Un docteur en théologie ayant assisté les prélats à l’instruction du roi, à Saint-Denis (nom et charge tus à sa demande)
« Nous l’avons pressé sur les points de la foi » — un docteur de l’instruction raconte les séances de Saint-Denis
Avant d’abjurer devant l’archevêque de Bourges, le roi a été instruit plusieurs jours durant, à Saint-Denis, par les prélats et les docteurs appelés à cet office. L’un d’eux, qui a pris part aux conférences et notamment à la longue séance de vendredi, a bien voulu nous dire sur quels points on a pressé le prince, ce qu’il a concédé et ce qu’il a disputé — et de quelle prudence un homme d’Église doit user quand il s’agit de juger la conscience d’un roi.
Vous avez pris part à l’instruction du roi ces derniers jours. Dans quel esprit l’Église a-t-elle abordé cette tâche ?Dans un esprit de gravité, et, je l’avoue, non sans appréhension. Il ne s’agissait pas d’un particulier qui revient à l’Église : il s’agissait d’un prince nourri dès l’enfance dans la religion réformée, qui prétend à la couronne d’un royaume très chrétien. On ne pouvait ni le recevoir à la légère, comme si sa seule volonté suffisait, ni le rebuter par des rigueurs qui eussent semblé du dédain. Les prélats ont voulu que l’instruction fût réelle, qu’on lui exposât les articles, qu’on écoutât ses objections et qu’on y répondît. C’est pourquoi les conférences ont duré, et n’ont pas été une simple formalité expédiée en une heure.
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