La Bastille est tombée
Après une journée de fièvre, la forteresse de la porte Saint-Antoine s’est rendue ce soir aux Parisiens en armes. Le gouverneur de Launay a péri sur le chemin de l’Hôtel de Ville. On ignore encore ce que décidera la Cour.
Après une journée de fièvre, la forteresse de la porte Saint-Antoine s’est rendue ce soir aux Parisiens en armes. Le gouverneur de Launay a péri sur le chemin de l’Hôtel de Ville. On ignore encore ce que décidera la Cour.
La parole d’un acteur du moment, pour lire la crise depuis l’intérieur.
Un soldat des Gardes françaises rallié aux assaillants (Nicolas Brunet, fusilier, composite reconstitué)
Un soldat du rang des Gardes françaises, passé du côté des assaillants, raconte l’assaut de l’intérieur du mouvement : la consigne rompue, le régiment qui bascule, les canons des Invalides traînés à bras d’hommes, et la fusillade dont il jure ne pas savoir qui l’a ouverte. Un long entretien à chaud, dans l’incertitude de ce qui va suivre.
Vous êtes des Gardes françaises, soldats du roi. Comment en êtes-vous venu à marcher contre une forteresse royale ?Lire l’entretienPar petits pas, monsieur, et non d’un coup, comme on se l’imaginera peut-être plus tard. Nous sommes casernés ici depuis des années — à Babylone, à la Pépinière, ailleurs dans la ville. Nous mangeons le pain de Paris, nous y avons nos connaissances, nos femmes pour certains. Quand on a commencé à nous donner l’ordre de contenir le peuple, de barrer les rues, beaucoup d’entre nous ont senti que ce n’était plus le même service. Tirer sur des Parisiens, sur des gens qu’on croise au marché, pour le compte de qui ? Le pas s’est fait dans nos têtes bien avant de se faire sur le pavé.
Camille Desmoulins, avocat au barreau de Paris, orateur du Palais-Royal
Ce matin, il était un avocat sans causes que nul ne connaissait ; à midi, monté sur une table du café de Foy, un pistolet à chaque main, il a jeté au Palais-Royal l’appel aux armes qui court à présent toute la ville. Nous avons trouvé Camille Desmoulins ce soir, encore étourdi de sa propre audace, dans le jardin où l’on se presse et où l’on s’arme. Entretien à chaud, dans l’ignorance de ce que demain fera de Paris.
On prononce votre nom, ce soir, dans tout le Palais-Royal. Ce matin encore, nul ne le connaissait. Qui êtes-vous ?Lire l’entretienPeu de chose, monsieur, et je serais malhonnête de me grandir. Je m’appelle Camille Desmoulins, je suis né à Guise, en Picardie, d’un père officier de justice au bailliage. On m’a envoyé jeune à Paris, au collège Louis-le-Grand, où j’ai lu les Romains plus que de raison ; puis j’ai pris la robe. Avocat, oui, depuis quatre ans, mais un avocat sans causes : je n’ai guère plaidé, je gagne mon pain à copier des requêtes pour les procureurs. Voilà tout ce que j’étais hier. Ce que je suis ce soir, je l’ignore encore, et cela m’étourdit plus que je ne saurais dire.
Jacques-Alexis Thuriot de la Rozière, avocat, électeur de Paris (district Saint-Louis-de-la-Culture), envoyé parlementaire à la Bastille
Avocat, électeur du district Saint-Louis-de-la-Culture, Jacques-Alexis Thuriot de la Rozière a été dépêché par le Comité de l’Hôtel de Ville pour parlementer avec le gouverneur. Il est entré dans la place vers midi, a vu la seconde cour, les canons reculés des embrasures et masqués de planches, la garnison de Suisses et d’invalides ; il a demandé la reddition, le retrait des pièces, la poudre. Il est ressorti main dans la main avec M. de Launay, sous les applaudissements — sans rien avoir obtenu. Il raconte, ce soir, une négociation qui a échoué et qu’il n’a pu empêcher de tourner à l’effusion de sang.
Monsieur, vous n’êtes ni soldat ni officier. À quel titre vous a-t-on envoyé à la Bastille ?Lire l’entretienÀ titre d’électeur, monsieur, et rien de plus. Vous savez que la ville s’est donné, ces jours-ci, un Comité permanent qui siège à l’Hôtel de Ville et qui tâche de tenir Paris dans quelque ordre au milieu du désordre. J’en suis, pour le district Saint-Louis-de-la-Culture, qui est celui du Marais, tout contre la forteresse. Ce matin, la clameur montait de partout autour de la place : on voulait de la poudre, on criait que les canons du gouverneur menaçaient le faubourg. Le Comité a jugé qu’avant d’en venir aux mains, il fallait parler. On a cherché des hommes du quartier, connus, sans épée, qui pussent entrer et raisonner M. de Launay. Je me suis offert. Voilà tout mon mandat : parlementer, obtenir qu’on retire les canons et qu’on rende la poudre, épargner le sang.
Du Palais-Royal aux Invalides, récit d’une capitale qui, de quartier en quartier, s’est donné en quarante-huit heures des fusils, une milice et une cocarde.
On a voulu y voir un simple changement de ministère. Mais le congédiement de M. Necker, appris ici avant-hier, est tombé sur une ville affamée, inquiète d’une armée qui se resserre autour d’elle et persuadée qu’on prépare un mauvais coup contre ses députés. De ces trois feux mêlés est née l’insurrection de ce jour. Tentative d’en démêler le fil, à chaud.
En deux jours, la scène a changé de visage. Le roi est venu en personne à l’Assemblée annoncer qu’il éloignait ses troupes ; l’Hôtel de Ville a acclamé un maire et un chef pour sa milice ; et l’on apprend ce jour le rappel de M. Necker. Nous rapportons ces réactions telles qu’elles se sont tenues en public, sans leur prêter d’arrière-pensée ni préjuger de ce qui suivra.
Cette édition couvre les journées des 14, 15 et 16 juillet 1789. Elle s’en tient à ce qui peut être su et débattu à chaud, ne prête au roi aucune intention qu’elle ne puisse établir et ne préjuge en rien des suites.
Les états généraux, convoqués par le roi, se sont réunis à Versailles en mai 1789 ; en juin, le tiers état s’est proclamé Assemblée nationale contre le vœu du souverain.
Le pain est cher et rare depuis plusieurs semaines, nourrissant l’agitation populaire.
Des régiments, dont des corps étrangers au service du roi, ont été rassemblés aux abords de la capitale, faisant craindre un coup de force contre la ville et l’Assemblée.
Le renvoi du ministre Necker, le 11 juillet à Versailles, met le feu aux poudres dès que la nouvelle parvient à Paris.
Vieille forteresse de la porte Saint-Antoine, à la fois prison d’État et dépôt. On la croyait pourvue de poudre ; elle est emportée dans l’après-midi du 14 juillet.
Foyer de discours et de pamphlets au cœur de Paris. C’est sur une table du café de Foy que le jeune Desmoulins aurait, le 12 juillet, appelé la foule aux armes.
Dépôt d’armes vers lequel la foule se porte le 14 juillet au matin ; elle y saisit des dizaines de milliers de fusils et des canons, mais sans poudre.
Siège du comité permanent des électeurs et centre du pouvoir municipal naissant. C’est sur la place de Grève que périssent de Launay puis Flesselles.
Résidence du roi et siège de l’Assemblée, en marge des journées parisiennes. C’est là que se décide, le 11 juillet, le renvoi de Necker, et que le roi, le 15, annonce l’éloignement des troupes.
Repères de rédaction pour suivre une journée où la quête de poudre a mené une foule mal armée, puis des soldats de métier et leurs canons, sous les murs d’une vieille forteresse.
Quelque quatre-vingts invalides et une trentaine de Suisses de Salis-Samade.
Une foule grossie d’heure en heure, rejointe par des Gardes françaises.
C’est tout ce que renfermait la forteresse au moment de sa chute.
Valeur la plus souvent citée, mais simple estimation non arrêtée.
La foule saisit des dizaines de milliers de fusils et des canons, mais point de poudre.
Plusieurs envoyés — on cite Thuriot — réclament le retrait des canons et la poudre, sans réponse satisfaisante.
Le combat s’engage et dure plusieurs heures ; qui a tiré le premier reste indéterminé.
Des soldats de métier mettent en batterie les pièces prises aux Invalides contre la grande porte.
De Launay fait abaisser les ponts ; la forteresse est aussitôt envahie, sept détenus libérés.
De Launay, puis Flesselles, sont mis à mort sur le chemin de l’Hôtel de Ville.
Dernier gouverneur de la forteresse, il a fait relever les ponts et pointer ses canons avant de capituler. Conduit vers l’Hôtel de Ville, il a péri en chemin sur la place de Grève.
Premier magistrat de la Ville, soupçonné par la foule d’avoir trompé les Parisiens sur les armes promises. Il a été mis à mort le même soir.
Ministre populaire, crédité du souci des subsistances et d’une certaine modération envers l’Assemblée ; son renvoi est ressenti comme le signe d’un durcissement.
A renvoyé Necker et appelé un ministère plus ferme ; ses intentions à l’égard de l’Assemblée et de la troupe massée près de Paris font, à cette heure, l’objet de toutes les conjectures.
Homme réputé ferme, dont le nom est associé au conseil appelé après le renvoi de Necker ; sa nomination est lue comme un signe de raidissement.
Jeune avocat de vingt-neuf ans, peu connu jusqu’ici, réputé embarrassé de sa parole dans le privé mais véhément en tribune. On lui attribue l’appel aux armes lancé au café de Foy le 12 juillet.
Officier à la tête d’un régiment de cavalerie du roi, dont la charge aux abords des Tuileries le 12 juillet a exaspéré la capitale.
Figure parisienne envoyée parlementer à la Bastille pour obtenir le retrait des canons et la remise de la poudre, sans résultat.
Proche du roi qui l’aurait informé de la chute de la Bastille. C’est à lui que la tradition prête le mot sur la « révolte » et la « révolution » — formule sans source contemporaine sûre, citée comme parole rapportée et non comme fait.
Astronome réputé, premier président de l’Assemblée nationale après le serment du Jeu de paume. Porté à la tête de la Ville par l’acclamation de l’Hôtel de Ville, il devient le premier maire de Paris.
Jeune marquis dont le nom est attaché à la guerre d’indépendance d’Amérique, député de la noblesse rallié au tiers. Proclamé par acclamation à l’Hôtel de Ville chef de la milice que Paris vient de se donner.
Vieux soldat des guerres du règne précédent, il a reçu le 4 juillet le commandement en chef des régiments massés autour de la capitale, et a été appelé le 11 au secrétariat d’État de la Guerre. Son quartier est à Versailles, près du roi. On le tient pour l’âme du dispositif militaire que Paris redoute.
Officier suisse au service du roi, adjoint du maréchal de Broglie, il commandait les régiments campés aux portes de la ville, notamment au Champ-de-Mars. C’est sous son autorité que le Royal-Allemand a chargé la foule des Tuileries le 12 ; il a depuis replié ses troupes vers Sèvres.
Orateur rallié aux réformes et partisan d’une monarchie tempérée, il s’est fait, dès les premières journées, l’avocat de la modération. Le 16 juillet, il vient à l’Hôtel de Ville apporter la paix au nom du Roi et de l’Assemblée et saluer le retour à l’ordre de la capitale.
Notice de référence recoupée pour la garnison (≈82 invalides, ≈32 Suisses de Salis-Samade), les délégations, l’arrivée des Gardes françaises, la prise des armes aux Invalides, les sept prisonniers, l’estimation d’environ 98 morts côté assaillants et la chronologie du 14 au 16 juillet.
Recoupée pour la chronologie : renvoi le 11 juillet à Versailles, nouvelle reçue à Paris le 12, ministère Breteuil.
Notice consultée pour la chronologie (café de Foy, charge de Lambesc, Saint-Lazare, barrières, comité permanent, milice de 48 000 hommes, cocarde bleu et rouge).
Notice de référence pour la biographie (naissance à Guise, études de droit, bégaiement, obscurité avant 1789) et la scène du 12 juillet au café de Foy.
Notice consultée pour le casernement parisien, le ralliement de juillet 1789 et le refus de tirer sur le peuple.
Notice consultée pour l’escorte (Hulin, Élie), l’épisode du coup de pied au cuisinier Desnot et le lynchage place de Grève.
Formule rendue célèbre par les historiens du XIXᵉ siècle mais dépourvue de source contemporaine sûre : traitée comme tradition rapportée, jamais comme fait avéré.
Les scènes de rue et le déroulé horaire sont plausibles mais reconstitués à chaud : le détail des heures et des responsabilités n’est connu que par des récits ultérieurs et parfois contradictoires.
Notice consultée pour le déroulé des 15-16 juillet : venue de Louis XVI à l’Assemblée le 15, annonce de l’éloignement des troupes de Paris et de Versailles et formule « je ne fais qu’un avec ma nation », proclamation de Bailly comme maire et de La Fayette à la tête de la garde nationale à l’Hôtel de Ville le 15, rappel de Necker par lettre du roi le 16. La venue du roi à Paris est datée du 17 juillet (postérieure à cette édition) et les départs des princes (Artois, Condé) situés autour des 16-17 juillet.
Compte rendu de la séance du 15 juillet 1789 : allocution de Louis XVI annonçant l’éloignement des troupes et son attachement à la nation, recoupé pour la teneur publique du propos tenu à la tribune.
Recoupée pour la scène de l’Hôtel de Ville le 15 juillet : acclamation de Bailly (anecdote du cri « Non, maire de Paris ! ») et proclamation de La Fayette à la tête de la milice/garde nationale parisienne.
Notice consultée pour le commandement en chef des troupes autour de Paris et de Versailles (4 juillet 1789), la nomination au secrétariat d’État à la Guerre le 11 juillet, et le quartier de Versailles.
Notice consultée pour ce régiment suisse au service de la France et la présence d’une trentaine de ses grenadiers (≈ 32) dans la garnison de la Bastille le 14 juillet 1789.
Article consulté pour la défiance envers les corps étrangers et la dépêche de l’ambassadeur de Saxe du 28 juin 1789 notant que « la fidélité des régiments étrangers commençait aussi à devenir suspecte ».
Référence consultée pour l’ampleur du rassemblement militaire autour de la capitale, la composition des corps étrangers (Suisses, Allemands, hussards hongrois) et leur cantonnement.
Lecture du discours de Lally-Tollendal au comité de l’Hôtel de Ville le 16 juillet 1789, recoupée pour son appel public à la paix au nom du Roi et de l’Assemblée au lendemain de la prise de la Bastille.
Notice consultée pour la querelle entre la liberté du commerce des grains prônée par les Économistes et la taxe/police des grains, ainsi que pour les allers-retours de la réglementation royale (édit de 1774-1775, resserrement de Necker en 1788-1789).
Notice consultée pour les émeutes de subsistances de 1775 qui suivirent la libéralisation du commerce des grains par Turgot, et pour la taxation populaire du pain sur les marchés.
Article consulté pour le sens ancien du mot « taxer » (fixer d’autorité un prix maximum du pain), la police des grains et les attentes populaires en matière de juste prix des subsistances.
Article consulté pour l’orage de grêle du 13 juillet 1788 dévastant le Bassin parisien, grenier de la capitale, prélude à la mauvaise récolte de 1788 et à la cherté du pain.
Notice consultée pour les cahiers de doléances portés aux États généraux de 1789 et les plaintes contre la cherté et l’accaparement des subsistances, notamment de la part du bas clergé.
Récit consulté pour les journées des 12 et 13 juillet : nouvelle du renvoi de Necker le 12 au matin, Desmoulins au café de Foy (épée, pistolet, appel aux armes, feuille au chapeau), bustes de Necker et d’Orléans portés en deuil, charge de Lambesc aux Tuileries, barrières brûlées, pillage de Saint-Lazare et ses farines, milice de 48 000 hommes et cocarde bleu et rouge, comité permanent des électeurs.
Récit consulté pour la journée du 14 juillet : garnison (32 Suisses, 82 invalides, canons, barils de poudre), prise des fusils et canons aux Invalides, parlementation de Thuriot (entrée dans les cours, montée sur les tours, canons reculés et masqués), députations de l’Hôtel de Ville avec tambour et drapeau, ralliement des Gardes françaises et mise en batterie de canons, capitulation, mort du gouverneur de Launay (tête portée sur une pique) et de Flesselles.
Étude d’histoire par l’image (RMN) consultée pour les sept prisonniers trouvés dans la forteresse et le massacre du gouverneur de Launay sur le trajet vers l’Hôtel de Ville.
Récit consulté pour l’arrière-plan politique : proclamation de l’Assemblée nationale par les Communes, coup d’État royal du 23 juin, appel de Breteuil par la reine et du maréchal de Broglie, renvoi de Necker le 11 juillet avec ordre de quitter le royaume sur-le-champ (départ vers Bruxelles).
Récit consulté pour les 15-16 juillet : venue du roi à l’Assemblée sans gardes avec ses frères, annonce de l’éloignement des troupes de Paris et de Versailles, formule « je ne suis qu’un avec la nation », proclamation de Bailly comme maire et de La Fayette comme commandant de la milice, lettre du roi rappelant Necker le 16 au soir, et première émigration (appartements des Condé, du comte d’Artois et de Mme de Polignac fermés).
Notice biographique savante consultée pour la vie de Camille Desmoulins : naissance à Guise le 2 mars 1760, bourse au collège Louis-le-Grand (condisciple de Robespierre), entrée au barreau et bégaiement (« il entra bientôt au barreau… il bégayait un peu »), obscurité jusqu’au 12 juillet 1789.
Étude savante de l’administration des grains au XVIIIe siècle consultée pour la querelle des subsistances : école des physiocrates (Quesnay), liberté du commerce des grains, édit de Turgot de 1774 et guerre des farines de 1775, et le « pacte de famine » traité comme légende et soupçon.
Notice encyclopédique consultée pour la querelle des subsistances : l’édit de Turgot libérant le commerce des grains, la doctrine physiocrate (Turgot disciple de Quesnay et de Gournay, auteur des Lettres sur la liberté du commerce des grains), et la guerre des farines de 1775 (troubles, taxation populaire, soupçons d’accaparement et de complot).
Notice biographique consultée pour Jacques-Alexis Thuriot de la Rosière : naissance à Sézanne (Généralité de Châlons en Champagne) le 1er mai 1753, profession d’avocat à Reims avant la Révolution, et participation à la prise de la Bastille.
Notice du musée Carnavalet consultée pour la mort de Flesselles : « Le prévôt des marchands Jacques de Flesselles fut exécuté d’un coup de pistolet puis décapité, pour avoir refusé de livrer des armes. » — corrobore la décapitation, que Michelet ne décrivait pas.
Notice encyclopédique consultée pour la harangue du 12 juillet 1789 : « il appelle aux armes la foule réunie dans le jardin du Palais-Royal en arborant une cocarde verte, couleur de l’espérance, et en annonçant que la Cour prépare une “Saint-Barthélemy des patriotes” » — corrobore l’attribution du mot « Saint-Barthélemy des patriotes » et le signe de ralliement vert (couleur de l’espérance).