La place telle qu'un homme du rempart la voit ce mois d'avril : une double enceinte hérissée de tours du côté de la terre, la mer aux deux autres flancs, et l'armée du sultan qui s'est fermée d'une eau à l'autre pour l'investir. Le port reste ouvert sur le large ; le château du Temple, à la pointe de mer, ferme la ville comme un dernier verrou.
La double enceinteDeux murs et un fossé, côté terre
Du côté de la campagne, un mur extérieur bas double un mur intérieur plus haut, séparés d'un espace battu par le tir du mur du fond ; devant eux court le fossé. La mer garde les deux autres flancs.
Les douze toursTour du Roi, tour Maudite, tour du Légat…
Douze tours jalonnent la ceinture, chacune au nom d'un roi ou d'un grand pèlerin bâtisseur : tour du Roi Hugues, tour de la Comtesse de Blois, tour du Légat, tour du Patriarche, tour Anglaise, tour des Allemands, tour Saint-Nicolas, et la tour dite Maudite.
Les points clefsLa tour du Roi et la tour Maudite
La tour du Roi, en avant sur le mur extérieur, prend la première tous les coups. La tour Maudite, au saillant de l'enceinte intérieure, en commande le tour : qui la tiendrait tiendrait le mur.
La porte Saint-AntoineL'issue du secteur nord, vers la campagne
Grande porte de l'enceinte de terre, au nord de la ville, par où l'on gagne la campagne ; c'est un des passages que le train du sultan tient sous ses machines.
Le camp du sultanDéployé d'une mer à l'autre
L'armée d'al-Ashraf Khalil s'est rangée en arc devant l'enceinte de terre, appuyée à la mer aux deux bouts, à faible distance des murs mais hors de portée de nos traits. On la dit à quelque deux mille pas.
Les grandes machinesLa Victorieuse et la Furieuse, face aux tours
Deux grands trébuchets à contrepoids braqués sur les points clefs : al-Mansûrî, « la Victorieuse », venue de Hama, et al-Ghadbâne, « la Furieuse » ; autour d'elles, les mangonneaux plus prompts qu'on nomme les « Taureaux noirs ».
Le port et son môleLa voie de mer, seul flanc libre
Au sud-est, le port abrité d'un môle — gardé à son entrée par la tour des Mouches — reste ouvert sur le large. Par là viennent le ravitaillement et les renforts d'outre-mer, et par là seul on peut encore aller et venir.
Le réduit du TempleLe château templier, à la pointe de mer
À l'angle ouest de la ville, sur la mer, se dresse le château fort du Temple, la plus forte maison de la place : un ouvrage à part, capable de tenir comme un réduit derrière les murs de la cité.
Incertain
L'armée paraît devant Acre
On place l'arrivée du gros de l'ost du sultan dans ces premiers jours d'avril ; la date exacte de l'investissement se dit à un ou deux jours près, selon les bouches.
Confirmé
Le camp se ferme d'une mer à l'autre
Les tentes s'étirent en arc devant l'enceinte de terre, appuyées à la mer aux deux extrémités ; la ville est investie du côté de la campagne, le port demeurant ouvert.
Rapporté
Peu de combats
On rapporte que les huit ou dix premiers jours se passent presque sans assaut, le temps que l'ennemi assoie son camp et amène ses pièces.
Confirmé
Les grandes machines en batterie
Les trébuchets démontés dans les forteresses de l'empire sont remontés devant le fossé et mis en batterie face à la tour du Roi et à la tour Maudite ; les écrans d'osier commencent à gagner vers le bord du fossé.
D’où vient le siège
La trêve rompue et le premier réfugié
La faute franque de 1290 qui a rouvert la guerre, et la voix d'un rescapé de Tripoli qui a déjà fui une ville prise.