Un capitaine gascon de l’armée du roi, de la Religion, commandant une compagnie de chevau-légers (nom tu à sa demande)
« Je sers ce roi depuis Ivry, et il vient d’abjurer ma foi »
Quelques jours après que le roi a ouï la messe à Saint-Denis, nous avons rencontré, sous les murs de Paris, un capitaine gascon de l’armée royale, de la Religion. Il a porté les armes pour ce prince à Coutras, à Arques, à Ivry ; il l’a suivi quand il n’était que roi de Navarre et le chef de leur parti. Aujourd’hui, il se demande à voix haute ce qu’il doit à un maître qui vient de quitter la foi pour laquelle les siens sont morts. Aujourd’hier rapporte ses paroles sans les faire siennes.
Vous avez appris la conversion du roi. Qu’avez-vous ressenti ?Un coup au cœur, je ne le cacherai pas, et je crois qu’il en fut de même sous toutes les tentes où l’on prie comme moi. Comprenez ce qu’est cet homme pour nous. Il n’était pas seulement notre roi : il était le premier de notre parti, le chef que nous avons suivi quand nous n’étions qu’une poignée contre tout le royaume. Nous l’avons tenu pour l’un des nôtres, un homme de la Religion qui commandait des hommes de la Religion. Et voilà que, ce dimanche, il entre dans une église, il fléchit le genou, il ouït la messe. Le roi que je sers, je l’ai encore ; le frère de foi, je ne l’ai plus. C’est cela qui pèse, et cela ne se répare pas d’un mot.
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