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10 août 1792 : la journée qui abat le trône

Août 1792 · Édition de Paris · Perspective Paris

À la une
Le jeune Bonaparte, officier d’artillerie, observe depuis une fenêtre l’assaut des sections sur le palais des Tuileries, le 10 août 1792.

Le château est tombé : le roi suspendu

Maurice Réalier-Dumas, Bonaparte aux Tuileries, 10 août 1792, 1888. Domaine public (Wikimedia Commons).

Au terme d’une journée de sang, les Tuileries ont été emportées d’assaut et le château livré au saccage. Réfugié dès le matin auprès de l’Assemblée, le roi a été cet après-midi suspendu de ses fonctions ; une Convention nationale est convoquée. Nul, ce soir, ne sait quelle forme prendra désormais le gouvernement.

La rédaction 10 août 1792, 22h00 7 min
Entretien

Le grand entretien du jour

La parole d’un acteur du moment, pour lire la crise depuis l’intérieur.

Un fédéré du bataillon marseillais (Esprit Reynaud, volontaire, composite reconstitué)

Entretien | « J’étais au Carrousel » : un fédéré marseillais raconte l’assaut des Tuileries

Un volontaire venu de Marseille, mêlé aux colonnes qui ont marché sur le château, raconte la journée de l’intérieur du rang : le tocsin qui sonne toute la nuit, l’attente énervée sur le Carrousel, la revue où les canonniers du roi ont tourné leurs pièces contre le palais, puis la fusillade avec les Suisses dont il jure ne pas savoir qui l’a ouverte. Un long entretien à chaud, dans l’incertitude de ce qui va suivre.

Vous êtes venu de Marseille jusqu’à Paris. Qu’est-ce qui vous a mis sur la route ?

La patrie en danger, monsieur, ni plus ni moins. Quand on a su que l’étranger marchait sur nos frontières et que l’on parlait de livrer Paris aux Prussiens, nous n’avons pas tenu en place. On a formé un bataillon de volontaires et l’on est montés, à pied, en chantant pour nous tenir le cœur. Nous chantions ce chant venu de l’armée du Rhin, que vous appelez déjà ici « la chanson des Marseillais » parce que c’est nous qui l’avons portée par les chemins. Nous sommes arrivés avec l’idée d’en découdre, non avec les Parisiens, mais avec ceux qui, du dedans, faisaient le jeu de l’ennemi. Le veto du roi, ses ministres, ses Suisses : voilà ce qui nous a paru être la trahison campée au cœur de la ville.

Lire l’entretien
12 août 1792, 16h0015 min

Le fil des derniers jours

10 août 1792

Le château est tombé

Après le tocsin de la nuit et l’assaut du matin, les Tuileries sont emportées et pillées, la garde suisse anéantie. Réfugié auprès de l’Assemblée, le roi est suspendu de ses fonctions.

10-12 août 1792

Que faire du roi ?

Le château pris, la question se déplace à la tribune et aux clubs : suspendre, déposer, convoquer une Convention ? On range les prises de position publiques et l’on relie la chute du trône à la défiance née à Varennes.

État des informations

Cette édition couvre la journée du 10 août 1792 et ses lendemains immédiats. Le roi est suspendu, et non déchu ni jugé : aucune République n’est proclamée. Elle s’en tient à ce qui peut être su à chaud et ne préjuge en rien de ce que décidera la Convention convoquée.

Ce que l’on sait

  • Le tocsin a sonné dans la nuit du 9 au 10 août et une Commune insurrectionnelle, sortie des sections, s’est emparée de l’Hôtel de Ville ; le commandant de la Garde nationale Mandat y a trouvé la mort.
  • Le roi et sa famille ont quitté les Tuileries au matin pour se réfugier auprès de l’Assemblée, où M. Vergniaud présidait la séance.
  • Le château, défendu par quelque huit à neuf cents gardes suisses sous le major Bachmann, a été emporté d’assaut après plusieurs heures de combat, puis saccagé.
  • L’Assemblée a, dans l’après-midi, suspendu le roi de ses fonctions, révoqué les ministres et convoqué une Convention nationale.

Ce que l’on ignore

  • On ignore qui, des assaillants ou des Suisses, a tiré le premier devant le château.
  • Le bilan exact des morts n’est pas établi : les Suisses tués (environ trois cents sur place, jusqu’à six cents selon d’autres comptes) et les deux à quatre cents victimes du côté des assaillants ne sont que des estimations.
  • La forme que prendra le gouvernement — ce que décidera la Convention du sort du roi et de la royauté — est entièrement à venir.
  • On ne sait laquelle, de l’Assemblée ou de la Commune nouvelle, tiendra désormais l’autorité dans Paris.

Carte de la journée

  • Le château des Tuileries · France

    Résidence du roi à Paris depuis octobre 1789. Défendu par les gardes suisses et une partie de la garde nationale, le palais est emporté d’assaut et pillé au matin du 10 août 1792.

  • La Salle du Manège (Assemblée nationale) · France

    Siège de l’Assemblée législative, proche des Tuileries. Le roi et sa famille s’y réfugient au matin du 10 août ; c’est là que, présidée par Vergniaud, l’Assemblée prononce l’après-midi la suspension du roi.

  • La place du Carrousel · France

    Grande place devant les grilles du château. Les colonnes des faubourgs Saint-Antoine et Saint-Marceau et les fédérés s’y rassemblent dans la nuit du 9 au 10, avant l’assaut.

  • L’Hôtel de Ville (Maison commune) · France

    Siège de la municipalité parisienne. Dans la nuit du 9 au 10 août, les commissaires des sections y écartent l’ancienne municipalité et y forment une Commune insurrectionnelle ; le commandant Mandat y trouve la mort.

Infographie

Les heures du 10 août

Repères de rédaction pour suivre une journée où, du tocsin de la nuit à la suspension votée l’après-midi, une capitale en armes a emporté le château du roi et désarmé sa garde suisse.

Gardes suisses ≈ 800-900

Soldats de métier défendant le château sous le major Bachmann, le colonel d’Affry étant malade.

Suisses tués ≈ 300, jusqu’à ≈ 600

Environ trois cents tués sur place ; jusqu’à six cents en comptant déroute et reddition — estimations non arrêtées.

Insurgés tués ≈ 300-400

Sections et fédérés ; chiffre rapporté de bouche en bouche, sans compte tenu.

Décision de l’Assemblée Suspension

Le roi est suspendu — non déchu —, et une Convention nationale convoquée.

Confirmé

Tocsin et Commune nouvelle

Le tocsin sonne de clocher en clocher ; les commissaires des sections écartent l’ancienne municipalité à l’Hôtel de Ville.

Rapporté

Mort de Mandat, Santerre prend la tête

Mandé à l’Hôtel de Ville, le commandant de la Garde nationale y est tué ; le commandement passe à Santerre.

Rapporté

Le roi quitte les Tuileries

Pressé par Roederer, le roi traverse le jardin à pied avec sa famille pour gagner l’Assemblée.

Incertain

L’assaut se porte sur le château

La fusillade éclate ; qui a tiré le premier reste indéterminé. Les Suisses tiennent d’abord, puis sont submergés.

Confirmé

Prise et saccage du palais

Les cartouches épuisées et l’ordre de cesser le feu arrivé trop tard, le château est forcé, saccagé, les Suisses massacrés.

Confirmé

Décret de suspension

Sur le rapport de Vergniaud, l’Assemblée suspend le roi et convoque une Convention nationale.

Confirmé

Le roi sous la garde de l’Assemblée

Le roi et les siens, confiés à la garde des députés, sont logés dans le voisinage de la salle des séances.

Les horaires sont approximatifs et donnés « vers » : les récits du jour se contredisent sur le détail du déroulé.

La question de savoir qui a fait feu le premier devant le château n’est pas tranchée.

Le bilan des morts est discordant et tenu ici en fourchettes, non en comptes arrêtés.

Le roi est suspendu, non déchu : aucune République n’est proclamée, et l’avenir des institutions reste remis à la Convention.

Analyses et contexte

Opinions

Les acteurs du moment

Monarchie

Louis XVI

Roi des Français, suspendu de ses fonctions le 10 août

Souverain dont l’autorité, déjà ébranlée depuis la fuite de Varennes, vient d’être suspendue par l’Assemblée après la prise des Tuileries. Réfugié au matin auprès de la représentation nationale, il a fait porter aux Suisses, depuis la salle des séances, l’ordre de cesser le feu — parvenu trop tard pour les sauver. Il est, ce soir, sous la garde de ses députés, en attendant que la Convention statue.

Monarchie

Marie-Antoinette

Reine, sœur de l’empereur

Fille de Vienne, on lui prête l’oreille des cours coalisées et la main dans nos revers ; nommée la première dans les soupçons de « comité autrichien », accusation répandue mais non établie. Réfugiée avec le roi et leurs enfants auprès de l’Assemblée au matin du 10 août.

Assemblée nationale

Pierre Victurnien Vergniaud

Président de l’Assemblée nationale législative

Avocat et orateur bordelais, l’une des grandes voix de l’Assemblée. Présidant la séance du 10 août, il a reçu la famille royale venue s’y réfugier, puis porté à la tribune le décret suspendant le roi et convoquant une Convention nationale.

Indéterminé

Maximilien de Robespierre

Représentant de sa section à la Commune insurrectionnelle, orateur des Jacobins

Ancien député de l’Assemblée constituante, avocat d’Arras, voix écoutée du club des Jacobins. Désigné par sa section pour la représenter à la Commune de l’Hôtel de Ville, il réclame une Convention élue plus largement et la mise en accusation de La Fayette.

Indéterminé

Georges Jacques Danton

Ministre de la Justice du Conseil exécutif provisoire

Avocat et tribun, figure du club des Cordeliers et des sections parisiennes. Porté au ministère de la Justice au lendemain du 10 août, avec une prééminence sur ses collègues, on attend de lui qu’il fasse le lien entre l’Assemblée et la Commune.

Garde nationale

Antoine Jean Galiot Mandat de Grancey, marquis de Mandat

Commandant de la Garde nationale parisienne

Officier réputé résolu, chargé de la défense du château. Mandé à l’Hôtel de Ville par la commune nouvelle alors qu’il en ignorait, dit-on, le changement, il y a trouvé la mort aux approches du jour, le 10 août.

Garde nationale

Antoine Joseph Santerre

Brasseur du faubourg Saint-Antoine, commandant de la garde nationale ralliée aux insurgés

Figure populaire du faubourg Saint-Antoine, qui s’est employé toute la nuit à mettre son quartier en mouvement. La commune insurrectionnelle lui a confié le commandement des forces qui lui obéissaient lors de l’assaut des Tuileries.

Monarchie

Karl Josef von Bachmann

Major commandant les gardes-suisses aux Tuileries le 10 août, en l’absence du colonel d’Affry, malade

Officier suisse d’une vieille famille patricienne de Näfels. Le colonel d’Affry étant malade, c’est lui qui a eu le commandement du régiment des gardes-suisses lors de la défense du château.

Sources historiques utilisées

secondary

Journée du 10 août 1792 — encyclopédie Wikipédia

Notice de référence recoupée pour la chronologie (tocsin de la nuit du 9-10, Commune insurrectionnelle, marche des faubourgs Saint-Antoine et Saint-Marceau, mort de Mandat et prise de commandement par Santerre, revue des troupes vers 5h et défections des canonniers, départ du roi vers 8h sur les conseils de Roederer, accueil par Vergniaud à la Salle du Manège, assaut après 9h, garde suisse de ≈800-900 hommes sous le major Bachmann en l’absence du colonel d’Affry, ordre de cesser le feu arrivé trop tard, ≈300 Suisses tués et 200-400 victimes côté assaillants), ainsi que pour le vote de l’après-midi : suspension du roi et convocation d’une Convention nationale, révocation des ministres, installation de la Commune insurrectionnelle et pétitions de déchéance des sections (3 août, Pétion).

secondary

Pierre Victurnien Vergniaud — encyclopédie Wikipédia

Notice consultée pour la biographie (avocat bordelais, orateur girondin) et sa présidence de la séance de l’Assemblée le 10 août 1792, lorsqu’il reçoit la famille royale puis fait adopter les décrets de suspension du roi et de convocation d’une Convention.

secondary

Karl Josef von Bachmann — encyclopédie Wikipédia

Notice consultée pour l’identité du commandant des Suisses (origine de Näfels, grade) et la prise de commandement en l’absence du colonel d’Affry malade. La suite de son sort, postérieure au 12 août, est volontairement écartée.

secondary

Manifeste de Brunswick — encyclopédie Wikipédia

Recoupée pour la date (25 juillet 1792, connu à Paris au début d’août), l’autorité invoquée (duc de Brunswick), la rédaction réelle attribuée à des émigrés français, la menace d’« exécution militaire » et de « subversion totale » contre Paris, et l’effet inverse de l’intention : la radicalisation de la capitale. La paternité réelle du texte, débattue par les historiens, n’est pas présentée comme connue des contemporains.

secondary

Georges Jacques Danton — encyclopédie Wikipédia

Notice consultée pour l’élection de Danton au ministère de la Justice au sein du Conseil exécutif provisoire (six ministres) et sa prééminence (signature générale) comme lien entre l’Assemblée et la Commune. La formule « De l’audace… » du 2 septembre 1792 est postérieure à cette édition et n’est pas employée.

secondary

Maximilien de Robespierre — encyclopédie Wikipédia

Notice consultée pour sa désignation comme représentant de sa section à la Commune insurrectionnelle (le lendemain du 10 août), son opposition publique à La Fayette et son rôle aux Jacobins. Les verbatims précis de ses discours d’août 1792 n’étant pas assurés, ses thèmes (Convention, suppression de la distinction citoyens actifs/passifs) sont paraphrasés et rangés dans les propos rapportés.

secondary

Conseil exécutif (Révolution française) — encyclopédie Wikipédia

Notice consultée pour la composition du Conseil exécutif provisoire élu le 10 août 1792 et le rôle de Danton.

secondary

Fuite de Varennes — encyclopédie Wikipédia

Recoupée pour la chronologie (nuit du 20 au 21 juin 1791, arrestation à Varennes), l’effondrement de la confiance, la fiction de l’enlèvement, la suspension provisoire puis le rétablissement du roi en juillet 1791 et le retentissement de sa déclaration laissée à Paris.

secondary

Pierre-Louis Roederer, conseils au roi au matin du 10 août (d’après ses mémoires, 1832)

Le mot pressant Louis XVI de gagner l’Assemblée est attribué aux mémoires que Roederer publie en 1832, soit quarante ans après les faits : restitution tardive, citée comme parole rapportée et non comme verbatim assuré du moment.

editorial-reconstruction

Reconstitution éditoriale de la journée du 10 août 1792

Les scènes de rue et le déroulé horaire sont plausibles mais reconstitués à chaud : le détail des heures, le premier coup de feu et le bilan des morts ne sont connus que par des récits ultérieurs et souvent contradictoires. Les formulations imitent un média du moment et ne préjugent pas des suites (ni Temple, ni Convention réunie, ni République).

secondary

Prison du Temple (tour du Temple) — encyclopédie Wikipédia

Notice consultée pour l’arrivée de la famille royale au Temple le 13 août 1792, le dîner servi au palais du Grand Prieur, l’installation d’abord dans la petite tour (appartement du bibliothécaire Barthélemy) faute d’aménagement de la grande tour, la description du donjon (grosse tour de quatre étages aux murs épais, flanquée d’une petite tour et de tourelles) et l’origine templière de l’enclos (établissement médiéval au temps de Saint Louis), ainsi que la mise sous garde de la Commune de Paris. Les transferts internes ultérieurs dans la grande tour, postérieurs à cette édition, sont volontairement écartés.

secondary

Comité autrichien — encyclopédie Wikipédia

Notice consultée pour le soupçon d’un « comité autrichien » en 1791-1792 : terme circulant au printemps 1792, dénonciations de Basire, Chabot et Merlin, relais de Carra (Annales patriotiques) et de Brissot (discours du 23 mai 1792), lien fait avec Marie-Antoinette et l’alliance autrichienne, et épisode de la lettre de Mercy-Argenteau présentée comme preuve. L’accusation est traitée comme un soupçon non prouvé, conformément à ce que pouvaient en savoir les contemporains : rangée dans les rumeurs, jamais posée en fait.

secondary

Marie-Antoinette d’Autriche — encyclopédie Wikipédia

Notice consultée pour la généalogie de la reine (fille de l’impératrice Marie-Thérèse, morte en 1780, et de l’empereur François Ier, mort en 1765 ; archiduchesse d’Autriche née à Vienne ; sœur de Léopold II, mort en mars 1792, et tante de l’empereur régnant François II) et pour les sobriquets d’époque « l’Autrichienne » et « Madame Veto ». Le sort ultérieur de la reine, postérieur à cette édition, est volontairement écarté.

secondary

Gardes suisses (France) — encyclopédie Wikipédia (avec le dernier ordre de Louis XVI conservé au musée Carnavalet)

Notice consultée pour le service capitulé du régiment des gardes-suisses au service du roi de France : recrutement dans les cantons catholiques et à Fribourg, troupe de langue alémanique, solde double de celle des Français, exemptions fiscales et liberté de culte garanties par les capitulations, discipline suisse propre et commandement donné en allemand, casernes de Courbevoie, Rueil et Saint-Denis. Recoupée aussi pour l’effectif et le rôle de la garde au 10 août 1792 (le gros du régiment consigné au château, un fort détachement parti peu avant vers la Normandie, le colonel d’Affry retenu malade, le commandement échéant au major Bachmann). La teneur exacte du dernier ordre royal de déposer les armes est celle de l’autographe conservé au musée Carnavalet, adressé au colonel Durler : « Le roi ordonne aux Suisses de déposer à l’instant leurs armes, et de se retirer dans leurs casernes. »

secondary

Citoyen actif — encyclopédie Wikipédia

Sur la distinction établie en 1789 entre citoyens actifs et passifs, le cens des trois journées de travail, le système électoral à deux degrés et l’estimation des adultes exclus du vote.

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Albert Mathiez, « Le dix août » (Hachette, 1934)

Albert Mathiez · 1934

Monographie savante de référence sur la journée, consultée sur le texte intégral (Wikisource). Elle couvre le déroulé complet : tocsin et Commune insurrectionnelle de la nuit du 9-10, mort de Mandat sur les marches de l’Hôtel de Ville et succession de Santerre, marche des fédérés marseillais (entrés fin juillet, chant de Rouget de Lisle) et des faubourgs sur le Carrousel, revue des troupes et défection des canonniers, insistance de Rœderer, procureur général syndic, à conduire le roi à l’Assemblée, traversée du jardin, accueil par Vergniaud et installation dans la loge du Logotachygraphe (« environ huit heures trois quarts »), assaut, gardes suisses, épuisement des cartouches (Durler : « Nous n’avions plus de munitions »), ordre de cesser le feu porté par d’Hervilly « de la part du roi » et billet royal, bilan approché des pertes (500 à 600 tués et blessés côté suisse, 285 relevés côté sections parisiennes), puis le décret de suspension et de convocation d’une Convention au suffrage universel indirect proposé par Vergniaud, le rappel des ministres girondins et l’adjonction de Monge, Lebrun et Danton, et le choix du Temple par la Commune contre le Luxembourg voulu par l’Assemblée.

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Déclaration de Brunswick, 25 juillet 1792 — texte (Wikisource, d’après Jomini)

Texte intégral du manifeste : « Déclaration de S.A.S. le duc régnant de Brunswick-Lunebourg, commandant les armées combinées de LL.MM. l’Empereur et le roi de Prusse, adressée aux habitants de la France ». Article 8 : menace, si le château des Tuileries est forcé ou s’il est fait le moindre outrage à la famille royale, de livrer Paris « à une exécution militaire et à une subversion totale ». Pièce primaire de la menace faite à Paris.

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L’horreur aux Tuileries — swissinfo.ch (SSR)

Article de référence consulté pour la fourchette des morts (comptes d’époque de 630 à 760 tués) et sa révision par l’historien Jacques Czouz-Tornare, qui la ramène à moins de 400 victimes le 10 août, plus une soixantaine lors des exécutions de septembre — appui de l’incertitude assumée sur le bilan.

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Georges Jacques Danton (1759-1794) — Encyclopædia Universalis

Notice biographique consultée pour Danton « né à Arcis-sur-Aube, avocat au Conseil du roi », « une notabilité de quartier, mis en vedette comme président du district des Cordeliers », substitut du procureur de la Commune de Paris (6 déc. 1791) et sa nomination comme ministre de la Justice au soir du 10 août 1792.

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Marie-Antoinette — château de Versailles (grands personnages)

Notice consultée pour la généalogie de la reine : « Fille de François Ier de Lorraine, empereur du Saint-Empire romain germanique, et de Marie-Thérèse de Habsbourg, archiduchesse d’Autriche, Marie-Antoinette naît à Vienne le 2 novembre 1755 » ; et le sobriquet péjoratif d’« Autrichienne ».

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Georges Danton (1759-1794), le sauveur de la Révolution — Herodote.net

Notice biographique : « Georges Danton, né le 26 octobre 1759, guillotiné le 5 avril 1794, est le fils d’un procureur d’Arcis-sur-Aube » ; « Il devient avocat en 1787 » ; « En avril 1790, il fonde dans l’ancien couvent des Cordeliers, à Paris, la Société des amis des Droits de l’Homme et du citoyen » ; entrée au Conseil exécutif au poste de ministre de la Justice le 10 août 1792.

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La famille royale au Temple (1792-1795) — Herodote.net

Notice consultée pour la conduite de la famille au Temple après le 10 août (« Louis XVI, Marie-Antoinette, le dauphin, leur fille Marie-Thérèse dite Mme Royale, et Mme Élisabeth, sœur du monarque, sont conduits au Temple »), l’origine templière de l’enclos (« C’est ici que les Templiers avaient établi le siège de leur ordre vers 1140 ») et l’enfermement dans « des chambres sordides de la petite tour ».

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G. Lenôtre, Le Roi Louis XVII (chap. I, l’arrivée au Temple) — Wikisource

Récit détaillé de l’installation au Temple le 13 août 1792 : souper servi le soir, installation nocturne dans la petite tour, et description du « énorme et robuste donjon carré des Templiers, haut de plus de cent cinquante pieds, coiffé de créneaux », à quatre étages ; la grande tour étant rendue habitable par l’entrepreneur Palloy.

secondary

21 juin 1791 — La fuite à Varennes — Herodote.net

Notice consultée pour la fuite (« Dans la nuit du 20 au 21 juin 1791, une berline lourdement chargée s’éloigne de Paris. À son bord le roi Louis XVI, la reine Marie-Antoinette et leurs deux enfants »), l’arrestation de la famille royale, son retour ramené à Paris (« Le 23 juin au matin, la berline reprend le chemin de Paris ») et la suspension provisoire du roi (« Il est provisoirement suspendu de ses pouvoirs »).

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Constitution du 3 septembre 1791 (titre III, chap. II) — Wikisource

Libellé vérifié sur Wikisource : le préambule intitule le roi « Louis, par la grâce de Dieu, et par la loi constitutionnelle de l’État, roi des Français » ; art. 2 : « La personne du roi est inviolable et sacrée ; son seul titre est Roi des Français. » Établit le changement de titre (de « roi de France et de Navarre » à « roi des Français ») et la Constitution de 1791 comme loi de l’État.

secondary

Thomas Lalande, « La dénonciation du comité autrichien » — Annales historiques de la Révolution française (OpenEdition)

Étude savante : « le soi-disant comité autrichien est l’un des thèmes de l’imaginaire des révolutionnaires » (soupçon circulant au printemps 1792) ; dénonciation par « Merlin de Thionville, François Chabot et Claude Basire, tous membres du Comité de surveillance » ; relais du journaliste Carra (« le comité autrichien des Tuileries, le comité qui s’acharne à la perte de la France »).

secondary

20 avril 1792 — La France entre en guerre — Herodote.net

Notice : « le 20 avril 1792, à Paris, sur une proposition du roi Louis XVI, l’Assemblée législative déclara officiellement la guerre au “roi de Bohême et de Hongrie” » ; premiers revers : « Face à cette coalition qu’elle n’escomptait pas, la France fit piètre figure. »

secondary

Grand dictionnaire universel du XIXe siècle (Larousse), « Danton (Georges-Jacques) » — Wikisource

Notice biographique détaillée : « Il fut reçu avocat vers 1780, à Reims, acheva son stage et vint s’essayer au barreau de Paris » ; « En 1787, il épousa Mlle Gabrielle Charpentier, dont le père était contrôleur des fermes et propriétaire d’un café » ; achat d’« une charge d’avocat aux conseils » ; établissement « cette noire maison du passage du Commerce » ; « l’Assemblée législative nomma Danton ministre de la justice, par 222 voix sur 284 votants ».

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