Renaud de Beaune, archevêque de Bourges, grand aumônier de France, qui préside l’instruction du roi à Saint-Denis et doit recevoir sa profession de foi
« C’est moi qui le recevrai, et moi qui l’absoudrai » — l’archevêque de Bourges sur l’instruction du roi et le droit qu’il y engage
À deux jours de la cérémonie prévue à Saint-Denis, Renaud de Beaune, archevêque de Bourges et grand aumônier de France, conduit l’instruction du roi. Il a bien voulu nous dire comment se mènent ces conférences, ce que le prince concède et ce qu’il dispute, et de quel droit des prélats français prétendent recevoir un prince excommunié et relaps sans mandat exprès de Rome — une difficulté qu’il ne cherche pas à masquer.
Monseigneur, où en est l’instruction du roi, et comment la menez-vous ?Elle se mène gravement, et sans hâte, quoi que l’on dise dehors de notre précipitation. Depuis plusieurs jours, le roi est entretenu des points de la religion catholique par les prélats et les docteurs que j’ai appelés à cet office ; nous sommes une bonne vingtaine en tout à y avoir part, évêques et théologiens. Aujourd’hui même, la conférence a duré plus de cinq heures, et pour ce dernier examen je n’ai voulu autour du prince qu’un petit nombre, quatre de nous, afin qu’on parlât au fond et non pour la montre. Je ne conduis pas là une formalité qu’on expédie : on expose les articles, le roi objecte, on lui répond, et l’on recommence. J’aime mieux qu’il dispute aujourd’hui que de le voir douter après.
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