

Confirmé

Antioche tombe devant Baybars

La grande principauté d'Antioche est emportée par le sultan Baybars ; la nouvelle a frappé tout l'Orient latin.

Confirmé

Tripoli emportée par Qalâwûn

Le comté de Tripoli tombe à son tour aux mains du sultan Qalâwûn ; bien des réfugiés de la ville sont depuis à Acre.

Rapporté

Acre, aujourd'hui

L'armée du sultan al-Ashraf Khalil est venue camper devant nos murs, d'une mer à l'autre. Ce qu'il adviendra, nul ici ne le sait encore.

Ces dates sont celles que gardent les chroniques et la mémoire des familles d'Outremer ; les années anciennes sont sûres, les circonstances de détail varient d'un récit à l'autre.

Cette frise ne regarde qu'en arrière : elle dit le chemin parcouru jusqu'à ce printemps, non ce que réserve la suite, que Dieu seul connaît.

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