Entretien

Le grand entretien du jour

La parole d’un acteur du moment, pour lire la crise depuis l’intérieur.

Un officier de la garnison royale de la place forte d’Antibes, présent sous les murs lors de l’arrestation de l’avant-garde bonapartiste le 1er mars 1815 (officier fictif et composite reconstitué)

Entretien | Un officier de la garnison d’Antibes : « On les a laissés entrer au nom de Buonaparte, puis on a relevé le pont-levis : ils sont à nous, et la place est au Roi »

Il sert dans la garnison de la place forte d’Antibes, restée fidèle à Louis XVIII lorsque l’usurpateur a paru ce mercredi sur nos côtes. Officier de l’enceinte, il était sous les murs quand un détachement de grenadiers de l’île d’Elbe, poussé en avant-garde par le proscrit, s’est présenté aux portes en réclamant l’entrée au nom de « Buonaparte ». On les a laissés franchir la barrière ; puis, les pourparlers finis, le pont-levis de l’ouvrage avancé s’est relevé et la troupe entière est demeurée prisonnière au creux de la place. Il raconte l’alerte d’un débarquement en plein hiver sur une côte qu’on croyait tranquille, l’audace d’une poignée d’hommes, le sang-froid de la garnison, les épées qu’on a laissées aux officiers arrêtés, et l’usurpateur qui, ce soir, tourne le dos à nos murs et file vers l’ouest, on ne sait au juste vers quoi.

Mon officier, remontons à ce matin. À quel moment a-t-on su, sur la côte, qu’il se passait quelque chose d’extraordinaire ?

Tard, monsieur, et c’est là toute l’audace de la chose. Songez que nous sommes au cœur de l’hiver, sur une côte qu’on ne croit menacée par personne : la paix est signée, l’homme est relégué dans son île à quelques lieues de là, et l’on ne veille plus guère la mer que par habitude. On avait bien aperçu, dans la matinée, des bâtiments au large qui louvoyaient vers l’ouest ; mais des voiles, il en passe, et rien ne disait que celles-là portaient le proscrit. Ce n’est guère qu’à l’heure de midi passée, quand on a vu des chaloupes mettre des hommes à terre du côté du golfe Juan, au territoire de Vallauris, entre Cannes et nous, qu’on a compris qu’il ne s’agissait pas de pêcheurs ni de contrebandiers. Des uniformes, des bonnets à poil, des armes : une petite troupe qui débarquait en bon ordre. Le pays s’est alarmé de proche en proche, et l’ordre a couru aussitôt de fermer la place et de mettre la garnison sur le pied de guerre.

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1 mars 181517 min

Un député des départements, gentilhomme royaliste de l’Ouest attaché à la Charte, présent à la séance royale du 16 mars 1815 (personnage fictif et composite reconstitué)

Entretien | Un député de l’Ouest, au lendemain de la séance royale : « J’ai vu le Roi jurer de mourir pour la Charte ; qu’un maréchal l’ait trahi n’ôte rien à ce serment, il l’agrandit »

Gentilhomme d’un département fidèle de l’Ouest, royaliste attaché à la Charte, il siège à la Chambre des députés et se trouvait hier, 16 mars, sur les bancs lorsque Sa Majesté est venue en personne engager sa parole devant les deux Chambres. Ce matin, comme tout Paris, il apprend le ralliement du maréchal Ney — celui-là même qui avait promis de ramener Bonaparte enchaîné. Entre l’émotion de la séance royale et le coup que porte cette défection, il dit l’état d’âme de la France fidèle : l’honneur qu’on trahit, la foi qu’on garde, et cette conviction qu’il oppose aux aigles revenues — que la Charte est un rempart plus sûr qu’une épée qui tourne.

Monsieur le député, vous étiez hier à la séance royale. Décrivez-nous ce que vous avez vu lorsque le Roi est entré dans la salle.

Je n’oublierai pas cette entrée de ma vie, monsieur, quand j’aurais l’âge du Roi lui-même. Sa Majesté est venue appuyée sur le bras de ses officiers, la démarche entravée par le mal qui l’accable, et cette lenteur même, loin de diminuer la scène, lui donnait je ne sais quoi de plus grave et de plus touchant. Toute la salle s’est levée d’un mouvement ; les chapeaux ont volé, les tribunes ont crié « Vive le Roi ! », et j’ai vu pleurer autour de moi des hommes que l’on n’imaginerait pas capables d’une larme. Nous étions là, députés des départements, pairs de France, princes du sang, tous serrés dans un même sentiment. On avait beau savoir la menace qui remonte du Midi, dans cette salle, en cet instant, la France paraissait entière et debout derrière son Roi.

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17 mars 181517 min

Un lieutenant au 5e régiment d’infanterie de ligne, présent à Laffrey le 7 mars 1815 (officier fictif et composite reconstitué)

Entretien | Un lieutenant du 5e de ligne, présent à Laffrey : « Aucun de nous n’a voulu tirer ; quand il a ouvert sa redingote, tout était déjà décidé dans nos cœurs »

Il sert au 5e régiment d’infanterie de ligne, ce bataillon que le général Marchand avait poussé de Grenoble jusqu’au défilé de Laffrey pour barrer la route à l’homme revenu de l’île d’Elbe. Officier subalterne, ancien de la Grande Armée, il était dans les rangs lorsque la troupe a reçu, fusils chargés, l’ordre de faire feu — et que cet ordre n’est pas parti. Il raconte la marche dans la neige, l’attente sur la prairie, l’homme à la redingote grise qui s’est avancé seul, les cris, le ralliement. Il dit la fidélité, le doute, le serment au Roi qu’il avait prêté de bonne foi, et ce qu’on éprouve quand on reconnaît une voix qu’on croyait ne plus entendre. Sans rien préjuger de ce que demain réserve.

Lieutenant, remontons au matin du 7 mars. Que saviez-vous, dans la troupe, de l’homme que l’on vous envoyait arrêter ?

Ce que tout le monde en savait à Grenoble, monsieur, c’est-à-dire peu de chose de sûr et beaucoup de rumeurs. On nous avait dit qu’il avait quitté son île, débarqué du côté de Cannes ou d’Antibes avec une poignée d’hommes, des grenadiers de sa garde, et qu’il remontait par les montagnes du Dauphiné. Le Roi l’avait déclaré hors la loi, traître, rebelle ; les ordres parlaient de l’arrêter, de le prendre mort ou vif. Mais voyez-vous, dans nos rangs, le mot qui courait n’était pas « le rebelle ». C’était un autre mot, plus court, qu’on n’osait pas dire trop haut devant les officiers à cocarde blanche. On disait : « il revient ». On ne disait même pas qui. Tout le monde comprenait.

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14 mars 181518 min

Articles secondaires

État des informations

Cette séquence suit, depuis Paris, la remontée de Napoléon du golfe Juan aux Tuileries (1er-20 mars 1815), au fil des courriers. Horizon d’ignorance : la date de parution de chaque page. Plusieurs dates et ralliements nous parviennent contradictoires et sont donnés sous réserve ; aucun fait postérieur n’est mobilisé.

Ce que l’on sait

  • Napoléon a débarqué au golfe Juan le 1er mars 1815 et marché vers Paris par la route des Alpes.
  • Les troupes royales envoyées à sa rencontre, à Laffrey puis au-delà, ont rejoint sa cause sans combat rapporté.
  • Grenoble (7 mars) puis Lyon ont ouvert leurs portes.
  • Le Roi a quitté le palais des Tuileries ; Napoléon y est entré le soir du 20 mars 1815.

Ce que l’on ignore

  • L’attitude définitive de l’armée et des autorités au-delà de Paris demeure incertaine.
  • Les intentions des cours étrangères devant ce retour ne sont pas connues à Paris à cette date.
  • On ignore ce que le Roi entreprendra depuis l’endroit où il s’est retiré.

Le contexte

Relégué à l’île d’Elbe depuis le printemps 1814, Napoléon Bonaparte a quitté Portoferraio le 26 février 1815 et débarqué au golfe Juan le 1er mars, à la tête d’une poignée de fidèles.

Évitant la vallée du Rhône, sa colonne a remonté les Alpes par Grasse, Sisteron et Gap, jusqu’à se trouver, le 7 mars à Laffrey, face aux troupes royales envoyées pour l’arrêter.

Grenoble, puis Lyon, ont ouvert leurs portes ; les régiments dépêchés à sa rencontre ont, l’un après l’autre, rejoint l’aigle sans qu’un combat soit rapporté.

Le 20 mars, après dix-neuf jours de marche, Napoléon atteint Paris que le Roi vient de quitter.

Carte de la journée

  • Golfe-Juan · France

    Anse de la côte de Provence, entre Cannes et Antibes, où Napoléon a débarqué le 1er mars 1815 avec sa petite troupe venue d’Elbe.

  • Antibes · France

    Place forte du littoral provençal, toute proche du golfe Juan. Sa garnison royale n’a pas suivi le débarquement, et une avant-garde envoyée vers ses murs y a été retenue.

  • Laffrey · France

    Bourg de montagne sur la route de Grenoble, au bord d’un lac. C’est là, le 7 mars 1815, que la troupe royale envoyée à la rencontre de Bonaparte lui a fait face.

  • Grenoble · France

    Capitale du Dauphiné, première grande ville sur la route du retour. Ses portes se sont ouvertes à Napoléon dans la nuit du 7 mars 1815.

  • Lyon · France

    Deuxième ville du royaume, sur le Rhône. Napoléon y est entré vers le 10 mars 1815, malgré les troupes royales qui devaient l’y arrêter.

  • Lons-le-Saunier · France

    Ville du Jura où le maréchal Ney avait établi son quartier avec les troupes rassemblées pour barrer la route à Bonaparte, vers le 13-14 mars 1815.

  • Auxerre · France

    Ville de Bourgogne sur l’Yonne, dernière grande étape avant Paris. Napoléon y a séjourné les 17 et 18 mars 1815.

  • Fontainebleau · France

    Château et ville aux portes de Paris, où Napoléon avait fait ses adieux à sa garde au printemps 1814 ; il y est repassé le 20 mars 1815, sur la route des Tuileries.

  • Palais des Tuileries · France

    Résidence des souverains au cœur de Paris. Le Roi y a tenu sa cour jusqu’aux dernières heures ; Napoléon y est porté le soir du 20 mars 1815.

Infographie

Qui a débarqué au golfe Juan ?

Repères de rédaction sur la petite troupe qui vient de prendre terre sur la côte de Provence : ce que l’on sait de ses effectifs, de sa composition et de son point de débarquement. Sa direction et son but, eux, nous échappent encore.

Effectifs environ un millier d’hommes

Ordre de grandeur de la troupe embarquée à Portoferraio et débarquée au golfe Juan ; nul compte arrêté ne nous parvient.

Composition la Garde et quelques pièces

Des grenadiers de la garde, des chevau-légers polonais et quelques pièces d’artillerie.

Point de débarquement le golfe Juan

Entre Cannes et Antibes ; la troupe aurait évité Antibes et pris pied sur la grève.

Où va-t-il ? on l’ignore

La direction prise et le but de l’entreprise ne nous sont pas connus à cette heure.

Confirmé

Départ de Portoferraio

La petite flottille quitte l’île d’Elbe et fait voile vers la côte de Provence.

Confirmé

Débarquement au golfe Juan

La troupe prend pied entre Cannes et Antibes ; elle s’engage aussitôt par la montagne.

Les effectifs sont donnés en ordre de grandeur, non comme un compte arrêté.

On ignore à cette heure la route que prend la troupe et le but qu’elle se propose ; nous ne rapportons que ce qui est établi.

Infographie

Sur les pas de l’Aigle : la remontée, jour après jour

Repères de rédaction pour suivre la remontée, étape par étape, depuis le débarquement au golfe Juan. Les dates établies sont distinguées de celles qui nous parviennent encore incertaines.

Au départ environ un millier d’hommes

La petite troupe embarquée à Portoferraio : grenadiers de la garde, chevau-légers polonais et quelques pièces, débarqués au golfe Juan.

Itinéraire par les Alpes

La colonne remonte par Grasse, Sisteron et Gap, évitant la vallée du Rhône réputée hostile.

Villes ralliées Grenoble

À Laffrey, les troupes envoyées pour l’arrêter passent sous l’aigle sans combat rapporté ; Grenoble ouvre ses portes dans la nuit.

Confirmé

Départ de Portoferraio

La petite flottille quitte l’île d’Elbe et fait voile vers la côte de Provence.

Confirmé

Débarquement au golfe Juan

La troupe prend pied entre Cannes et Antibes ; elle évite Antibes et s’engage par la montagne.

Confirmé

Grasse, Castellane, Digne, Sisteron, Gap

La colonne remonte par les Alpes, évitant la vallée du Rhône réputée hostile.

Confirmé

Laffrey

Face aux troupes royales envoyées l’arrêter, sur la route de Grenoble.

Confirmé

Grenoble

Les portes de la ville s’ouvrent dans la nuit.

Les effectifs « au départ » sont des ordres de grandeur, non un compte arrêté ; la troupe a grossi en chemin à mesure des ralliements.

L’itinéraire par les Alpes a été préféré à la vallée du Rhône, tenue pour plus hostile.

Infographie

Sur les pas de l’Aigle : la remontée, jour après jour

Repères de rédaction pour suivre la remontée, étape par étape, depuis le débarquement au golfe Juan. Les dates établies sont distinguées de celles qui nous parviennent encore incertaines.

Au départ environ un millier d’hommes

La petite troupe embarquée à Portoferraio : grenadiers de la garde, chevau-légers polonais et quelques pièces, débarqués au golfe Juan.

Itinéraire par les Alpes

La colonne remonte par Grasse, Sisteron et Gap, évitant la vallée du Rhône réputée hostile.

Villes ralliées Grenoble, Lyon

Les places et les troupes envoyées pour l’arrêter passent l’une après l’autre sous l’aigle, sans combat rapporté.

Étapes encore incertaines Lyon (9-10 mars)

La date exacte de l’entrée dans la deuxième ville du royaume nous parvient encore contradictoire.

Confirmé

Départ de Portoferraio

La petite flottille quitte l’île d’Elbe et fait voile vers la côte de Provence.

Confirmé

Débarquement au golfe Juan

La troupe prend pied entre Cannes et Antibes ; elle évite Antibes et s’engage par la montagne.

Confirmé

Grasse, Castellane, Digne, Sisteron, Gap

La colonne remonte par les Alpes, évitant la vallée du Rhône réputée hostile.

Confirmé

Laffrey

Face aux troupes royales envoyées l’arrêter, sur la route de Grenoble.

Confirmé

Grenoble

Les portes de la ville s’ouvrent dans la nuit.

Incertain

Lyon

Entrée dans la deuxième ville du royaume ; la date précise nous parvient encore incertaine.

Plusieurs dates nous parviennent encore contradictoires, notamment l’entrée à Lyon (9 ou 10 mars) : nous les donnons comme rapportées, sous réserve.

Les effectifs « au départ » sont des ordres de grandeur, non un compte arrêté ; la troupe a grossi en chemin à mesure des ralliements.

L’itinéraire par les Alpes a été préféré à la vallée du Rhône, tenue pour plus hostile.

Infographie

Sur les pas de l’Aigle : la remontée, jour après jour

Repères de rédaction pour suivre la remontée, étape par étape, depuis le débarquement au golfe Juan. Les dates établies sont distinguées de celles qui nous parviennent encore incertaines.

Au départ environ un millier d’hommes

La petite troupe embarquée à Portoferraio : grenadiers de la garde, chevau-légers polonais et quelques pièces, débarqués au golfe Juan.

Itinéraire par les Alpes, puis le Jura

La colonne a remonté par Grasse, Sisteron et Gap, puis gagné Lyon et le Jura.

Villes ralliées Grenoble, Lyon…

Les places et les troupes envoyées pour l’arrêter passent l’une après l’autre sous l’aigle, sans combat rapporté.

Étapes encore incertaines Lyon (9-10 mars), le ralliement de Ney (13-15 mars)

Les dates de l’entrée à Lyon et du ralliement des troupes du maréchal Ney dans le Jura nous parviennent contradictoires.

Confirmé

Départ de Portoferraio

La petite flottille quitte l’île d’Elbe et fait voile vers la côte de Provence.

Confirmé

Débarquement au golfe Juan

La troupe prend pied entre Cannes et Antibes ; elle évite Antibes et s’engage par la montagne.

Confirmé

Grasse, Castellane, Digne, Sisteron, Gap

La colonne remonte par les Alpes, évitant la vallée du Rhône réputée hostile.

Confirmé

Laffrey

Face aux troupes royales envoyées l’arrêter, sur la route de Grenoble.

Confirmé

Grenoble

Les portes de la ville s’ouvrent dans la nuit.

Incertain

Lyon

Entrée dans la deuxième ville du royaume ; la date précise nous parvient encore incertaine.

Incertain

Lons-le-Saunier

Les troupes rassemblées dans le Jura sous le maréchal Ney basculent ; le moment exact reste à confirmer.

Confirmé

Auxerre

Séjour en cours sur l’Yonne, dont nous parviennent les premières nouvelles.

Plusieurs dates nous parviennent encore contradictoires, notamment l’entrée à Lyon (9 ou 10 mars) et le ralliement des troupes de Ney (entre le 13 et le 15 mars) : nous les donnons comme rapportées, sous réserve.

Les effectifs « au départ » sont des ordres de grandeur, non un compte arrêté ; la troupe a grossi en chemin à mesure des ralliements.

L’itinéraire par les Alpes a été préféré à la vallée du Rhône, tenue pour plus hostile.

Infographie

D’Elbe aux Tuileries : l’itinéraire du retour

Repères de rédaction pour suivre la remontée, étape par étape, depuis le débarquement au golfe Juan jusqu’aux portes de Paris. Les dates établies sont distinguées de celles qui nous parviennent encore incertaines.

Durée une vingtaine de jours

Du débarquement au golfe Juan le 1er mars à l’entrée dans Paris le 20 mars 1815.

Au départ environ un millier d’hommes

La petite troupe embarquée à Portoferraio : grenadiers de la garde, chevau-légers polonais et quelques pièces, débarqués au golfe Juan.

Villes ralliées Grenoble, Lyon…

Après Laffrey, les places et les troupes envoyées pour l’arrêter passent l’une après l’autre sous l’aigle, sans combat rapporté.

Étapes encore incertaines Lyon, le Jura

Les dates exactes de l’entrée à Lyon (9-10 mars) et du ralliement des troupes de Ney (13-15 mars) nous parviennent contradictoires.

Confirmé

Départ de Portoferraio

La petite flottille quitte l’île d’Elbe et fait voile vers la côte de Provence.

Confirmé

Débarquement au golfe Juan

La troupe prend pied entre Cannes et Antibes ; elle évite Antibes et s’engage par la montagne.

Confirmé

Grasse, Castellane, Digne, Sisteron, Gap

La colonne remonte par les Alpes, évitant la vallée du Rhône réputée hostile.

Confirmé

Laffrey

Face aux troupes royales envoyées l’arrêter, sur la route de Grenoble.

Confirmé

Grenoble

Les portes de la ville s’ouvrent dans la nuit.

Incertain

Lyon

Entrée dans la deuxième ville du royaume ; la date précise nous parvient encore incertaine.

Incertain

Lons-le-Saunier

Les troupes rassemblées dans le Jura sous le maréchal Ney basculent ; le moment exact reste à confirmer.

Confirmé

Auxerre

Dernier grand séjour avant Paris, sur l’Yonne.

Confirmé

Fontainebleau

Passage au château aux portes de la capitale, dans la journée.

Confirmé

Palais des Tuileries

Napoléon est porté aux Tuileries dans la soirée.

Plusieurs dates nous parviennent encore contradictoires, notamment l’entrée à Lyon (9 ou 10 mars) et le ralliement des troupes de Ney (entre le 13 et le 15 mars) : nous les donnons comme rapportées, sous réserve.

Les effectifs « au départ » sont des ordres de grandeur, non un compte arrêté ; la troupe a grossi en chemin à mesure des ralliements.

L’itinéraire par les Alpes a été préféré à la vallée du Rhône, tenue pour plus hostile.

Analyse

Les acteurs du moment

Bonapartistes

Napoléon Bonaparte

Souverain de l’île d’Elbe, ancien Empereur des Français

Napoléon Bonaparte (né en 1769), naguère Empereur des Français, relégué à l’île d’Elbe depuis le printemps 1814. Il a quitté Portoferraio le 26 février 1815 et débarqué au golfe Juan le 1er mars, marchant sur Paris à la tête d’une poignée de fidèles.

France

Michel Ney

Maréchal de France, au service du Roi

Maréchal d’Empire (né en 1769), prince de la Moskova, surnommé « le Brave des braves ». Rallié au Roi en 1814, il est envoyé au-devant de Bonaparte ; on annonce qu’il a promis de le ramener « dans une cage de fer ».

France

Charles Huchet de La Bédoyère

Colonel du 7e régiment d’infanterie de ligne

Charles Huchet, comte de La Bédoyère (né le 17 avril 1786), colonel de vingt-huit ans à la tête du 7e de ligne, en garnison à Chambéry. Officier de l’Empire confirmé dans son commandement sous le Roi.

France

Louis XVIII

Roi de France et de Navarre

Louis Stanislas Xavier de France (né en 1755), frère de Louis XVI, rappelé sur le trône en 1814 après vingt-trois années d’exil. Il règne depuis le palais des Tuileries.

France

Un officier du 5e de ligne

Officier subalterne du 5e régiment d’infanterie de ligne (témoignage)

Figure anonyme reconstituée — témoignage composite prêté à un officier du 5e de ligne, l’un des régiments envoyés barrer la route à Laffrey. Ses propos résument, sans l’individualiser, l’état d’esprit rapporté de la troupe.

Sources historiques utilisées

secondary

Vol de l’aigle — Wikipédia FR

Notice de référence pour l’itinéraire et la chronologie du retour de l’île d’Elbe (golfe Juan, Laffrey, Grenoble, Lyon, Lons-le-Saunier, Auxerre, Fontainebleau, Tuileries) et le ralliement des troupes.

secondary

Cent-Jours — Wikipédia FR

Consultée pour la datation des étapes de mars 1815 et la situation politique à Paris ; les faits postérieurs à la date de chaque article ne sont pas mobilisés.

secondary

Louis XVIII — Wikipédia FR

Consultée pour la cour des Tuileries, les mesures du gouvernement royal et le départ du Roi de Paris en mars 1815.

secondary

Michel Ney — Wikipédia FR

Consultée pour la mission confiée au maréchal Ney et son ralliement à Bonaparte vers le 14 mars 1815.

editorial-reconstruction

Reconstitution éditoriale — Les Échos du Passé

Articles rédigés à chaud imitant la presse parisienne de mars 1815. Horizon d’ignorance : la date de parution de chaque article. Aucun fait postérieur n’est utilisé ; les dates incertaines (Lyon, ralliement de Ney) sont signalées comme telles.