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Avril 1814 : la chute de Paris et l’abdication de Napoléon

Avril 1814 · Édition de Paris · Perspective Paris

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Dans la cour du Cheval-Blanc à Fontainebleau, Napoléon fait ses adieux à la Vieille Garde rassemblée en armes ; il étreint le général Petit et le drapeau.

Dans la cour du Cheval-Blanc, l’Empereur fait ses adieux à sa Garde

Œuvre postérieure — Horace Vernet, « Adieux de Napoléon à la garde impériale à Fontainebleau, 20 avril 1814 » (vers 1825), Palais de Versailles — domaine public (Wikimedia Commons).

Hier, à Fontainebleau, l’Empereur a descendu l’escalier en fer-à-cheval pour saluer une dernière fois ses grognards rassemblés avant son départ. Une scène que nul de ceux qui l’ont vue ne paraît près d’oublier.

La rédaction 21 avril 1814 5 min

Les adieux à la Garde

Dans la cour du Cheval-Blanc, l’Empereur a salué une dernière fois ses grognards rassemblés en armes : ce que nos yeux ont vu, et le portrait du général qu’il a étreint.

Que dit le traité de Fontainebleau ?

Le statut de l’Empereur, l’île d’Elbe en résidence souveraine, le sort de Marie-Louise et les rentes — et le débat ouvert sur le choix d’une île si voisine de nos côtes.

Le camp qui monte

À rebours de l’Empire qui s’en va, un autre pouvoir s’installe : Monsieur, frère du roi, entré dans Paris sous les drapeaux blancs, que le Sénat vient d’instituer lieutenant général du royaume. Portrait d’un parti longtemps muet, et d’un roi qu’on attend encore.

Analyse

« Monsieur, lieutenant général du royaume »

Tandis que l’Empereur s’apprête à quitter Fontainebleau, un autre pouvoir s’installe dans Paris. Le comte d’Artois, frère du roi absent, y est entré le 12 avril sous les drapeaux blancs ; ce 14 avril, le Sénat l’a institué lieutenant général du royaume, « au nom du roi ». Le parti des Bourbons, longtemps silencieux, occupe désormais le devant de la scène — sans que le roi ait encore paru, ni fait connaître ses conditions.

14 avril 1814 8 min
Entretien

Le grand entretien du jour

La parole d’un acteur du moment, pour lire la crise depuis l’intérieur.

Louis-Charles-Emmanuel de Servières, marquis de Prégilbert, gentilhomme émigré rentré d’exil (personnage-type, non historique)

Entretien | « Vingt-cinq ans que j’attends ce jour » — un gentilhomme émigré rentre dans Paris

Il est de ceux qui prirent la route de l’exil aux premiers orages de la Révolution et qui reviennent aujourd’hui, la cocarde blanche au chapeau, derrière l’entrée de Monsieur. Le marquis de Prégilbert a passé un quart de siècle hors du royaume — Coblence, l’armée de Condé, puis l’Angleterre. Il a suivi le cortège du comte d’Artois le 12 avril et attend maintenant, comme tout son parti, la venue du Roi qu’on dit sur le point de quitter l’Angleterre. Entretien reconstitué, où l’espérance le dispute à la rancune, et la ferveur à la défiance.

Marquis, voici vingt-cinq ans que vous aviez quitté la France. Qu’avez-vous éprouvé en franchissant de nouveau les barrières de Paris ?

Ce que j’ai éprouvé, monsieur, je ne suis pas sûr de savoir le dire. J’étais parti jeune homme, l’épée au côté, croyant m’absenter quelques mois ; je reviens vieilli, les cheveux blancs, après un quart de siècle. Il y a des rues que j’ai reconnues comme on reconnaît un visage aimé qu’on a cru mort. Et d’autres que je n’ai plus retrouvées du tout : des couvents abattus, des hôtels dont on a changé jusqu’au nom, des saints qu’on a descendus des façades. J’ai marché dans une ville qui est la mienne et qui ne l’est plus. Comprenez-moi bien : je ne pleure pas sur des pierres. Je pleure sur ces vingt-cinq années qu’on m’a prises, sur les miens morts loin de leur terre, sur tout ce temps où il a fallu vivre de la charité des cours étrangères en attendant un jour qu’on n’osait plus espérer. Ce jour est venu. Je serais un ingrat de ne songer qu’à ce qu’il m’a coûté.

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20 avril 181415 min
Portrait

Marie-Louise, entre son père et son époux

Fille de l’empereur d’Autriche, épouse de l’Empereur des Français, mère d’un roi de Rome de trois ans : en quatre années, l’archiduchesse de Vienne a été tout ce que l’Europe compte de grand, et voici qu’elle n’est plus rien de cela. Régente déchue, elle a quitté les Tuileries pour Blois, puis Orléans, et se trouve à cette heure aux mains des siens. Le traité signé à Fontainebleau lui donne sur le papier trois duchés d’Italie ; nul ne sait encore ce qu’elle en fera.

22 avril 1814 7 min
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