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Juillet 1593 : l'abjuration d'Henri IV

23-28 juillet 1593 · Le roi se fait instruire à Saint-Denis · Perspective Vu du camp de Saint-Denis, 23 juillet 1593

À la une
Portrait au crayon d'Henri IV, roi de Navarre, par Pierre Dumonstier (1568).

Le roi se fait instruire à Saint-Denis

Pierre Dumonstier, portrait de Henri IV, roi de Navarre (1568), Bibliothèque nationale de France — domaine public (Wikimedia Commons).

Au camp royal de Saint-Denis, une vingtaine de prélats et de docteurs catholiques instruisent depuis quelques jours Henri de Bourbon, roi de Navarre, dont la conversion est annoncée pour le 25 de ce mois. La séance de ce jour aurait tenu cinq heures et plus sans interruption.

Nicolas Thévenin, chroniqueur 23 juillet 1593 5 min
Mai — juillet 1593

De Suresnes à Saint-Denis, dix semaines décisives

Les étapes qui, en dix semaines, mènent de l'annonce de la conversion aux conférences de Suresnes à l'abjuration solennelle de Saint-Denis.

Confirmé

Annonce à Suresnes

Renaud de Beaune, archevêque de Bourges, chef de la délégation royaliste, annonce aux députés de la Ligue que le roi entend se faire instruire dans la foi catholique.

Confirmé

Arrêt Lemaistre

Le Parlement de Paris (ligueur) réaffirme la loi salique et écarte tout prince ou princesse étranger du trône — contre la candidature de l'infante d'Espagne.

Incertain

Instruction à Saint-Denis

Une vingtaine de prélats et docteurs instruisent le roi ; la séance du 23 aurait duré « cinq heures et plus ».

Confirmé

Abjuration

Le roi abjure le protestantisme à la basilique de Saint-Denis et est reçu dans l'Église catholique.

Le jour exact des séances d'instruction varie selon les sources ; la séance principale est située au 23 juillet.

Le calendrier est grégorien (adopté en France dès 1582) : les dates de 1593 ne demandent aucune conversion.

La couronne se joue aussi au Parlement

L'arrêt de la loi salique et la carte d'un royaume coupé en deux.

Juillet 1593

La France coupée en deux

Au moment où le roi de Navarre abjure à Saint-Denis, le royaume est partagé entre les terres obéissant au roi et celles que tient la Ligue, avec l'appui de l'Espagne. Les lignes ne sont pas des frontières : elles bougent de ville en ville, et bien des places restent incertaines.

Terres du roi Le Béarnais

Une bonne part de la Normandie, du Maine, de l'Anjou, de la Touraine, du Centre et du Sud-Ouest obéissent au roi de Navarre ; c'est de Saint-Denis, au nord de Paris, qu'il presse la capitale.

Villes de la Ligue L'Union

Paris, Reims (ville du sacre), et plusieurs grandes cités tiennent pour la Ligue et refusent le roi. Le duc de Mayenne en est le lieutenant général.

Appui espagnol Philippe II

Le roi d'Espagne soutient la Ligue de son or et de ses armes ; des secours espagnols ont déjà débloqué Paris (1590) et paru devant Rouen. Le parti espagnol pousse la candidature de l'infante Isabelle.

Saint-Denis Camp royal

L'abbaye, nécropole des rois, est aux mains du roi, à une courte lieue au nord de Paris. Faute de pouvoir entrer dans Paris ou gagner Reims, c'est là qu'a eu lieu l'abjuration.

Les lignes de partage ne sont pas des frontières fixes : de nombreuses villes changent de parti au fil de la guerre, et des places restent partagées ou incertaines.

La carte représente une situation connaissable en juillet 1593 ; elle ne préjuge en rien de la suite des opérations.

Entretien

Le grand entretien du jour

La parole d’un acteur du moment, pour lire la crise depuis l’intérieur.

Renaud de Beaune, archevêque de Bourges, grand aumônier de France, qui préside l’instruction du roi à Saint-Denis et doit recevoir sa profession de foi

« C’est moi qui le recevrai, et moi qui l’absoudrai » — l’archevêque de Bourges sur l’instruction du roi et le droit qu’il y engage

À deux jours de la cérémonie prévue à Saint-Denis, Renaud de Beaune, archevêque de Bourges et grand aumônier de France, conduit l’instruction du roi. Il a bien voulu nous dire comment se mènent ces conférences, ce que le prince concède et ce qu’il dispute, et de quel droit des prélats français prétendent recevoir un prince excommunié et relaps sans mandat exprès de Rome — une difficulté qu’il ne cherche pas à masquer.

Monseigneur, où en est l’instruction du roi, et comment la menez-vous ?

Elle se mène gravement, et sans hâte, quoi que l’on dise dehors de notre précipitation. Depuis plusieurs jours, le roi est entretenu des points de la religion catholique par les prélats et les docteurs que j’ai appelés à cet office ; nous sommes une bonne vingtaine en tout à y avoir part, évêques et théologiens. Aujourd’hui même, la conférence a duré plus de cinq heures, et pour ce dernier examen je n’ai voulu autour du prince qu’un petit nombre, quatre de nous, afin qu’on parlât au fond et non pour la montre. Je ne conduis pas là une formalité qu’on expédie : on expose les articles, le roi objecte, on lui répond, et l’on recommence. J’aime mieux qu’il dispute aujourd’hui que de le voir douter après.

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23 juillet 159313 min
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