Le contexte
Paris vit sous l’occupation allemande depuis le mois de juin 1940. Quatre années de couvre-feu, de rationnement, de réquisitions et de présence ennemie ont pesé sur la capitale, où l’uniforme allemand est devenu un spectacle familier des grands boulevards et des ministères.
L’été de 1944 a tout changé : les Alliés ont débarqué en Normandie au mois de juin, puis en Provence au mois d’août, et leurs colonnes progressent. Dans Paris, on suit la marche des armées par la radio de Londres et la presse clandestine, et l’on sent l’occupant se replier.
La tension monte de jour en jour. Les grèves se succèdent — cheminots du métro, policiers, postiers, gendarmes — jusqu’à la grève générale du 18 août. Des tracts signés « Rol » appellent les Parisiens à la mobilisation, tandis que la direction de la Résistance hésite entre l’insurrection immédiate et l’attente des armées alliées.
Nul, dans la ville, ne sait ce que l’occupant fera d’une capitale soulevée, ni si les troupes alliées s’en détourneront pour pousser vers l’est. Tout, à l’heure où nous écrivons, demeure ouvert.