Le contexte
Depuis l’armistice du 22 juin 1940, la France est coupée par une ligne de démarcation : une zone nord occupée et une zone sud, dite « libre », administrée depuis Vichy, où subsistent une armée d’armistice réduite et, à Toulon, le gros de la flotte de guerre.
Le 8 novembre 1942, les forces anglo-américaines débarquent au Maroc et en Algérie. En riposte, les troupes allemandes et italiennes franchissent la ligne de démarcation le 11 novembre et occupent la zone sud, ne laissant hors de l’occupation directe que l’enclave de Toulon et sa flotte.
Dans la nuit du 26 au 27 novembre, les Allemands tentent de s’emparer de la flotte par surprise (opération Lila) ; les équipages la sabordent, en application d’une consigne tenue depuis 1940 — ne la livrer ni aux Allemands ni aux Britanniques, mémoire de Mers el-Kébir (3 juillet 1940).
En trois semaines, Vichy perd l’Empire d’Afrique du Nord, la zone qui portait le nom de « libre », et sa flotte ; la dissolution de l’armée d’armistice est ordonnée. L’État français survit comme administration, sans territoire non occupé, sans armée, sans flotte.