Paris affamé : on mange le cheval, l'âne, le chien
Depuis que la ville est fermée, le pain manque, le lait se paie à prix d'or et les bêtes de trait passent à la broche. Chronique de la faim au plus fort du blocus.
Depuis que la ville est fermée, le pain manque, le lait se paie à prix d'or et les bêtes de trait passent à la broche. Chronique de la faim au plus fort du blocus.
La parole d’un acteur du moment, pour lire la crise depuis l’intérieur.
Nous donnons les chiffres de la faim comme des témoignages, jamais comme des comptes, et signalons la part de légende dans les récits les plus noirs.
Depuis la mort d'Henri III (1er août 1589), Henri de Bourbon, roi de Navarre, est l'héritier de la couronne par la loi salique — mais il est protestant, et la Ligue catholique, appuyée par l'Espagne, lui refuse le trône.
La Ligue reconnaît pour roi le cardinal de Bourbon, sous le nom de « Charles X », prisonnier du parti royal ; le duc de Mayenne gouverne en son nom comme lieutenant général et tient Paris avec le conseil des Seize et le légat pontifical.
Le 14 mars 1590, le roi défait l'armée de la Ligue à Ivry, mais une victoire de campagne ne lui livre pas sa capitale : de mai à septembre, il investit et affame Paris, qui préfère souffrir plutôt que d'ouvrir à un roi hérétique.
L'Espagne de Philippe II, qui soutient la Ligue et pousse la candidature de l'infante Isabelle, envoie le duc de Parme secourir la ville : nul, à l'été 1590, ne sait comment finiront le siège et la querelle de la couronne.
Champ de la bataille du 14 mars 1590, où l'armée royale d'Henri IV défit celle de la Ligue commandée par le duc de Mayenne.
Capitale tenue par la Ligue, le duc de Nemours, le conseil des Seize et le légat Caetani, investie par l'armée royale de mai à septembre 1590 et éprouvée par une famine effroyable.
Positions tenues par l'armée du roi autour de Paris (Saint-Denis, Montmartre, ponts de la Seine et de la Marne), d'où le roi presse la capitale par la faim.
Place sur la Marne, en amont de Paris, dont la prise par le duc de Parme début septembre 1590 rouvrit le ravitaillement de la capitale et fit lever le siège.
Aucun registre ne compte les morts d'une ville de plus de deux cent mille âmes livrée à la disette. Les chiffres qui circulent viennent de chroniqueurs parisiens, souvent partisans, et enflent au gré de la peur et de la propagande. Nous les donnons pour ce qu'ils sont : des témoignages, jamais des comptes vérifiés — et nous ne les additionnons pas.
L'ordre de grandeur admis pour Paris à la veille du blocus ; base pour lire les estimations, non un décompte des victimes.
Chiffre rapporté par un chroniqueur au plus fort de l'été ; invérifiable, cité comme témoignage.
Autre estimation de chroniqueur ; d'autres avancent des totaux bien plus élevés. Aucune ne se recoupe.
Fourchette avancée par certaines plumes pour l'ensemble du siège ; à manier avec la plus grande prudence.
Le blé atteint des prix inouïs ; on mange le cheval, l'âne, le chien, le chat, les herbes et le cuir bouilli.
Henri de Bourbon, roi de Navarre, chef du parti réformé, devenu héritier de la couronne à la mort d'Henri III (1589). Vainqueur à Arques (1589) et à Ivry (1590), il tient la campagne mais reste hors de Paris, que lui ferme la Ligue.
Frère cadet des Guise tués à Blois en 1588, chef militaire de la Ligue et lieutenant général au nom du cardinal de Bourbon, reconnu roi « Charles X » par le parti catholique. Battu à Ivry, il conserve ses villes et l'appui de l'Espagne.
Gouverneur de Paris pendant le siège de 1590, il organise et tient la défense de la capitale assiégée, avec le conseil des Seize et le légat pontifical.
Sœur des Guise, ardente ligueuse et animatrice de l'opinion parisienne contre le roi de Navarre. La légende noire du « pain d'ossements » lui est prêtée par un récit à charge, non avéré.
Grand capitaine au service de Philippe II, gouverneur des Pays-Bas espagnols. Envoyé secourir Paris en 1590, il fait sa jonction avec Mayenne, enlève Lagny sur la Marne et force la levée du siège en refusant la bataille rangée.
Roi d'Espagne, soutien financier et militaire de la Ligue catholique. Il pousse la candidature de sa fille, l'infante Isabelle, au trône de France, contre la loi salique.
Légat du pape dans Paris ligueuse, il soutient la résistance de la ville au nom de Rome pendant le siège de 1590.
Comité des seize quartiers de Paris, faction dure de la Ligue qui encadre la milice, la justice et la résistance de la ville au roi hérétique.
Cardinal de Bourbon, oncle d'Henri de Navarre, proclamé roi « Charles X » par la Ligue en 1589. Prisonnier du parti royal, il règne de nom seulement ; Mayenne gouverne en son nom.
Fille de Philippe II et d'Élisabeth de France, petite-fille d'Henri II. Le parti espagnol avance sa candidature au trône de France, projet qui heurte la loi salique.
Déroulé de la bataille du 14 mars 1590 dans la plaine de Saint-André près d'Ivry : dispositif des armées, charge de cavalerie du roi, déroute de l'armée de la Ligue de Mayenne, sort des reîtres, Suisses et lansquenets, ordres de grandeur des effectifs et des pertes.
Chronologie du blocus de Paris de mai à septembre 1590 : investissement par l'armée royale, défense organisée par le duc de Nemours, famine, processions de la Ligue, intervention de l'armée espagnole du duc de Parme et levée du siège.
Version anglaise consultée pour recouper la chronologie du siège, la marche de Farnèse et la prise de Lagny.
Biographie du duc de Parme, gouverneur des Pays-Bas espagnols, et récit de sa campagne de secours en France en 1590 (jonction avec Mayenne, prise de Lagny début septembre).
Contexte de Paris tenue par la Ligue : rôle des Seize, du légat Caetani et du clergé, processions armées, famine du siège de 1590.
Récit des processions armées du clergé parisien pendant le siège et de l'incident du coup d'arquebuse survenu lors de la procession du 3 juin 1590.
Notice iconographique du tableau anonyme figurant le cortège armé de la Ligue sur la place de Grève, vers 1590.
Synthèse consultée sur Paris ligueur, le siège de 1590 et la topographie de la défense.
Chronique parisienne de premier ordre mais partiale : prix, famine, mortalité, processions et récits du siège de 1590. Chiffres donnés comme témoignages, non comme comptes vérifiés. Numérisation Gallica.
Mémorialiste partisan du roi ; source de la harangue d'Ivry (le « panache blanc »), à donner comme tradition et mémoire, jamais comme citation authentifiée. Numérisation Gallica, tome couvrant 1588-1593.
Les articles sont écrits comme si la rédaction suivait l'affaire au jour le jour, de mars à septembre 1590, sans rien préjuger de la suite : l'issue de la guerre est ouverte, la Ligue tient Paris et l'Espagne est puissante. Les chiffres de la famine sont donnés comme témoignages de chroniqueurs ; la harangue au « panache blanc » est signalée comme tradition ; la légende du « pain d'ossements » attribuée à la duchesse de Montpensier est donnée comme récit à charge.